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Haro sur les pièces de 1 et 2 centimes. Elles exaspèrent
commerçants et consommateurs. Résultat : les petites pièces
restent au fond des poches et des tiroirs, ce qui contraint, paradoxalement,
le gouvernement à en réinjecter dans le circuit.
LES CENTIMES DÉRANGENT. Des pièces trop nombreuses, de piètre
qualité, difficiles à distinguer les unes des autres...
Les arguments ne manquent pas à ceux qui voudraient voir disparaître
cette agaçante ferraille qui déforme les poches, alourdit
les porte-monnaie et encombre les tiroirs-caisses. Conséquence
: les Français ne se servent qu'avec réticence de leurs
petits centimes.
Et les pouvoirs publics se voient obligés de remettre chaque mois
plusieurs dizaines de millions de pièces sur le marché pour
alimenter les transactions. Sur les cinq milliards de pièces en
euro mises en circulation en France, il en est qui réunissent toutes
les critiques : les 1 et 2 centimes d'euro n'ont, décidément,
pas la cote. « Elles n'ont aucune valeur, sont inutiles et encombrantes
»,
protestent clients et commerçants. Ils se plaignent de devoir y
regarder à deux fois avant de distinguer la pièce de 1 centime
de son immédiate grande soeur.
« Du temps perdu » « Quand les gens font l'appoint,
c'est plus long qu'à l'époque du franc. On a quelques difficultés
à reconnaître les petites pièces entre elles. C'est
du temps perdu », relève
Séverine Goutenoire, responsable de la viennoiserie Saint-Preux
de la rue de Dunkerque (Paris X e ). Résultat : au moment de passer
à la caisse, les piécettes sont délaissées
au profit d'un billet, plus
facile à trouver au fond du portefeuille. Dans la poche ou le porte-monnaie,
la ferraille, elle, s'accumule peu à peu. Jusqu'au moment où
s'en débarrasser devient indispensable. C'est alors aux
petits commerçants qu'incombe le rôle du bureau de change.
En attendant, les fameuses piécettes ne circulent pas assez. Pis,
depuis la rentrée, il en manque. Et le gouvernement se trouve
contraint d'en réinjecter régulièrement dans le circuit.
« Depuis le début septembre, on a constaté un retournement
de tendance pour les pièces de 1 et 2 centimes. Elles font l'objet
de la plus forte
demande nette : 20 millions d'exemplaires par mois pour chacune d'entre
elles », indique le ministère des Finances. Un phénomène
d'autant plus intéressant que ce sont ces mêmes pièces
qui ont été le plus largement mises en circulation lors
du lancement de l'euro. Alors que près de 3 milliards de pièces
restent encore, toutes valeurs confondues, dans les coffres-forts de l'Etat,
les
stocks de 1 et 2 centimes sont les plus faibles. C'est toute l'ironie
de l'histoire : dès l'an prochain, les autorités risquent
d'avoir à produire en priorité ces centimes dont personne
ne veut.
Olivier Aubry
Le Parisien , dimanche 27 octobre 2002
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l'article sur le site du Parisien
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