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Raffarin sort le bâton |
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8 h 30, hier. Le chef du gouvernement vient à l'Assemblée s'adresse r aux députés UMP. Et tirer les leçons du débat de la veille : « Il y a une démarche flagrante et manifeste d'obstruction. Je ne souhaite pas laisser s'abîmer l'image du Parlement. » Il leur annonce alors ce qui est déjà un secret de polichinelle : le gouvernement va engager sa responsabilité. La décision sera prise, comme le veut la règle, deux heures plus tard au cours du Conseil des ministres. Il reste à Raffarin à se justifier devant les parlementaires. Endossant le rôle du « méchant » qu'Alain Juppé lui a laissé dans cette affaire, le Premier ministre affronte l'hémicycle. L'oeil des mauvais jours, il répète que sa réforme est « juste et équilibrée ». Avant de lancer, dans une ambiance surchauffée : « Le Parlement, c'est le débat, pas le désordre ! » Et d'expliquer qu'il faudrait 170 heures pour débattre des 12 000 amendements déposés par la gauche et l'UDF : « Moi, j'ai besoin du ministre de l'Intérieur pour lutter contre la délinquance et le terrorisme. » Sa majorité l'applaudit. Pas tout le monde. Une quinzaine d'UMP reste ostensiblement les bras croisés. La gauche, elle, est hilare. Pour la première fois depuis neuf mois, elle a réussi à pousser à la faute la majorité. Alors que Jospin n'avait jamais eu recours au 49-3, Raffarin, malgré ses 362 élus, l'utilise au premier obstacle politique. Bayrou exaspère Matignon Car c'est bien Bayrou que Raffarin et Chirac ont décidé de mettre au pas. Le chef du gouvernement a pesé les risques politiques. « Le timing est bon car l'attention des Français est focalisée sur la crise irakienne », justifie un proche. Un autre complète : « Nous sommes au bout de la logique destructrice de l'UDF. Cette composante de la majorité a une stratégie incompréhensible et systématiquement agressive. On a autre chose à faire qu'à gérer la crise existentielle de Bayrou. » Mais le Premier ministre y voit aussi le moyen de remettre un peu de discipline au sein de l'UMP, où quelques états d'âme commencent à poindre. Si la menace de censure est nulle, Raffarin risque pourtant gros. Car, c'est sa méthode fondée sur le dialogue qui en prend un coup. Quant au combat, il n'est guère noble : en pleine crise irakienne, les Français apprécieront-ils ainsi qu'on « tripatouille » les modes de scrutin ? |