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Attention aux prix dans les grandes surfaces! |
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Tous les distributeurs expliquent que leurs plus gros fournisseurs, comme Danone, Unilever et Nestlé, ont décidé d'augmenter leurs prix et que les magasins devront répercuter ces hausses aux consommateurs, comme la loi les y oblige. "250 industriels majeurs, dont Nestlé, Unilever et Danone, tentent de nous imposer des hausses de tarifs de 3 à 5% en moyenne, mais parfois jusqu'à 8%", selon Benoît Cornu, directeur marketing d'Opéra, la centrale d'achat des groupes Casino et Cora. Les hausses les plus importantes et les plus immédiates seront appliquées dans l'épicerie, la crèmerie et les surgelés. D'autres s'étaleront jusqu'au 31 juillet. De par la loi, un fabricant doit appliquer les mêmes tarifs à tous ses acheteurs. Toutes les enseignes de distribution se voient ainsi appliquer les mêmes hausses qu'Opéra et afficheront des augmentations similaires dès avril. Cette valse des étiquettes marque la fin de l'accord de gel des prix, conclu pour la période du 1er novembre au 31 mars par cinq fédérations professionnelles, regroupant les plus gros industriels et distributeurs. L'accord, qui excluait des produits fluctuants comme les fruits et légumes, a été parfaitement respecté. Les distributeurs admettent que certaines hausses sont parfois justifiées. "Beaucoup d'industriels n'ont pas augmenté depuis janvier malgré la hausse de matières premières, comme les huiles alimentaires, de taxes comme celles d'éco-emballages, sans oublier le coût des 35 heures", explique Jérôme Bédier, président de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), regroupant la plupart des hyper et supermarchés. Mais "certains auront augmenté deux fois car ils avaient déjà relevé leurs prix de 2% à 4% au troisième trimestre 2001", souligne Benoît Cornu. Or "c'est grâce à cet accord qu'on a réussi à maintenir la consommation après l'euro, alors qu'en Allemagne la grande distribution a souffert d'une hausse de 20% du hard discount. Si les prix font du yo-yo, les consommateurs vont partir en courant", estime-t-il. Pour contrer ces pressions, Carrefour, Casino et Auchan ont décidé de stabiliser quelque temps le prix de leurs marques propres. "Nous allons geler les prix d'environ 8.000 produits à marque Carrefour ou premiers prix jusqu'en juin", avertit le groupe. Auchan s'engage, lui, à maintenir le prix de ses marques jusqu'à fin avril. Les Mousquetaires (Intermarché) ont annoncé qu'ils bloqueraient les prix de 10.000 produits jusqu'au 30 juin. Les associations de consommateurs, échaudées par les hausses dans le petit commerce lors du passage à l'euro, sont sur le qui-vive. Le magazine 60 Millions de consommateurs, qui avait révélé la rafale de hausses de l'été dernier, compte contrôler les prix de 210 produits en avril. La Confédération du logement, de la consommation et du cadre de vie (CLCV) prévoit aussi de vérifier 50 produits. La Direction de la consommation, de la concurrence et
de la répression des fraudes fera également son enquête
mensuelle sur les prix de 20.000 produits dans 2.900 points de vente.
Et se veut rassurante : "des réajustements se feront d'ici
l'été, avec aussi l'arrivée de prix ronds en euros",
explique son porte-parole, "globalement il y aura stabilité,
les opérateurs n'ont pas intérêt à un dérapage". |