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LA SUPER-CLASSE

 

 

 

 

 

 

Le sieur Attali Jacques, "concierge" de feu le président Mitterand, risque de rester dans l'histoire pour une raison qu'il n'avait pas prévue.

Il semble être l'inventeur du concept de " super-classe ". En schématisant rapidement, il existe d'après lui une nouvelle classe, éduquée, riche, habituée aux voyages internationaux, ayant accès aux médias, parlant plusieurs langues, politiquement correcte, qui gère la planète et définit son futur.

En clair, cet homme nous décrit, avec une bonne foi désarmante de socialiste bon teint, une nouvelle aristocratie.

La dégénérescence de la précédente, qui avait voulu bénéficier de droits sans assumer de devoirs, nous a apporté le chaos de la Révolution. La nouvelle est bien partie pour produire rigoureusement les mêmes résultats pour les mêmes raisons.

Cette super-classe s'est affranchie du contrôle démocratique en manipulant les médias et les pourvoyeurs de fonds du monde politique ; en effet, elle contrôle aussi bien les uns que les autres qu'elle a accueillis en son sein.
Elle attribue prébendes, compliments et soutiens à toutes les organisations qui, sapant l'esprit national et le bon sens, lui permettent d'œuvrer en toute quiétude.
Par une distribution intelligente de miettes de privilèges, par une propagande incessante et omniprésente, elle s'assure la collaboration des "idiots utiles".
C'est une aristocratie, pas une Noblesse.

L'euro donne une parfaite illustration de la méthode.
Si la presse était libre et la télévision ouverte, ne devrait-on pas entendre la voix des 49% qui ont voté contre Maastricht ? Le vote démocratique permet de choisir la direction et la stratégie mais peut-on considérer comme normal que, par miracle, ce soit toujours les mêmes théories qui sont encensées publiquement ?
L'euro n'est pas admis ni reconnu par une partie très importante de la population. Nonobstant, les fonds provenant des impôts payés par tous sont déversés par tombereaux dans une seule direction, celle de l'inéluctabilité et des bienfaits supposés de l'euro. Les chaînes de télévision diffusent même de pathétiques messages de la Communauté Européenne, donnant, sur fond de feux d'artifices supposés symboliser la joie populaire, les consignes pour l'échange des monnaies. Atterrant.

L'importance cruciale de l'euro en pièces et billets est qu'il va entrer directement et de plein pied dans la vie quotidienne des citoyens européens, comme ne l'on jamais fait les directives de Bruxelles. Chaque citoyen va ressentir qu'une décision à laquelle il n'a été associé que formellement, toute propagande déchaînée, va interférer avec sa vie quotidienne pour un bénéfice qui, à supposer qu'il existe, lui est inintelligible. En cela, la super-classe prend un risque majeur : celui d'apparaître pour ce qu'elle est, une perversion de l'idée démocratique, un prédateur stérile.

En l'absence de leaders crédibles opposés à cette super-classe qui a détruit ou absorbé tous ceux qui auraient pu, sinon la renverser, au moins la dénoncer (Que sont les leaders de Mai 68 devenus ?), les peuples réagiront comme ils l'ont fait en 1789 : destructions, massacres et Terreur, montée aux extrêmes avant une reprise en main par un pouvoir totalitaire asservissant.


L'enjeu de l'introduction de l'euro sous forme de pièces et de billets est là.

 

Michel Prieur
prieur@cgb.fr