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LA SUPER-CLASSE
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Le sieur Attali Jacques, "concierge" de feu le président Mitterand, risque de rester dans l'histoire pour une raison qu'il n'avait pas prévue. Il semble être l'inventeur du concept de " super-classe ". En schématisant rapidement, il existe d'après lui une nouvelle classe, éduquée, riche, habituée aux voyages internationaux, ayant accès aux médias, parlant plusieurs langues, politiquement correcte, qui gère la planète et définit son futur. En clair, cet homme nous décrit, avec une bonne foi désarmante de socialiste bon teint, une nouvelle aristocratie. La dégénérescence de la précédente, qui avait voulu bénéficier de droits sans assumer de devoirs, nous a apporté le chaos de la Révolution. La nouvelle est bien partie pour produire rigoureusement les mêmes résultats pour les mêmes raisons. Cette super-classe s'est affranchie du contrôle
démocratique en manipulant les médias et les pourvoyeurs
de fonds du monde politique ; en effet, elle contrôle aussi bien
les uns que les autres qu'elle a accueillis en son sein. L'euro donne une parfaite illustration de la méthode.
L'importance cruciale de l'euro en pièces et billets est qu'il va entrer directement et de plein pied dans la vie quotidienne des citoyens européens, comme ne l'on jamais fait les directives de Bruxelles. Chaque citoyen va ressentir qu'une décision à laquelle il n'a été associé que formellement, toute propagande déchaînée, va interférer avec sa vie quotidienne pour un bénéfice qui, à supposer qu'il existe, lui est inintelligible. En cela, la super-classe prend un risque majeur : celui d'apparaître pour ce qu'elle est, une perversion de l'idée démocratique, un prédateur stérile. En l'absence de leaders crédibles opposés à cette super-classe qui a détruit ou absorbé tous ceux qui auraient pu, sinon la renverser, au moins la dénoncer (Que sont les leaders de Mai 68 devenus ?), les peuples réagiront comme ils l'ont fait en 1789 : destructions, massacres et Terreur, montée aux extrêmes avant une reprise en main par un pouvoir totalitaire asservissant.
Michel Prieur |