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Chômage, euro :
les Français ont moins consommé en janvier

 

jeudi 21 février - 16h32 PARIS (AFP)

Après s'être débarrassés de leurs derniers francs en décembre, les Français ont été prudents et ont
nettement moins consommé au mois de janvier, déprimés par la dégradation de la conjoncture, la hausse du chômage et perturbés par l'arrivée de l'euro.

Selon les chiffres publiés jeudi par l'Insee, la consommation des ménages français en produits manufacturés - soit 25% de leurs dépenses totales de consommation - a fléchi de 0,4% en
janvier par rapport à décembre.

La consommation des ménages a toutefois progressé de 1,2% par rapport à janvier 2001. En décembre, elle avait progressé de 0,3% (révisé en baisse contre 0,4% précédemment) par rapport à novembre, a précisé l'institut.

La baisse de janvier revêt "un caractère exceptionnel et inexplicable", pour Marc Touati, chef économiste de Natexis Banques Populaires, car "elle ne correspond pas aux indicateurs avancés et semble signifier que les soldes 2002 ont été un échec alors que les entreprises du commerce et de la distribution ont certes annoncé un mois de janvier moins bon que celui de l'année précédente, mais en nette hausse par rapport à décembre 2001."

Au contraire, "la forte baisse de la consommation n'est pas une surprise", estime Olivia de Kersauson, économiste du Crédit Commercial de France (CCF), qui met en avant la dégradation constante de la conjoncture et la hausse persistante du chômage.

A ces facteurs s'est ajoutée l'inflation, qui a remonté en janvier, en particulier en ce qui concerne les produits alimentaires et le tabac, conformément aux anticipations des Français avant le passage à l'euro.

Pour Emmanuel Ferry, économiste d'Exane, la consommation en France va décrire une courbe en N, en grande partie en raison de l'arrivée de l'euro fiduciaire.

La phase ascendante de cette courbe, enregistrée en novembre-décembre, s'explique entre autres par la dépense des bas-de-laine et des derniers francs avant le passage à la monnaie unique, les Français préférant "la consommation face aux difficultés de conversion (ou dans) la crainte des hausses des prix début 2002 et des files d'attente".

Les Français ont surtout réalisé pendant cette phase des achats de biens durables et ces dépenses ont fléchi de 0,9% en janvier par rapport à décembre (augmentant de 2,9% sur un an), un recul qui "traduit à la fois l'inflexion des achats des ménages en automobiles et le net repli des dépenses en biens d'équipement du logement", a détaillé l'Insee.

La consommation des ménages est désormais entrée dans sa phase de correction qui, outre le mauvais contexte général, s'explique aussi par les difficultés d'adaptation des Français à la nouvelle monnaie et leur prudence conséquente.

Avec l'euro fiduciaire, "les échelles de prix ont changé avec la monnaie unique. Face à cette relative incertitude, les ménages ont préféré repousser dans le temps leurs achats", explique ainsi Philippe Waechter, de Banques Populaires Asset Management.

Par la suite, les ménages devraient recommencer à davantage consommer, après une certaine normalisation de l'euro, et "les bénéfices de long terme liés à l'euro: meilleur fonctionnement du marché intérieur, baisse des prix, transparence", estime Emmanuel Ferry.