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Wall St chute, le dollar résiste, les fonds d'Etat grimpent

19 juillet 23:25:16


NEW YORK (Reuters) - Les valeurs américaines ont à nouveau subi une baisse marquée vendredi, poussant l'indice Dow Jones à son pire niveau de clôture depuis octobre 1998, les investisseurs étant déprimés cette fois par l'enquête sanitaire ouverte contre le laboratoire pharmaceutique Johnson & Johnson et par les décevantes prévisions de Sun Microsystems.

Le Dow Jones a chuté de 390,23 points (4,64%) à 8.019,26, la septième plus forte baisse en points de son histoire, tandis que sur le Nasdaq, l'indice Composite a perdu 37,90 points (2,79%) à 1.139,05. L'indice S&P-500 a abandonné 33,81 points (3,84%) à 847,75.

Sur la semaine, le Dow Jones affiche un recul de 7,7%, le Composite de 4% et le S&P-500 de 8%.

On compte sur le NYSE 2.494 baisses pour 752 hausses dans 2,63 milliards de titres échangés et sur le Nasdaq, 2.509 baisses et 965 hausses dans 2,37 milliards de pièces.

LE DOLLAR RESISTE, FONDS D'ETAT ET OR GRIMPENT

Le dollar a résisté à cette nouvelle débâcle des actions bien que les opérateurs doutent que ce soit la fin de la tendance baissière amorcée depuis des mois.

Il a fini pratiquement sans changement contre l'euro à 1,0118, après être tombé à 1,0210 dans la journée, et en baisse de 0,61% à 115,79 yens, non loin toutefois de son plus bas de la semaine à 115,34. La crainte d'une autre intervention de la Banque du Japon empêche le marché de tester le seuil de 115 yens.

Cette résistance surprend d'autant que le déficit commercial américain a atteint le record de 37,64 milliards de dollars en mai, après 36,14 milliards le mois précédent. La méfiance croissante des investisseurs étrangers envers les actions américaines, eux qui finançaient le déficit quand la Bourse n'arrêtait pas de monter, commence à devenir un souci tant pour les économistes que les politiques.

Les cours des fonds d'Etat, toutes échéances confondues, ont grimpé en flèche. "Ca me rappelle octobre 1987, année du dernier grand krach boursier, quand les investisseurs du marché obligataire avaient les yeux rivés sur la Bourse", note Corey Redfield (US Bancorp Piper Jaffray).

La hausse de 0,1% des prix de détail en juin a été bien accueillie.

La note à deux ans a monté de 5/32 à 100-27/32, donnant un rendement de 2,42%, tandis que la dix ans s'est octroyée 19/32 à 102-19/32, rendement 4,56%. Le contrat septembre sur la dix ans a pris 9,5/32 à 109-15/32, après un pic à 109-20,5/32.

L'emprunt de 30 ans a bondi de 1-1/32 à 100-19/32, rendement 5,35%.

Sur le Comex, le contrat août sur l'or a grimpé de 6,80 dollars (2,14%) à 323,90 dollars l'once, profitant de la faiblesse du billet vert face à l'euro.

"SUN MICROSYSTEMS EN DESSOUS DE $5, C'EST DECOURAGEANT"

"Il n'y a que des mauvaises nouvelles et quand on voit une valeur comme Sun Microsystems se négocier en dessous de 5 dollars, c'est décourageant", résume Matt Holscher (WR Hambrecht).

"Les perspectives ne se sont toujours pas bonnes. Il est possible que les résultats aient touché le fond du trou, mais ils ne montrent aucun signe de reprise. L'investisseur attend la reprise des investissements industriels et dans la haute technologie, et il n'y a toujours rien", dit Will Muggia (Touchstone Emerging Growth Fund).

Plus de la moitié des entreprises qui composent l'indice Standard & Poor's 500 ont publié cette semaine leurs résultats trimestriels.

La Bourse avait aussi nettement reculé jeudi, toujours sous l'effet de comptes décevants et d'autres rumeurs de scandales comptables.

Les investisseurs, qui craignent que la baisse continue de la Bourse érode leurs actifs financiers, donc leurs plans de retraite, sortent en masse des fonds de placement depuis maintenant sept semaines. La semaine dernière, les sorties nettes de liquidités ont atteint l'imposant montant de 10,7 milliards de dollars.

JOHNSON & JOHNSON CHUTE DE 15,85%

Johnson & Johnson, dont le recul a amputé le Dow Jones de 20%, a chuté de 15,85% à 41,85 dollars. Une enquête a été ouverte sur une usine produisant de l'Eprex, un médicament contre l'anémie qui, selon le New York Times, serait responsable de plusieurs cas de maladie grave en Europe et au Canada.

Sun Microsystems a plongé de 26,72% à 4,25 dollars. Malgré l'annonce de son premier bénéfice trimestriel en un an, le fabricant de serveurs de gestion de réseaux anticipe une autre perte dans la conjoncture actuelle.

Le leader mondial des logiciels Microsoft, qui a réduit ses prévisions de résultat et de chiffre d'affaires sur l'exercice en cours, a perdu 3,03% à 49,56.

Le marché a mal accueilli le départ de Bob Pittman, directeur adjoin d'AOL Time Warner, choisi en avril pour relancer la branche internet du groupe, et son remplacement par la "vieille garde" de l'entreprise. AOL a dévissé de 6,99% à 11,58.

Sans surprise, l'ADR du suédois Ericsson a suivi l'évolution du titre qui a chuté à Stockholm après l'annonce de résultats décevants. Il perd 17,11% à 1,26 dollar.

Le producteur d'ordinateurs personnels Gateway, dont la perte trimestrielle a presque triplé sur un an, a chuté de 10,93% à 3,26.

Même Pepsico, dont le bénéfice trimestriel a augmenté et qui a maintenu à 13%-14% sa prévision de croissance du BPA, a perdu 10,17% à 36,20.

Semblable contrariété pour Visteon, 3e équipementier mondial de l'automobile qui, malgré son premier bénéfice trimestriel depuis an, a perdu 4,01% à 10,53.

La perte massive d'UAL, société-mère de United Airlines, 2e compagnie américaine, a pesé sur le titre qui est tombé de 19,65% à 6,05.