|
Procès des marchés publics
d'île-de-france
|
|
Michel Elbel minimise le rôle de l'ancêtre de l'UDF par rapport au RPR et au PS. Par Renaud LECADRE jeudi 05 mai 2005 (Liberation - 06:00)
A la barre, Elbel résume son rôle à celui d'un simple facteur : «J'ai reçu ce million, je ne l'avais pas demandé, et je l'ai remis.» A qui ? Au CDS, évidemment. Mais seulement au bout d'un an. Quand on le soupçonne d'avoir conservé à titre personnel ce cash providentiel, Elbel s'offusque : Mais «à quel CDS» devait-il le remettre ? Une moitié ira à la direction nationale du parti, dont les permanents sont depuis longtemps payés en liquide. Sur instruction de son président Pierre Méhaignerie, le trésorier Michel Kalaydjian va voir Michel Elbel au conseil régional. Méhaignerie indique simplement qu'on lui remettra «quelque chose». Kalaydjian, qui s'y connaît en hypocrisie démocrate-chrétienne, a aussitôt traduit : «En bon catholique, il répugnait à parler d'argent.» La seconde moitié reviendra à la fédération francilienne du CDS, remise sous enveloppe dans un couloir du Sénat. Claude Goasguen est à la manoeuvre (comme Méhaignerie, c'est un pilier de l'actuelle UMP). Il était alors l'ennemi d'Elbel au sein du CDS parisien . Il l'accusait des pires turpitudes à la région, mais ne crachait pas sur ses enveloppes. Elbel a eu quelques scrupules, au motif que ce «dépensier» de Goasguen est capable de «tout flamber avant les élections». Tous ces dirigeants centristes ont été entendus pendant l'instruction. Seul Elbel se retrouve au tribunal. Il tente une morale de l'histoire : «Si j'avais été au courant des 2 % (le reversement aux partis), je ne serais pas parti avec une somme aussi ridicule.» Et une morale politique : «Le RPR et le PS ramassaient, le CDS ne savait pas faire. Nous étions toujours rabaissés lors des élections, car nous arrivions les poches vides.»
|