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"le traitement systématiquement hostile réservé au candidat Jean-Marie Le Pen..."

 

Les 9 sages de l'audiovisuel planchent sur un rapport analysant l'attitude des médias durant la campagne présidentielle. Temps fort de leur réflexion, le traitement systématiquement hostile réservé au candidat Jean-Marie Le Pen, ou la dérive militante des médias audiovisuels.
Le point avec Jacqueline de GUILLENCHMIDT, présidente du groupe de travail sur le pluralisme et la déontologie de l'information.

 

"Dans l'immédiat le CSA n'a pas fait de bilan de la campagne éléctorale, mais il rendra un rapport sur le traitement de l'information pendant la campagne, qui nécessitera un peu de recul car il y a beaucoup de choses à dire. Il sera fait dans les mois qui viennent.
La situation est spéciale et demande une analyse plus fine qu'à l'ordinaire", annonce d'emblée Jacqueline GUILLENCHMIDT, l'une des neufs sages du Conseil Supérieur de l'audiovisuel, comme pour se dédouaner de ne pas en dire plus. Quant au discours "militant" de nombreux journalistes TV et radio, en contradiction avec la demande de neutralité prônée par le CSA, elle se refuse à le mettre en cause. "La volonté du CSA est de respecter la liberté des journalistes", dit-elle avant d'esquiver à nouveau : "nous publierons un communiqué la semaine prochaine sur le traitement de l'information pendant la campagne. Je m'interdis d'avoir, en la matière, une opinion personnelle".
Les questions ne manqueront pas lorsque les 9 sages s'attelleront à la rédaction de ce communiqué. En effet, la situation nouvelle créée par la présence de Le Pen au deuxième tour remet en cause la comptabilisation des temps de parole mais aussi, et surtout, le contenu de l'information.
Ainsi, si Jacques Chirac a bénéficié de nombreux soutiens, ceux qui étaient de "circonstances" - les soutiens de gauche par exemple - n'ont pas été comptabilisés, sinon cela aurait fait exploser le temps de parole du Président candidat.
De même, les discours négatifs sur Le Pen ne lui ont pas été attribués dans son temps d'Antenne. Finalement tout se passe comme si le CSA se contentait de mesurer le temps de parole alors que la nouvelle situation exigeait peut-être une attention plus particulière sur le contenu du discours. De même, si pour les TV sont pris en compte "les informations, les magazines politiques, les émissions politiques et celles où des politiques interviennent", le CSA se contente d'étudier la tranche 7h/9h pour les radios.
Quid de l'ensemble des émissions spéciales faites pendant la journée sur les quinze dernier jours ? Pour ne prendre qu'un exemple, une grande partie des émissions de France inter ont porté sur "l'événement Le Pen" depuis le 22 avril, sans que le CSA n'y trouve rien à redire. Le Conseil se contente d'ailleurs d'une déclaration faite par les radios elles même, pour étudier le temps d'Antenne des deux candidats.
Les quinze derniers jours ont manifestement mis beaucoup de journalistes en porte-à-faux. Les TV et radios s'engageant ouvertement contre le vote Le Pen, après qu'on leur ait reproché d'avoir fait le jeu du Front National de façon "insidueuse" pendant la campagne. Le risque est bien sûr de renforcer le discours sur la connivence entre les médias et le pouvoir, thème souvent développé par le candidat Le Pen, qui y voit un complot contre lui. Bruno Gollnisch a d'ailleurs été reçu entre les deux tours et à fait part de ses griefs au CSA.
Le dispositif de surveillance du CSA pour les législatives sera pourtant le même, même si la loi demande simplement une égalité d'accès aux médias et non une égalité du temps d'Antenne. Pour les éventuelles remises en cause, il faudra attendre ce fameux rapport, dans quelques semaines car la "situation est vraiment spéciale…"

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