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Jacques Delors comprend la décision britannique de rester hors de l'euro

 



LONDRES (AFP) - Jacques Delors, l'ancien président de la Commission européenne, a déclaré qu'il comprenait la décision de la Grande-Bretagne de rester en dehors de la zone euro jusqu'à maintenant, car le lancement de la monnaie unique a été défectueux, rapporte samedi le quotidien londonien The Times.

M. Delors a aussi estimé que la Grande-Bretagne resterait sans doute pendant des années en dehors de la monnaie européenne, notamment parce que le ministre britannique des Finances Gordon Brown "méprisait l'Europe avec une telle passion".

L'ancien chef de l'exécutif de l'UE juge également que l'Union européenne est "en état de crise latente" à cause de la faiblesse de ses dirigeants.

Il a accusé des dirigeants d'Etats membres, notamment le président français Jacques Chirac, de placer les intérêts nationaux avant le bien commun, selon le quotidien britannique.

A propos de l'euro, M. Delors a déploré que les dirigeants européens n'aient pas tenu compte de ses avertissements sur le fait que l'union monétaire doit aller de pair avec une étroite coordination des politiques économiques. Selon lui, il en résulte que l'euro est moins attrayant qu'il pourrait l'être.

"Puisque nous n'avons pas réussi à tirer le maximum des avantages économiques de l'euro, on peut comprendre que les Britanniques disent que +tout va bien comme ça. Rester en dehors de l'euro ne nous a pas empêchés de continuer à faire des profits", a dit M. Delors au Times.

Le gouvernement du premier ministre Tony Blair s'est engagé en principe à rejoindre les douze membres de la zone euro, mais il n'a donné aucun délai pour ce faire.

Denis MacShane, ministre britannique pour l'Europe, a déclaré que les propos de M. Delors justifiaient "la décision raisonnable (du gouvernement) de prendre pour critère principal les conditions économiques plutôt que l'idéologie, en ce qui concerne l'euro".

Mais Michael Ancram, porte-parole de l'opposition conservatrice pour les affaires étrangères, a déclaré au Times: "C'est un aveu extraordinaire de la part de M. Delors".

"Si le champion de l'intégration européenne dit que l'euro n'a pas marché, cela montre combien la Grande-Bretagne a eu raison de rester en dehors".