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Le gouvernement britannique plus que jamais divisé sur l'euro


De notre correspondante à Londres

Le gouvernement britannique a, certes, été divisé par la participation à la guerre en Irak, mais cela n'est rien à côté de la fracture provoquée par l'euro. Le dossier empoisonne l'atmosphère depuis plusieurs semaines et les désaccords semblent gagner en ampleur alors que la date butoir du début juin se rapproche.

C'est en effet à cette période que le gouvernement s'est engagé à donner les résultats des cinq tests économiques qu'il estime devoir être remplis avant d'entrer dans la monnaie unique. Des tests aux allures de piège pour le Premier ministre, qui estime que son pays a vocation à entrer dans l'euro. Car ils sont à la discrétion de son Chancelier de l'Échiquier, Gordon Brown, beaucoup moins enthousiaste à propos de la monnaie unique que son chef de gouvernement.

Il a pour cela quelques raisons objectives : l'économie britannique croît à un rythme double de celui de l'euro-zone, ce qui pose la question de la convergence de la première avec la seconde _cela rend par exemple difficile la baisse des taux britanniques au niveau européen, surtout alors que l'immobilier augmente encore très vite, Outre-Manche.

Les autres tests, la flexibilité de l'économie britannique, l'investissement, la santé des activité financières, la stabilité, la croissance et l'emploi sont très difficiles à quantifier. Impossible de leur donner, comme le souhaite Tony Blair, des « réponses claires et sans ambiguïté ».

Depuis quelques semaines, des fuites ont laissé présager que la réponse de Gordon Brown serait que la convergence doit encore progresser. Le Premier ministre en est d'accord, mais il estime que cela n'empêche pas de reposer la question avant la fin de la législature (au plus tard en 2006). Son Chancelier, lui, veut écarter toute possibilité de référendum avant les prochaines élections. Les partisans de l'un et de l'autre se déchirent depuis plusieurs jours, au point que la date de publication des tests n'a pu être fixée.

Les partisans de l'euro, comme les 26 patrons de Britain in Europe, le lobby favorable à la monnaie unique, qui lui ont envoyé une lettre, estiment que l'économie britannique sera affaiblie si elle ne rejoint pas rapidement l'euro. Ne serait-ce que parce que la zone euro est le premier marché commercial de la Grande- Bretagne. Mais les « No Campaign » rappellent que seul un patron sur cinq souhaite que le référendum ait lieu durant cette législature.

Le directeur général de General Motors (NYSE: GM - actualité) , Rick Wagoner a souligné que, même si une décision en faveur de l'euro permettrait de lever une incertitude, cela n'influerait pas sur ses décisions d'investir dans le pays. Il était du reste à Londres pour annoncer des investissements de 80 millions de livres dans l'usine Vauxhall qui produit le modèle Astra.

Mais pour Tony Blair, une Grande-Bretagne absente de l'euro est tout simplement moins puissante en Europe. Une situation difficile à accepter pour un Premier ministre qui souhaite accroître l'influence de son pays dans l'ensemble européen pour mieux se poser en interlocuteur des États-Unis.

M-L.C.