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Allergie aux euros: danger! (12/09/2002)

 

 

La polémique est relancée: les risques d’allergie liée à la manipulation des pièces de un et de deux euros ont été, une fois encore, mis en évidence par une étude réalisée en Suisse

BRUXELLES Les auteurs affirment que l’alliage qui compose ces pièces dégage des quantités phénoménales de nickel, à l’origine de réactions cutanées très sérieuses chez les personnes qui y sont sensibles. La commission européenne minimise les risques.

La polémique avait émergé, déjà, à la fin du mois de novembre 2001. Carola Liden, dermatologue à l'Institut Karolinska (Suède), et Stephen Carter (Grande-Bretagne) avaient tiré la sonnette d'alarme en affirmant que l'alliage utilisé pour la fabrication des pièces de un et deux euros contenaient un pourcentage de nickel trente à quarante fois supérieur à la norme acceptable. Selon ces chercheurs, cette densité était susceptible d'engendrer des allergies cutanées lorsque les pièces étaient manipulées par des personnes allergiques au nickel (15% des femmes et 5% des hommes seraient dans ce cas). A l'époque, les autorités nationales et européennes avaient minimisé le problème.

Un an plus tard, rebelote. Cette fois, c'est l'Université de Zurich (Suisse), en la personne du Pr Franck Nestlé, qui joue les trouble-fêtes. Ce scientifique affirme - dans la revue britannique Nature - que les un et deux euros sont à l'origine de réactions allergiques, non pas tant par leur teneur en nickel qu'en raison de leur structure bi-métallique. Cet alliage est susceptible de dégager, au contact de la sueur, jusqu'à 320 fois plus que la quantité de nickel tolérée par la Directive Nickel élaborée par l'Union européenne.La pièce de 50 cents, par exemple, ne produit pas de nickel, car elle n'a pas de pilule centrale cerclée d'un anneau, responsable, selon l'équipe suisse, de cette émission prononcée de nickel.Les alliages jaune et blanc contiennent des quantités différentes de nickel, cuivre et zinc, ce qui accentue le processus de corrosion, alors que les ions métalliques passent d'un alliage à l'autre durant un contact prolongé avec la sueur de la paume. Le taux d'émanations de nickel provenant des parties blanche (alliage cuivre/nickel) ou jaune (alliage nickel/laiton) est grosso modo le même.Des tests dermatologiques ont été effectués sur sept patients allergiques au nickel, sur la peau desquels on avait scotché des pièces de un et deux euros pendant 48 et 72 heures. Ils ont tous manifesté une réaction épidermique forte (rougeurs ou lésions).

Les chercheurs ont par ailleurs remarqué que la corrosion des pièces de un euro est manifeste après 36 heures d'immersion dans de la sueur: la couleur de la pièce s'assombrit, tandis que sa surface est abîmée. En revanche, soumise au même traitement, une pièce de 1 franc suisse qui est composé de 25% de nickel et 75% de cuivre, ne subit aucune corrosion.


Tout va bien !

BRUXELLES La Commission européenne se veut à nouveau rassurante. Tout va bien, en somme. L'exécutif européen a expliqué que la proportion de nickel dans l'alliage des pièces de un et deux euros était inférieure à celle de nombreuses anciennes monnaies nationales (mais ce n'est pas vraiment sur le plan du taux de nickel que se situe le débat aujourd'hui).
L'article publié dans Nature serait `un vieux lièvre´.La Commission et d'autres institutions européennes ont rappelé que les alliages avaient été soigneusement choisis en 1997. Ainsi, sept cobayes humains ont été exposés pendant 72 heures au contact des pièces - mais lesquelles? - contenant du nickel, sans aucun problème.

Il existe une directive européenne sur les quantités maximales de nickel que peuvent contenir certains objets d'usage courant. S'il est vrai que les pièces ne respectent pas ces pourcentages, la Commission a toutefois rappelé que la directive ne concernait que des objets métalliques en contact permanent avec la peau, comme les bijoux et les montres. Curieux raisonnement.

J.M.