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La Commission de Bruxelles se rend à l'évidence : plusieurs
pays européens ne parviendront pas à l'équilibre
de leurs finances publiques en 2004
Cette fois, le message est clair. Après des mois de frictions politiques
et de joutes oratoires, le débat européen est enfin clos,
qui portait sur la date de 2004 comme limite ultime au retour à
l'équilibre des finances publiques des pays membres de la zone
euro. La Commission de Bruxelles est claire : elle reporte à 2006
au plus tard l'objectif d'un retour à l'équilibre budgétaire,
donnant ainsi raison à ceux qui considéraient l'objectif
de 2004 comme n'étant « pas gravé dans le marbre ».
La Commission a donc su, finalement, prendre en compte les difficultés
conjoncturelles plus importantes que prévu au sein de la zone euro.
La France, l'Allemagne et l'Italie compteront à l'évidence
parmi les premiers pays à se féliciter de l'abandon de la
doctrine initiale de Bruxelles. Le Portugal aussi, qui vient d'échapper
de justesse au lancement d'une procédure de sanction pour déficit
excessif (lire encadré).
Mais Bruxelles ne pourra pas pour autant être accusée de
laxisme : le commissaire européen en charge des Affaires économiques,
Pedro Solbes, a en effet rappelé clairement que la règle
selon laquelle le déficit ne pouvait pas dépasser les 3%
du PIB restait la clef de voute du pacte de stabilité européen.
En d'autres termes, Bruxelles est d'accord pour assouplir sa position,
mais pas pour autoriser les pays européens à minimiser leurs
efforts budgétaires. En particulier, il n'est toujours pas question
qu'un membre de la zone, l'Allemagne par exemple, dépasse la barre
des 3%. D'ailleurs, en échange de l'assouplissement de sa position,
Bruxelles demande à chaque pays qu'il réduise d'au moins
0,5% par an son déficit structurel.
Le Portugal reconnaît la difficulté de tenir ses objectifs
de déficit public
Au moment même où la Commission européenne assouplissait
officiellement sa position en matière de déficits publics
en Europe, le Portugal reconnaissait officiellement le «risque que
cette année nous ayons des difficultés à respecter
l'engagement de maintenir le déficit public sous les 3% du PIB»,
selon les termes du gouverneur de la Banque centrale portugaise, Vitor
Constancio. Peu après, la ministre des Finances du pays, Manuela
Ferreira Leite, confirmait l'objectif de limiter à 2,8% du PIB
le déficit public en 2002, contre 4,1% l'an dernier, tout en ajoutant
: «Je ne suis pas en mesure de dire si l'on pourra atteindre 2,8%
sans qu'il soit nécessaire de prendre de nouvelles mesures».
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