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Le double affichage des prix en francs |
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"Beaucoup de boulangeries n'ont plus de double prix : elles ne les ont pas maintenus plus de deux mois, après la consigne initiale de garder le franc pour montrer qu'il n'y avait pas d'arrondis à la hausse", explique Sylvie Dupré, du magazine La Boulangerie française. Les doubles étiquettes sont une corvée: une boulangerie propose souvent vingt sortes de pains, une trentaine de gâteaux, sans oublier les bonbons, souligne-t-elle. "Les gens ont des références pour ces achats quotidiens", ajoute Mme Dupré. Dans les tabacs, "depuis mars, les prix des cigarettes ne sont plus qu'en euros, car les buralistes appliquent les prix du Journal officiel, qui ne sont qu'en euros", explique Jean-Paul Vaslin, de la Confédération des débitants de tabac. "Mais si le consommateur a des repères pour son tabac, sur les autres produits (confiserie, papeterie...), nous constatons une perte de repères, une réticence face à l'euro, les gens achètent un peu moins facilement", regrette-t-il. "Les cigarettes qui ont des prix ronds, sans centimes d'euros, ont d'ailleurs vu leurs ventes progresser", souligne-t-il. Les tâtonnements des consommateurs, que constatent tous les commerçants, ont décidé la quasi-totalité des grandes surfaces à prolonger le double prix. Plus personne ne prône de supprimer le franc au plus vite pour pousser les consommateurs à s'y mettre. "Nous avions un consensus entre pouvoirs publics, associations de consommateurs et distributeurs pour garder le double prix jusqu'à fin juin, puis de voir selon les demandes de la clientèle. Maintenant, notre objectif est de continuer jusqu'à la fin de l'anée, après on verra", explique Jérôme Bédier, président de la Fédération du commerce et de la distribution. Chez Auchan, le "Monsieur euro", Michel Paillard, explique que le double prix durera au moins jusqu'à la fin 2002. "Vers la fin de l'année, nous interrogerons nos clients" et le double prix restera "aussi longtemps que nécessaire", précise-t-il. "Quand un consommateur pressé fait ses courses, c'est un service à lui rendre, il n'a pas envie de sortir sa calculette ni de faire du calcul mental", remarque-t-il. "Ce ne serait pas un service à lui rendre que de le maintenir ad vitam aeternam, mais construire des repères prend du temps". Carrefour maintiendra le double prix tant qu'une bonne partie des clients le souhaitera, ce qui est encore le cas. Intermarché le gardera "dans toutes les enseignes jusqu'à fin 2002". Dans les hypermarchés Géant (groupe Casino), le franc restera mais en plus petit, et "on peut penser qu'en fin d'année il sera supprimé", souligne une porte-parole. Même décision chez Monoprix. La Fnac aussi continue, tout comme Surcouf (produits informatiques): "Les gens pensent encore leurs achats d'ordinateurs en francs", explique Henry Planchard, PDG de Surcouf. Les Galeries Lafayette préparent des soldes d'été en triple affichage (ancien prix en francs, prix soldés en euros et en francs) et les produits de la rentrée des classes seront encore en francs. En revanche, à l'automne, les autres produits passeront à l'euro seul. "Car dans un magasin comme celui du boulevard Haussmann, le double prix provoque une certaine confusion chez nos clients japonais et américains", note le directeur du magasin, Jean-Michel Hallez |