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« Il faut prolonger le double affichage » |
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Quel est le bilan de ces six premiers mois en euros ? Renaud Dutreil. Il y a eu un passage en douceur du franc à l'euro. Ça s'est très bien passé. L'Etat a tout fait pour qu'il en soit ainsi. Mais les principaux pédagogues de l'euro ont été les acteurs économiques eux-mêmes, notamment les commerçants. Certes, aujourd'hui, les Français ont encore une perception double de la monnaie. Ils sont un peu comme au milieu du gué : ils étaient sur la rive franc et doivent passer sur la rive euro. Ce qu'il faut, c'est qu'ils puissent penser en euros comme ils pensaient autrefois en francs. Le gouvernement précédent avait souhaité un maintien du double affichage des prix jusqu'en juin. Quelle est votre position ? Je suis favorable à la prolongation du double
affichage jusqu'à la fin de l'année. C'est de cette manière
que les Français vont pouvoir passer sans choc d'une monnaie à
une autre. C'est une recommandation qui fait appel à une démarche
volontaire des commerçants : la France n'a pas imposé de
réglementation en la matière. Mais il est bon de rappeler
que 88 % des Français considèrent le double affichage comme
essentiel ou assez utile, selon l'Eurobaromètre réalisé
en mai pour la Commission européenne. D'ailleurs, le double affichage
des prix est appliqué par 100 % de la grande distribution, 95 %
des supermarchés et 70 % du commerce de détail. « Les Français voyageant à l'étranger vont pouvoir découvrir l'utilité de l'euro » L'euro est accusé d'avoir poussé les prix à la hausse. Cela vous inquiète-t-il ? L'indice des prix à la consommation de l'Insee s'est établi, en mai 2002, à 1,4 % sur un an. La flambée des prix qui avait été annoncée n'a donc pas eu lieu. L'ensemble des professionnels ont compris la nécessité de coupler le passage à l'euro avec une grande sagesse des prix. Dans le même temps, il y a eu un important travail de suivi du niveau des prix. Ce suivi va s'alléger, mais nous continuons à être attentifs. Quant aux consommateurs, ils regardent scrupuleusement les étiquettes et s'aperçoivent assez vite quand une augmentation leur paraît excessive. L'euro à donc permis une plus grande attention aux prix qu'à l'époque du franc. Avec les départs en vacances et l'afflux de touristes en France, l'euro va connaître un nouveau test cet été. Le gouvernement a-t-il prévu un dispositif particulier ? Non. La période estivale va être intéressante : c'est la première fois depuis l'introduction de l'euro dans la vie des gens que les Français voyageant à l'étranger vont pouvoir découvrir l'utilité d'une monnaie européenne. En tant que touristes, leur vie va être facilitée. Ils pourront effectuer des comparaisons et auront une compréhension plus facile et rapide des prix. L'euro est le gage d'une plus grande transparence. A ce titre, il est favorable aux consommateurs. Par ailleurs, à partir d'aujourd'hui, les frais facturés sur les opérations par carte bancaire vont être identiques, que ce soit sur le territoire national ou dans un autre pays de la zone euro. C'est un autre avantage. Propos recueillis par Olivier Aubry |