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Six mois après l'euro, un butin de billets et pièces d'anciennes monnaies


Aucune campagne officielle n'est menée pour récupérer ces antiques marks, francs, lires, florins, drachmes, pesetas, escudos, punts, markka ou autres schillings.

Les citoyens retardataires peuvent toujours porter leurs derniers billets à l'échange aux guichets de leurs banques centrales, pendant dix ans comme en France ou en Italie, ou pour une durée illimitée, comme en Allemagne.

Au total, les Européens ont tout de même échangé plus de 90% des anciens billets, mais se sont moins souciés des pièces, selon les estimations des banques centrales.

Les Allemands, attachés sentimentalement au mark, ont été les plus réticents à se séparer de leur ancienne monnaie. Quelque 18,8 milliards de deutschemarks, soit 9,6 mds d'euros, sont toujours en circulation, selon une estimation de la Bundesbank.

"On ne retrouvera jamais la trace de ces quelques milliards", se résigne le président de la banque centrale régionale de Bavière, Franz-Christoph Zeitler.

En France, l'équivalent de 3,1 mds d'euros de billets en francs restait en circulation au 21 juin, selon la Banque de France. Mais plus de 90% des anciens billets sont revenus dans ses caisses. La Banque centrale n'a en revanche récupéré, depuis le début de l'année, que 5,3 milliards de pièces en francs sur les quelque 30 mds émises depuis l'institution du nouveau franc en 1959.

Aux Pays-Bas, l'équivalent de 835 millions d'euros n'a toujours pas été rendu. Il s'agit soit de florins restés dans le circuit bancaire et qui se retrouveront prochainement à la Banque centrale, soit d'argent noir ou perdu, a indiqué le porte-parole du ministère des Finances.

En Autriche, l'équivalent de 715 millions d'euros n'a pas encore été restitué sur les 13,234 millions en circulation deux ans avant l'euro, selon la Banque nationale.

Les billets en francs belges encore en circulation représentaient au 7 juin l'équivalent de 441 millions d'euros, et les pièces quelque 218 millions d'euros, estime de son côté la Banque nationale de Belgique.

La Banque d'Espagne évalue à un peu plus de 3 milliards d'euros les monnaies non restituées dont 2 milliards en billets et 1,04 milliard en pièces, soit 6,25% de la valeur en pesetas en circulation le 31 décembre dernier.

En Italie, "au jour d'aujourd'hui, les billets en lires retirés de la circulation représentent 99% des montants en circulation à la fin de l'année 2001", a annoncé le 31 mai le gouverneur de la Banque centrale, Antonio Fazio.

Mais, selon l'association de consommateurs italiens ADOC, "1.000 milliards de lires en billets et en pièces n'ont pas été échangés et sont toujours dans les poches des Italiens", qui y tiennent parfois pour des raisons sentimentales.

En Grèce, près de 98% des billets en drachmes ont été restitués, selon la Banque centrale. Pour les pièces, le pourcentage est plus réduit, mais cela "ne pose pas de problème", estime la Banque.

La Banque de Finlande estime aussi que 95% des billets et les deux tiers des pièces en marks finlandais ont été récupérés.