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Essence : l'euro masque les hausses de prix



«DEPUIS le passage à l'euro, je suis un peu perdu. J'ai vraiment du mal à me rendre compte si le prix du litre d'essence augmente. » Jean-Baptiste fait le plein de sa Clio comme chaque semaine, mais il ne s'est pas encore rendu compte que le litre de sans-plomb 98 avait progressé de près de 2 centimes d'euro (13 centimes de franc) depuis le début septembre pour atteindre 1,14 € (7,48 F) dans sa station-service. « Lorsque je paie après avoir fait le plein, je me rends compte que ma facture finale est en hausse. En revanche, je n'ai plus aucun repère pour le prix unitaire du litre.

Les augmentations se cantonnent en règle générale à 1 petit centime d'euro, et cela passe totalement inaperçu. Pourtant, quand on y réfléchit, ce n'est pas rien », poursuit le jeune homme, résumant ainsi un sentiment partagé par la majorité des automobilistes.

« J'essaie de faire la conversion, mais c'est compliqué sur de si petits montants » « Un centime d'euro, c'est presque 7 centimes de franc, renchérit Roger, qui se sert à la pompe voisine. A force, ces augmentations en série commencent à peser sérieusement sur le prix final, cela s'accumule. J'essaie toujours de faire la conversion, mais c'est compliqué sur de si petits montants. »

Résultat, pour cause de monnaie unique, la flambée actuelle du prix des carburants n'émeut pas vraiment les particuliers, qui ont perdu leurs repères. Pourtant, depuis la rentrée, l'essence a progressé en moyenne au niveau national de près de 2 centimes d'euro, soit pas moins de 13 centimes de franc. Le super est ainsi passé de 1,10 € (7,22 F) à 1,12 € (7,35 F). L'augmentation est encore plus sensible pour le gazole (de 0,78 € à plus de 0,8 €, soit une différence de 18 centimes de franc), puisqu'à la veille de l'hiver la demande est particulièrement forte pour ce produit qui est également utilisé dans la composition du fioul domestique.

Une valse des étiquettes directement liée à la situation politique internationale. Les bruits de bottes en Irak font monter depuis quelques mois les cours du pétrole. Hier, le baril de brut valait 28,5 dollars. « Nous évoluons à l'heure actuelle dans une fourchette comprise entre 28 et 29 dollars : ce sont des niveaux élevés. Seul l'incertitude géopolitique peut expliquer ces cours, car à l'heure actuelle l'offre est légèrement supérieure à la demande de pétrole », souligne l'Union française des industries pétrolières (Ufip).

Comble de malchance, le cours du dollar (la monnaie de référence dans les transactions pétrolières) est lui aussi orienté à la hausse, ce qui renchérit encore les tarifs affichés dans les stations-service. Les automobilistes devront donc prendre leur mal en patience. Car aucune baisse n'est attendue dans les semaines qui viennent.

Valérie Hacot

Lire l'article sur le site du Parisien