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La Grèce inondée de faux euros |
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jeudi 24 juillet 2003, 15h06 ATHENES (AP) - Confrontés à un afflux de faux billets en euros en provenance de Bulgarie en particulier, les commerçants grecs réagissent: du vendeur de kebab à la boutique de souvenirs, ils sont de plus en plus nombreux à s'équiper de détecteurs pour repérer les contrefaçons. Depuis l'introduction des pièces et billets en euros le 1er janvier 2002, la Grèce est une des destinations favorites des faussaires qui tentent d'écouler de fausses coupures. Résultat, même les commerçants les plus modestes achètent de petits détecteurs à ultraviolet dans lesquels sont glissés les billets pour vérifier qu'ils comportent bien les sécurités d'usage. D'autres optent pour des crayons dont la pointe est dotée d'un rayon ultraviolet ou pour des surligneurs faisant apparaître les lignes fluorescentes des billets. La police grecque constate que les faussaires sont de plus en plus compétents et audacieux. Les réseaux ont commencé cette année à copier régulièrement des billets de 200 euros et à les acheminer dans le nord du pays. La Banque centrale européenne (BCE) soulignait en janvier que les euros contrefaits étaient assez grossiers jusque-là mais elle a également averti que la qualité des contrefaçons s'améliorait. La semaine dernière, elle annonçait qu'environ 230.000 coupures contrefaites avaient été retirées de la circulation au premier semestre, contre 145.000 au semestre précédent. Les billets de 50 euros représentent 66% des coupures contrefaites, suivis de ceux de 20 euros (23%), puis de 100 euros (6%). Stratos Kyriakakis, le chef des laboratoires criminels de la police grecque, souligne que le large éventail de scanners et d'imprimantes de haute qualité disponible sur le marché constitue un problème. Les faussaires sont capables de produire des filigranes, des hologrammes et des fils de sécurité pouvant faire illusion lors d'un examen superficiel. Ils disposent même d'un papier très semblable au toucher à celui des vrais billets, souligne ce responsable. Mais ils n'ont pas encore réussi à dupliquer l'encre de couleur changeante des billets ni les reliefs apparaissant sur les coupures, soulignent les autorités grecques. Les saisies de faux billets sont devenues courantes en Grèce. Un responsable des forces de sécurité grecques ayant requis l'anonymat a souligné que des billets contrefaits similaires à ceux saisis en mai avaient été trouvés dans d'autres pays européens. La Grèce étant une destination touristique de premier plan en Europe, un faux billet qui y entre peut rapidement se retrouver dans un autre Etat de la zone euro. Christos Radopoulos, chef de la brigade criminelle de Salonique, se dit "convaincu qu'il y a un réseau organisé en Bulgarie qui achemine des faux billets dans ce pays". Il avertit qu'"il est possible que la Grèce ait été choisie" comme porte d'entrée pour écouler des faux billets vers les autres pays de la zone euro. Matian Doufeta, la gérante d'une boutique de vêtements à Athènes, ne veut pas prendre de risque. "J'ai acheté un surligneur pour 7 euros quand j'ai entendu qu'il y avait des faux billets sur le marché", explique-t-elle. "Je ne veux pas avoir d'ennuis. Si je rends un faux billet, je serai peut-être arrêtée." AP |