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Le général Alain Pellegrini, commandant de la Finul : "La situation est très fragile"

 

En ce premier jour de cessation des hostilités, comment voyez-vous l'avenir immédiat se profiler ?

Je vois les choses avec beaucoup de réserves, et l'avenir avec un peu d'appréhension. Il faut que se prolonge la cessation des hostilités et ce n'est pas évident. Une échauffourée entre un soldat israélien et un combattant du Hezbollah, un missile qui part, il en faut peu pour que ça redémarre. Cette situation est donc très fragile et va le rester pendant pas mal de temps. On n'est pas tirés d'affaire...

Comment s'est passé pour vous le dernier jour de la guerre ?

Dimanche, les Israéliens ont envoyé 85 obus d'artillerie autour de nos positions. Personne n'a été touché, mais en un mois de guerre, 6 membres de la Finul, 4 observateurs et 2 civils, ont été tués. 13 autres ont été blessés.


Le 25 juillet, un obus israélien s'est écrasé sur votre poste de Khiam, tuant ses quatre observateurs, un Autrichien, un Chinois, un Canadien et un Finlandais. Estimez-vous qu'il s'agissait d'un acte délibéré ?

J'ai personnellement ce jour-là prévenu les Israéliens, et cela à cinq ou six reprises, que nos positions étaient visées. Il semble donc bien qu'il s'agissait d'un acte délibéré. Parfois, quand je les avertis par téléphone, une secrétaire décroche et affirme qu'aucun interlocuteur n'est disponible. Que voulez-vous faire quand on s'adresse à des gens qui ne veulent pas répondre ?

Propos recueillis par Bruno Philip

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-734511,36-803579@51-796255,0.html