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Satisfaction après la baisse ordonnée du dollar




La baisse du dollar et la hausse de l'euro paraissent pour le moment satisfaire Européens et Américains si l'on en croit les déclarations et sous-entendus, samedi, de plusieurs ministres des Finances à l'issue de la réunion des Sept principales puissances (Pornchai Kittiwongsakul - AFP/Archives)
La baisse du dollar et la hausse de l'euro paraissent pour le moment satisfaire Européens et Américains si l'on en croit les déclarations et sous-entendus, samedi, de plusieurs ministres des Finances à l'issue de la réunion des Sept principales puissances industrialisées (G7) à Halifax (Canada).

Passée sous silence dans le communiqué du G7, l'évolution du marché des changes a donné lieu à un nombre inhabituel de commentaires des grands argentiers. La zone euro est "en faveur d'un euro fort", a lancé le ministre allemand Hans Eichel, en affirmant ne pas s'inquiéter des effets de la baisse actuelle du dollar sur la compétitivité des exportations allemandes.

La dépréciation du billet vert par rapport à l'euro est positive car elle permet de réduire les tensions inflationnistes en Europe, a lancé son homologue français Francis Mer. "Pour le moment la baisse du dollar permet à la zone euro d'importer de la désinflation, ce qui n'est une mauvaise idée", a-t-il dit, laissant entendre que la Banque centrale européenne, qui vient de réviser en hausse ses projections d'inflation pour 2002, devrait ainsi éviter de relever ses taux d'intérêt.

Se faisant l'écho de ces déclarations, Rodrigo Rato, le ministre espagnol de l'Economie qui préside actuellement l'Eurogroupe (qui regroupe les ministres des Finances de la zone euro), a estimé que le niveau de l'euro face au dollar reflète mieux les paramètres économiques fondamentaux européens. La monnaie unique se situe désormais à son cours le plus haut face à la devise américaine depuis dix-sept mois, après une progression de près de 6% depuis avril.

Pour sa part, le secrétaire américain au Trésor Paul O'Neill s'est borné à répéter, comme le faisaient déjà ses prédécesseurs dans l'administration Clinton depuis 1995, que les Etats-Unis maintenaient leur politique en faveur d'un dollar musclé. "Nous avons une politique pour un dollar fort et nous n'avons pas l'intention de changer cette politique", a-t-il lancé. Cette déclaration vise surtout, selon des analystes, à éviter un trop fort mouvement de baisse du billet vert.

"Je suis sûr que le G7 - à l'exception du Japon - est très satisfait de ce réajustement des taux de change", avait estimé, à la veille de la réunion d'Halifax, Fred Bergsten, directeur de l'Institute for International Economics. Il notait que le dollar se situe encore de 20% à 25% au-dessus de son niveau d'il y a cinq ans.

"Jusqu'à présent le reflux du dollar a été ordonné, très progressif et je pense que c'est très positif", avait-il ajouté, en insistant sur l'absence d'un véritable danger de décrochage alors que l'expansion américaine va connaître une croissance plus forte que celle des deux autres grands moteurs de l'économie mondiale, l'Europe et le Japon.

M. O'Neill a dit que les Etats-Unis enregistreront une croissance de 3% à 3,5% cette année, contre de 2% à 2,5% pour la zone euro, selon Rato. La croissance au Japon devrait être nulle en 2002, selon des projections du ministre nippon Masajuro Shiokawa rapportées par son homologue américain.

Le Japon est le seul pays du G7 à avoir exprimé ses préoccupations face à la glissade du billet vert, intervenant pour freiner la hausse du yen qui, selon Tokyo, pourrait saper sa fragile reprise économique après plus de dix ans de stagnation.

Plusieurs responsables de l'administration Bush avaient critiqué ces derniers jours les interventions de la Banque du Japon en affirmant que celles-ci ne régleraient pas les problèmes structurels de l'économie nippone. Pour les Etats-Unis, a expliqué Bergsten, une baisse du dollar va permettre de doper leurs exportations et de freiner leurs importations, réduisant l'énorme déficit des comptes courants (4 à 5% du Produit intérieur brut).