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L'EURO, C'EST LA GUERRE !

 

 

L'un des arguments les plus ridicules que radotent les europhiles est celui de l'euro, facteur de paix en Europe.

Ils croient donc que depuis cinquante ans, nous rêvons de nous battre avec les Allemands, les Espagnols, les Italiens et les Suisses sans oublier les Belges avec leur horrible franc belge…. L'unique raison des guerres avec l'Allemagne aurait été que nous n'avions pas la même monnaie….
Demain, il faut croire que nous ferons la guerre aux Anglais si nous avons l'euro et qu'ils restent avec la livre, leur monnaie évidemment aussi haineuse qu'insulaire.

L'argument se raffine avec la monnaie unique, ciment ou solvant des peuples, qui éviterait les guerres.

Il est grotesque, non seulement parce que cinq siècles de monnaies différentes ne nous ont jamais fait nous battre avec les Suisses mais surtout parce qu'il ignore les fondements de la polémologie, qui est la science des guerres, étudiées non sur le plan militaire, mais sur le plan sociologique.

Que nous dit la polémologie ? Que les guerres ont deux motifs essentiels : démographie croissante et sentiment d'injustice et d'insatisfaction collectif. Gaston Bouthoul, le créateur de la polémologie, insistait d'ailleurs avant tout sur la démographie, allant jusqu'à considérer les guerres comme des systèmes différés de régulation des naissances.
Il avait certainement raison car les guerres actuelles dans les zones à démographie moderne, donc largement inférieure à celle du début du siècle en Europe et infime par rapport à celle des pays du tiers-monde, sont relativement peu meurtrières et restent de très faible intensité. La guerre moderne est civile, elle prend les populations en otage, elle utilise largement le terrorisme, elle tend à raisonner ethnique. Elle tue très peu par rapport aux boucheries du passé. Elle appelle les morts des " dommages collatéraux ".
Le stimulus de la croissance de la population a disparu, reste à la source des guerres le sentiment d'injustice et de frustration. Liban, Israël, Irlande, Yougoslavie sont des guerres modernes.

Qu'est-ce que la monnaie unique ou commune a à voir là-dedans ?

Elle mêle le destin de peuples qui ne savent pas qu'ils ont beaucoup en commun.
Des peuples qui ne parlent pas la même langue.
Des peuples aux économies structurellement différentes.
Des peuples aux histoires et aux mythes propres.
Des peuples aux structures politiques variées.
Des peuples qui mettront encore des générations à se connaître si les antagonismes ne sont pas crispés par l'introduction de l'euro physique.

Le tout avec une classe politique banzer-démocratique qui croit que l'on " pense " pareil à Alger et à Ouistreham, qui ne sait pas où elle va passé la prochaine élection et qui invente des OPNI ( Objets politiques non identifiés) comme la " Fédération des États-nations ", stupidité qui ferait rire si elle n'avait pas été proférée par le très banzer-démocratique Chirac.

Nous aurons, un jour, demain probablement, une crise économique. Nous aurons un jour, demain peut-être, des émeutes ethniques. Nous aurons demain le rejet de l'euro.
Ces peuples différents vont ressentir un sentiment d'injustice et de frustration. Pourquoi les Allemands sont-ils si riches quand le sud de l'Italie souffre ? La réponse n'est pas la même pour les Allemands et pour le Mezzogiorno.
Pourquoi les éleveurs de porcs hollandais enlèvent-ils tous les marchés pendant que la Bretagne crève des prix trop bas ? Là encore, les réponses sont très différentes.
Séparés, autonomes, avec le sentiment de tenir leur destin en main, les peuples réagissent et se relèvent. Leur influence sur leur propre vie noyée dans un magma de fonctionnaires et de directives, ils se tournent contre un bouc émissaire. L'Allemand, le Hollandais, l'arabe, le juif, n'importe qui, n'importe quoi.

Les deux dernières unions monétaires qui sont mortes s'appelaient le dinar yougoslave et le rouble soviétique.

Demain une Tchétchénie en Belgique ? Demain l'armée européenne au maintien de l'ordre en Seine Saint Denis ?

Mettre tous ses œufs dans le même panier est le meilleur moyen de les casser.

L'euro, c'est la guerre civile demain, chez vous.


Michel Prieur
prieur@cgb.fr