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François Heilbronner , l'ancien PDG du GAN , et
son gendre sont soupçonnés par la justice d'avoir joué
un rôle dans la déconfiture d'un fonds d'investissement qu'ils
avaient créé. (AFP/ERIC FEFERBERG.)
APRES 48 HEURES de garde à vue et une audition
au pôle des juges financiers, François Heilbronner, ancien
PDG du GAN et ancien directeur adjoint du cabinet de Jacques Chirac (1975-1976
et 1986) a été mis en examen pour « escroquerie en
bande organisée avec appel public à l'épargne »
par les juges Valérie Salmeron et Isabelle Prévost-Desprez.
Son gendre, Imad Lahoud, lui aussi placé en garde à vue
pendant deux jours, a été mis en examen pour « faux
» et « complicité de faux ». François
Heilbronner a été placé sous contrôle judiciaire,
et une caution de 400 000 € lui a été réclamée,
tandis que son gendre a été placé en détention
provisoire. C'est la déconfiture d'un fonds d'investissement créé
par ces deux hommes qui leur vaut aujourd'hui d'être soupçonnés
par la justice.
Des réponses évasives En 1997, François Heilbronner
et son gendre s'associent et créent un fonds d'investissement,
le Volter Fund Limited, immatriculé aux Iles Vierges britanniques.
Ils démarchent ensuite une série de grandes banques ou de
compagnies d'assurances et leur proposent d'investir dans ce fonds, en
échange d'une intéressante rentabilité. La personnalité
de François Heilbronner aidant - il a dirigé durant huit
ans une grande compagnie d'assurances -, quelques poids lourds de la finance
comme la banque Fortis ou la compagnie d'assurances AGF participent à
l'opération. Mais lorsqu'elles commencent à demander des
explications sur la façon dont leur capital est géré,
elles obtiennent des réponses évasives ; et, au moment où
elles souhaitent récupérer leur mise, François Heilbronner
et Imad Lahoud sont dans l'impossibilité de rembourser. Au total,
42 millions de dollars se sont évaporés et quatre banques,
flouées, ont décidé, il y a deux ans de déposer
plainte et de prévenir la Commission des opérations de bourse
(COB), le gendarme des marchés financiers. Le rapport de la COB,
que le « Parisien »-« Aujourd'hui en France »
a pu se procurer, fait état de « manoeuvres frauduleuses
de nature à déterminer des investissements dans le Volter
Fund ». Ce rapport a ensuite été transmis au parquet
de Paris, et une instruction est toujours en cours.
Pas une mauvaise affaire pour tout le monde Les juges vont maintenant
chercher à savoir si les 42 millions de dollars du Volter Fund
ont disparu du fait d'une mauvaise gestion ou s'ils ont plutôt été
détournés. Quoi qu'il en soit, ce fond d'investissement
n'a pas été une mauvaise affaire pour tout le monde, puisque
HL Gestion, la société de François Heilbronner et
d'Imad Lahoud, a perçu 1,3 million d'euros d'honoraires pour la
gestion du Volter Fund. Mais les magistrats s'intéressent aussi
aux conditions dans lesquelles des banques ont choisi d'investir dans
le Volter Fund. Hier, la brigade financière a perquisitionné
durant plusieurs heures au siège parisien de la banque NSM où
étaient domiciliés les comptes du Volter Fund.
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