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Lionel Jospin se projette "après le oui" au référendum



PARIS (Reuters) - Alors que les sondages continuent de prédire la victoire du "non" lors du référendum de dimanche, Lionel Jospin propose aux Français une "démarche positive" visant à "faire bouger les politiques européennes" au lendemain du "oui" à la Constitution européenne.

"Personnellement, je ne propose pas qu'on se crispe sur le 'non' mais plutôt qu'on se batte sur le 'oui', avec le 'oui' et après le 'oui'", a déclaré sur TF1 l'ancien Premier ministre socialiste, dont c'était la deuxième intervention télévisée de campagne, à cinq jours du scrutin.

Fin avril, son appel à ne pas "prendre l'Europe en otage" avait redonné quelques couleurs au "oui" dans les enquêtes d'opinions.

Mardi soir, il a repris l'argumentation qu'il avait commencé à développer la semaine dernière à Nantes, lors de son unique meeting de campagne, selon laquelle le "non" constitue une "impasse" alors que le "oui" est un "levier".

"La démarche que je préconise, que je propose aux Français, c'est d'abord de voter le traité pour que l'Europe ne soit pas affaiblie et que la France ne soit pas isolée et puis ensuite de se concentrer justement sur l'essentiel, c'est-à-dire faire confiance à la France et à ses alliés pour peser de tout son poids, pour faire bouger les politiques européennes, parce que là sont les questions essentielles", a-t-il déclaré.

"Il faut parler croissance, il faut parler emploi, il faut mener une grande politique de recherche, il faut défendre nos intérêts commerciaux, on le voit face à la Chine, il faut jouer un rôle dans la mondialisation pour la réguler mieux", a-t-il énuméré. Un catalogue aux faux airs de programme électoral.

Dans le domaine social, sur lequel les opposants au traité constitutionnel concentrent toutes leurs critiques, Lionel Jospin a expliqué qu'à ses yeux le texte, "cadre neutre", faisait "plutôt des pas en avant".

"C'est sur ces politiques concrètes qu'il faut se battre (et) il est bien évident que si on a une majorité anti-libérale en France à partir de 2007 ce sera bien sûr plus facile de le faire", a-t-il estimé.

Le début de son intervention d'une dizaine de minutes avait été marquée par une nouvelle salve de critiques à l'égard des tenants du "non", jugés "incompatibles" voire "irréalistes".

Citant la quasi-totalité des tenants du "non", de l'extrême droite à l'extrême gauche en passant par Laurent Fabius, Lionel Jospin s'est interrogé sur les lendemains du référendum en cas de victoire des opposants au nouveau traité de Rome.

"Qu'est-ce qu'on va en faire si les Français s'exprimaient dans ce sens? On va les mélanger dans un shaker? On va l'agiter? On va demander au président de la République que l'on veut paraît-il sanctionner par ailleurs de présenter ce shaker du 'non' à nos partenaires européens sidérés?", s'est-il interrogé.

"Je pense qu'une telle attitude non seulement va isoler la France mais même va nous laisser incompris par les autres Européens", a-t-il estimé.