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Francs français: les collectionneurs fleurissent mais risquent de déchanter

 

par Monique LEROYER PARIS, 12 déc (AFP) -

La prochaine disparition du franc français suscite des vocations de collectionneurs de pièces de monnaie, alléchés par l'espoir de spéculations juteuses, mais ces nouveaux venus risquent vite de déchanter.
"Il existe deux catégories de collectionneurs : les nostalgiques, qui estiment qu'on leur retire une partie de leur identité, et ceux qui escomptent spéculer. Ces derniers risquent fort d'être déçus", explique Michel Prieur, numismate, à la Compagnie générale de bourse (KGB) à Paris. Selon lui, six milliards de pièces françaises sont en circulation actuellement. Sur cette quantité, 500.000 seulement sont qualifiées de "rares" et le passage à l'euro "ne changera rien".

Collectionneur amateur de pièces françaises depuis quelques années, Dominique Crépellier confirme : "Collectionner les francs est un phénomène qui a émergé depuis quelques mois. Or, la plupart des Français ne savent pas que la valeur des pièces varient selon les années, en fonction du nombre de monnaies frappées". A titre d'exemple, document sur les cotations des monnaies à l'appui, il cite la pièce de 1 FF (usure normale) qui, datée de 1960, vaut toujours 1 FF alors que la même pièce frappée en 1996 est estimée à... 500 FF.

"Penser que le passage à l'euro va donner de la valeur aux francs français, c'est s'imaginer que l'euro va être un échec", analyse M. Prieur. "Si l'euro est un succès, les collectionneurs commenceront à conserver les monnaies en euro et délaisseront les francs qui perdront ainsi de leur valeur." "Un objet de collection de valeur est un objet qui était déjà rare à l'époque où il a été conçu et qui l'est resté", insiste-t-il. "C'est rigoureusement pareil pour les francs" : une erreur de fabrication (coin obstrué, pièce désaxée, impression partielle...) peut lui donner une extrême valeur. Très souvent, les collectionneurs passent pour "des farfelus" rencontrant souvent l'incompréhension quand ils commencent à rassembler un ensemble d'objets, qu'il s'agisse de monnaies, de cartes de téléphone, de boîtes de camembert ou de tout autre produit, souligne M. Prieur. Pourtant, selon lui, une collection a de la valeur si elle a été constituée par des personnes qui ont aimé quelque chose "avant les autres".

Il en va ainsi de Léon Pernoud, qui a consacré vingt-cinq années de sa vie à rassembler "une fabuleuse collection de billets de banque français, l'une des plus belles et des plus complètes collections du XXe siècle". La collection de francs est une initiative que les professionnels approuvent s'il s'agit de "garder un souvenir" mais qu'ils déconseillent à ceux qui entendent investir dans un but lucratif. La déception risque d'être amère. Dominique Crépellier a, lui, décidé d'entamer une nouvelle collection : celle des pièces françaises dont la date de frappe correspond à la date de naissance de chaque membre de sa famille. Sa fille Cecilia va conserver "en souvenir" les francs français frappés en 2000 "année symbolique" et 2001 "dernière année de vie du franc".
Et pourquoi pas commencer une collection avec les "sachets premiers euros" que les Français vont pouvoir acquérir pour 100 FF à partir du 14 décembre ?

 

OK, correction faite par l'AFP vers 1700.....