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Huit dirigeants européens se rangent derrière Bush sur l'Irak


Par Jeremy Lovell


LONDRES (Reuters) - Huit dirigeants européens ont pris leurs distances avec la France et l'Allemagne sur le dossier irakien, apportant leur soutien au président américain George W. Bush.


Dans un article paru dans le Times et dans plusieurs autres journaux européens, les dirigeants de Grande-Bretagne, d'Italie, d'Espagne, du Portugal et du Danemark - pays membres de l'Union européenne - ainsi que de Pologne, de Hongrie et de République tchèque - pays candidats, lance un appel à l'unité au sein du bloc.


"La relation transatlantique ne doit pas devenir victime des tentatives persistantes actuelles du régime irakien de menacer la sécurité mondiale. Notre force repose dans l'unité", écrivent les huit dirigeants.


"Le régime irakien et ses armes de destruction massive représentent une menace évidente pour la sécurité mondiale", poursuivent-ils.


Le Premier ministre britannique Tony Blair, allié le plus proche des Etats-Unis dans la guerre contre le terrorisme déclenchée par Washington après les attentats du 11 septembre 2001, a multiplié les efforts pour convaincre le président français Jacques Chirac et le chancelier allemand Gerhard Schröder - soucieux de donner un maximum de chances à une solution pacifique - de soutenir la position américaine.


Cependant, l'idée de signer ensemble un article revient au président du gouvernement espagnol Jose Maria Aznar.


Blair a rencontré mercredi soir à Londres son homologue italien Silvio Berlusconi et il doit rendre visite jeudi à Aznar avant d'aller rencontrer Bush vendredi à Camp David pour ce que beaucoup considèrent comme un conseil de guerre avant le début d'une intervention militaire contre l'Irak


RUMSFELD SE TARGUE DU SOUTIEN DE L'EUROPE


Les huit dirigeant européens soulignent qu'il est essentiel que tous les pays de l'UE affichent leur soutien à la résolution 1441 de l'Onu qui menace l'Irak de "graves conséquences" en cas de "violation patente" des résolutions de l'Onu prévoyant le démantèlement des armes de destruction massive et sa vérification par des inspecteurs de l'Onu.


"Nous avons adressé un message clair, ferme et non équivoque selon lequel nous débarrasserons le monde du danger posé par les armes de destruction massive de Saddam Hussein. Nous devons rester unis pour exiger le désarmement de son régime", dit le texte.


Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell a annoncé qu'il présenterait mercredi prochain à l'Onu des preuves de ce que l'Irak détient toujours des armes de destruction massive.


Cependant, Gerhard Schröder a déclaré que l'Allemagne continuerait de chercher une solution pacifique au désarmement de Bagdad, même si les Etats-Unis fournissaient des preuves.


Mais les huit dirigeants font valoir que si l'Irak ne respecte pas les résolutions du Conseil de sécurité, ce dernier perdra sa crédibilité et "la paix mondiale en souffrira".


A Washington, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, qui avait affirmé la semaine dernière que la France et l'Allemagne représentaient la "vieille Europe", a souligné mercredi que les Européens n'étaient pas contre les Etats-Unis.


"Il me semble que c'est une erreur de penser que, parce qu'un ou deux pays sont contre, cela représente l'ensemble de l'Europe", a dit Rumsfeld lors d'un point de presse au Pentagone.


"En effet, plusieurs pays ont beaucoup aidé et participent aux préparatifs, à la fois dans l'hypothèse où un recours à la force est nécessaire, et aux préparatifs dans l'hypothèse d'un Irak d'après Saddam Hussein, pour ce qui est de l'assistance humanitaire et de la reconstruction".


Rumsfeld a aussi affirmé que la pression d'une possible intervention militaire pourrait déclencher en Irak un soulèvement qui renverserait Saddam Hussein.


Il a par ailleurs indiqué que des agents de renseignements irakiens pourraient avoir infiltré les inspecteurs en armement de l'Onu dans la mesure où les autorités irakiennes semblent toujours avoir une longueur d'avance sur les inspecteurs.


"Ils (les inspecteurs) ont beaucoup de mal à parler à quiconque qui n'a pas été programmé. Pour quelle raison? L'une des possibilité est certainement l'infiltration", a dit le secrétaire à la Défense sans donner d'exemple précis.