Samedi 19 avril 2003.
06 H 44.
Salut Michel,
Je suis tombé sur tes textes & je me suis dit
que les miens pourraient t'intéresser. Pour entrer en matière,
je t'envoie le suivant :
L'ABOLITION DE LARGENT EN QUELQUES MOTS
L´abolition de Largent n´a rien à voir avec tout
ce qui en a été conçu jusqu´à présent.
Retour au troc, collectivisme & répartition forcée,
système reposant sur une vague valeur morale : voilà tout
ce que le génie humain a imaginé comme alternatives ;
voilà sur quoi se fondent ceux qui rejettent l'idée d'abolir
Largent, alors qu'elle est parfaitement étrangère à
ces ridicules conceptions.
Tout d'abord, pourquoi abolir Largent ? Parce que des
Citoyens doivent être égaux en Devoirs & en Droits,
& qu'aucune égalité n'est possible sous le règne
de Largent. L´Égalité qui est le Principe fondamental
d'une Société digne de ce nom, est donc la raison pour
laquelle Largent doit être aboli, l'un & l'autre étant
incompatibles, l´Égalité seule méritant d'être
poursuivie. Il s'ensuit que l'abolition de Largent doit amener le règne
de l´Égalité entre Citoyens.
Mais, qu'est-ce que Largent ? Largent est la notion de
valeur, de valeur marchande, notion sans laquelle l'échange direct
ou indirect d'individu à individu est impossible. Largent n'est
pas la monnaie, même si ce terme sert parfois à la désigner.
Mais, si Largent n'est pas la monnaie, il n'y a cependant pas de monnaie
sans Largent, la monnaie étant une unité de mesure de
la valeur. En fait, Largent désigne tout aussi bien l'essence
du troc que le principe fondamental de la monnaie. Tant qu'un système
d'échange repose sur des unités ou la notion de valeur,
il repose sur Largent. Il est donc absurde d'opposer à l'idée
d'abolir Largent l'impossibilité de revenir au troc, de généraliser
les S.E.L, &c., puisqu´il n'est absolument pas question de
cela.
Mais alors, dira-t-on, comment échanger ? Nous venons de voir
que Largent implique un échange direct ou indirect d'individu
à individu. Cet échange est direct sous le troc, indirect
sous la monnaie puisque elle-même consiste en un troc indirect.
Or ce mode d'échange ne prend absolument pas en compte la dimension
sociale de l'individu que l'on ose néanmoins appeler " citoyen
". Pourtant il va de soi qu'un Citoyen est un individu qui participe
à la vie de la Cité & qui, en retour, jouit de tous
les Droits reconnus par la Cité à ses Citoyens. Si un
individu, en tant que Citoyen, échange, ce n'est donc pas avec
d'autres individus, mais avec la Cité : il lui offre ses services
; en échange, elle le reconnaît comme un des siens &
lui garantit tous les Droits liés à la Citoyenneté.
Le plus fondamental de ces Droits est, sans nul doute, pour un Citoyen,
de pouvoir profiter de tous les bienfaits de la Cité, dont la
plupart sont à disposition sur le marché. En d'autres
termes, c'est par le fait d'être Citoyen qu'un Citoyen à
le Droit d'accéder au marché. Il suffit alors que les
Citoyens disposent d'un moyen de prouver leur Citoyenneté aux
commerçants ( qui sont eux-mêmes Citoyens ) pour qu'ils
puissent consommer librement, c´est-à-dire se servir. Pourquoi
les Citoyens tiendraient-ils d'unités monétaires le droit
inégal de consommer, quand ce Droit, devant par définition
être égal pour tous les Citoyens, est fondamentalement
attaché à la Citoyenneté ? En somme, il suffit
que les Citoyens disposent d'une carte à puce, servant à
vérifier, non plus s'ils ont des unités monétaires,
mais s'ils sont Citoyens, pour que la monnaie & Largent soient de
fait abolis, sans pour autant que la manière d'accéder
au marché soit bouleversée.
Voilà en quelques mots en quoi consiste l´abolition
de Largent. Naturellement ceci implique des adaptations structurelles,
des modifications dans la façon de concevoir le Travail, &c.,
mais la solution est là... & nous voyons que cette solution
est dans le droit fil de l'évolution de la monnaie qui, à
force d'être manipulée par le moyen de cartes de crédits,
devient pure abstraction, tandis que le système de cartes est
appelé à s'imposer en tant que moyen d'échange
& à supplanter la monnaie elle-même.
En espérant que ce texte ne soit pas tombé
sous les yeux d'un sourd, & que nous nous entendrons,
Salut & Fraternité, Philippe
Bonjour !
Tout à fait intéressant mais je fais des bonds de kangourou
quand je lis cela : " Citoyens doivent être égaux
en Devoirs & en Droits " : inapplicable. On peut donner des
droits égaux (déjà aux frais de qui ? si ces droits
s'appellent par exemple éducation, santé, logement et
correspondent à des coûts) mais l'égalité
en devoirs reste théorique car il n'y a pas d'égalité
des capacités à la naissance. Mettre en place le système
que tu recommandes ( à propos as-tu vu http://moving-artstudio.com/leaptos/goux.html
) équivaut à fabriquer la dictature la plus infernale
qui ait jamais été conçue car ce que tu envisages
donne le contrôle total à l'autorité sur l'intégralité
des actes sociaux.
Over my dead body, comme on dit dans les westerns... Je considère
au contraire que l'argent liquide est le fondement de la liberté
individuelle en laissant à l'individu la maîtrise des choix
d'affectation des ressources qu'il a dégagé.
Bien amicalement, Michel PRIEUR
Salut Michel,
Heureux que tu m'ais répondu aussi vite. Je n'ai
pas beaucoup de temps ce matin pour te répondre moi-même.
Je voudrais cependant aborder certains points.
Je commence par ce que tu as dit en dernier, à
savoir que la monnaie permet la liberté individuelle. C'est vrai,
mais, outre le fait que tu te méprennes quand tu supposes que
l'Égalité proscrit cette liberté, tu ne vois dans
cette liberté que des avantages alors qu'elle présente
comme premier inconvénient d'être par définition
antisociale. Quelle est cette liberté sinon celle de faire ce
que l'on veut sans se soucier de son voisin ? Inversement, cela justifie
que ton voisin te laisse crever le jour où tu es dans la panade,
car pourquoi serait-il tenu de t'aider alors que rien ne vous lie ?
Paradoxalement, la monnaie est une convention sociale qui anéantit
tout société. Or, que je sache, tous les problèmes
auxquels nous avons à faire face sont des problèmes sociaux
qui, pour la plupart, ne peuvent être résolus que par la
société. Mais comment, si la société n'existe
pas, sinon en apparence ?
Tu te demandes comment donner des droits égaux
aux citoyens, mais surtout, comment les financer ? Tout d'abord, il
ne s'agit pas de les leur donner mais de les leur reconnaître
lorsqu'ils les ont mérités ; ensuite, puisqu'il est question
d'abolir Largent, il va de soi que la question du financement ne se
pose pas.
Enfin tu poses un postulat faux, à savoir que
les différences naturelles doivent se perpétuer par une
inégalité sociale. Tu ne vois donc dans les hommes que
des individus au lieu que la Cité doit voir en eux des Citoyens.
En fait, quand tu penses aux Devoirs, tu considères moins ce
que les Citoyens font en général que ce qu'ils font dans
le détail. Par exemple, le Devoir de participer à la vie
de la Cité ( pour avoir le Droit de jouir de ses bienfaits ),
tous les Citoyens le remplissent quoique chacun à sa manière.
Si tu entres dans le détail de la manière, effectivement
personne ne fait la même chose ; pourtant, ce qui importe est
qu'ils s'acquittent tous à leur façon du même Devoir.
L'égalité en Devoir est donc possible. Nous sommes d'ailleurs
aujourd'hui plus égaux en " devoirs " qu'en "
droits ".
Je termine pour aujourd'hui avec cette remarque : tu
considères que l'argent liquide est le fondement de la liberté
individuelle. Crois-tu que l'évolution va s'arrêter devant
tes considérations ? La monnaie palpable est en passe de devenir
de l'histoire ancienne, que tu le veuilles ou non ! Or, à défaut
d'adopter la Carte civique que je préconise, nous nous retrouverons
avec des cartes de crédits dont il me semble inutile de t'exposer
les dangers qu'elles représentent pour les droits individuels,
sans parler des droits fondamentaux & de l'Égalité
que la seule existence du concept de monnaie anéantit. Il faut
ajouter que l'usage exclusif de cartes de crédits fera de la
monnaie une idée à l'état pur, prête à
disparaître au moindre courant d'air. La question aujourd'hui
n'est donc pas de savoir si Largent va disparaître, mais en quoi
doit consister l'abolition de Largent, c'est-à-dire l'Égalité.
Salut & Fraternité, Philippe
PS : Ci-joint un document qui exposent les principes de
l'Égalité & ceux de la Carte civique.
POSTULATS & PRINCIPES
DE L'EGALITE & DE LA CARTE CIVIQUE
ASSOCIATION & EGALITE :
1. Des opprimés & des oppresseurs, des maîtres
& des esclaves ne constituent pas une société, une
libre association.
2. Il y a oppression dès lors que les individus d'une "
société " sont inégaux en droits.
3. Un individu ne peut proclamer seul ses Droits, les Droits que les
autres sont tenus de respecter.
4. Il n'y a de Droits qu'en société.
5. Les Droits des uns, pour être légitimes, pour qu'ils
aient un sens, doivent nécessairement être reconnus &
garantis par les autres.
6. Nul n'a à reconnaître & à garantir à
un autre des Droits que l'autre lui refuse.
7. Avoir plus de droits qu'autrui, c'est avoir des droits sur autrui,
c'est arracher à autrui des droits, c'est être son maître.
8. L'inégalité en droits est le fait de la force, sous
une forme ou sous une autre.
9. Il n'y a de Droits que dans l'Egalité ; l'Egalité entre
associés, entre Citoyens, est le Principe fondamental du DROIT.
10. Dans l'inégalité l'emploi du terme " droit "
est une bêtise, quand ce n'est pas une perfidie.
11. La société naît de l'instinct de conservation
& doit donc garantir, autant qu'elle peut, la sécurité
de tous ses membres contre tout ce qui pourrait la menacer.
12. Dans la nature, l'insécurité résulte de la
loi du plus fort ; dans la société, la sécurité
résulte, en premier lieu, du bannissement de la violence entre
ses membres qui mettent leurs forces en commun pour soutenir victorieusement
les rapports de force qui leur sont imposés.
13. La Sécurité est le premier des Droits.
14. Que la Sécurité soit un Droit implique que la Liberté
en soit un aussi, car il n'y a pas de Sécurité sans Liberté,
sous la tyrannie, dans l'inégalité.
CITE & CITOYENS, DEVOIRS & DROITS FONDAMENTAUX
:
15. Il faut distinguer les Droits fondamentaux qui résultent
de l'acte d'association & qui concernent uniquement les Citoyens,
& les droits que la Cité reconnaît à tous les
hommes par humanité.
16. La Cité est l'ensemble des Citoyens qui la composent.
17. Tous les bienfaits de la Cité sont le fait des Citoyens.
18. Tout ce que la Cité Doit à ses Citoyens, tout ce à
quoi les Citoyens ont Droit dans la Cité, les Citoyens se le
doivent mutuellement.
19. En attendant de la Cité qu'elle leur garantisse des Droits,
les Citoyens se confèrent de fait des Devoirs.
20. Etre Citoyen, c'est faire partie de la Cité, donc participer
à la vie de la Cité & jouir des mêmes Droits
que tous ses Concitoyens, c'est à dire jouir des bienfaits de
la Cité autant que tous ses Concitoyens ; c'est être l'égal
de ses Concitoyens.
21. Tous les Citoyens sont égaux en Devoirs & en Droits.
22. Les Devoirs fondamentaux du Citoyen sont : 1) de respecter les Droits
d'autrui, 2) de participer à la vie de la Cité comme celle-ci
entend qu'il participe, 3) d'être solidaire de ses Concitoyens.
23. Les Droits fondamentaux du Citoyen sont : 1) la Sécurité,
2) la Liberté, 3) l'Accès.
TRAVAIL & DROIT D'ACCES :
24. Participer à la vie de la Cité est un
Devoir civique ; le Travail est une forme particulière de participation
à la vie de la Cité, de ce Devoir.
25. Est un Travail toute activité, reconnue par la Cité,
engendrant un échange de Travail entre les Citoyens, sous forme
de biens, de services, ou autre.
26. Un Citoyen Travaille avant tout pour la Cité ; les fruits
de son Travail sont destinés à la Cité, à
l'ensemble des Citoyens, au marché.
27. Les Travailleurs remplissent le même Devoir, sont complémentaires,
sont également utiles à la Cité & méritent
de la part de la Cité les mêmes égards, les mêmes
Droits.
28. Le Travail est, pour les individus valides, de façon générale,
la porte de la Citoyenneté.
29. Un Travailleur est un Citoyen ; le seul salaire digne d'un Travailleur
est la Citoyenneté, la reconnaissance de son statut de Citoyen,
la possibilité d'exercer tous les Droits du Citoyen.
30. En tant que Devoir, Travailler génère le Droit d'accéder
au produit ou aux bienfaits de la Cité.
31. Le Droit d'Accès est égal pour tous les Citoyens,
ne porte que sur ce qui est issu du Travail & ne peut être
exercé que sur les produits présents sur le marché.
32. Les biens qu'un Citoyen retire du marché par l'exercice de
son Droit d'Accès deviennent des propriétés légitimes.
33. Tous les bienfaits de la Cité étant le fruit du Travail
& réunis sur le marché, étant donc accessibles
par le seul exercice du Droit d'Accès, tout Travailleur ou Citoyen
privé de ce Droit est privé de tout ce que la Cité
offre, de tout ce que la Cité lui doit en tant que Citoyen.
34. L'inégalité du Droit d'Accès aux bienfaits
de la Cité entre Citoyens est une atteinte fondamentale au Principe
d'Egalité ; c'est l'anéantissement de la Cité.
DROIT D'ACCES :
35. Comme la Liberté, générée
par le respect des Droits d'autrui & bornée par l'exercice
par les autres de leur propre liberté, le Droit d'Accès
est généré par le fait de Travailler ou d'être
Citoyen & est borné par le seul exercice par les autres de
ce même Droit.
36. Le Droit d'Accès n'est donc pas attaché à la
présence sur un compte d'unités de quelque nom que ce
soit, mais à la Citoyenneté qui ne se quantifie pas &
signifie la même chose pour tous les Citoyens.
37. Les limites du Droit d'Accès étant indéfinies,
le pouvoir d'achat des Citoyens est théoriquement infini &
donc est égal.
38. Tout Citoyen a le Droit de consommer autant qu'il le peut, autant
que les possibilités réelles le permettent.
ECHANGE & MOYEN D'ECHANGE :
39. Un moyen d'échange est un moyen par lequel
les Citoyens échangent indirectement leurs productions, en leur
permettant d'accéder au marché où tous les produits
sont réunis & anonymes.
40. La monnaie est un moyen d'échange ; le troc est un système
d'échange.
41. Troc & monnaie - quoique l'échange soit direct dans le
premier, & indirect dans le second - imposent aux producteurs de
considérer leur production comme étant à eux &
de l'échanger au mieux de leurs intérêts ; le Travail
n'est pas alors un Devoir envers la Cité, mais envers soi-même,
ce qui est logique dans l'état de nature, mais plus lorsque les
hommes sont sensés être en société.
42. La monnaie perpétue le principe fondamental du troc, l'échange
d'individu à individu reposant sur la valeur supposée
des objets échangés.
43. L'échange monétaire ne prend en compte la dimension
sociale ni de l'échange ni des protagonistes de l'échange.
44. En tant que Citoyen, le Travail est un Devoir envers la Cité
; ses fruits sont destinés à la Cité qui, en échange,
doit garantir au Travailleur les Droits du Citoyen, dont le Droit d'Accès
ou de consommer.
45. Le moyen d'échange logique de la Cité a pour but principaux
: d'une part de permettre aux vendeurs la vérification de la
Citoyenneté des acheteurs, d'autre part, de permettre à
la Cité de vérifier que les vendeurs Travaillent, tous
les Travailleurs étant directement ou indirectement - par le
biais de l'entreprise - des vendeurs.
CARTE CIVIQUE :
46. Tout Citoyen doit disposer d'un moyen d'accéder
au marché en prouvant sa Citoyenneté, sachant que celle-ci
résulte de l'accomplissement des Devoirs du Citoyen & n'est
donc pas nécessairement éternelle.
47. Le Droit d'Accès étant reconnu & accordé
aux Citoyens par la Cité, la Cité doit doter les Citoyens
d'un moyen sûr de prouver leur Citoyenneté en temps réel.
48. Ce moyen doit être à l'usage exclusif de celui auquel
la Cité le remet.
49. Pour satisfaire ces contraintes, un tel moyen doit reposer sur les
nouvelles technologies, & en particulier l'informatique.
50. Techniquement, la Carte civique, qui est le moyen en question, s'utilise
comme une carte de crédits.
51. La Carte civique permet de se connecter à une banque de données
informatiques contenant l'information à propos de la Citoyenneté
dont dépend fondamentalement le Droit d'Accès au marché.
52. Lorsque sa Citoyenneté est attestée par ce moyen,
le Citoyen peut faire valoir son Droit d'Accès autant qu'il le
désire & que cela lui est possible.
53. Les pouvoirs que confère la Carte civique à son propriétaire
ne sont rien moins que les Droits du Citoyen & ne peuvent être
exercés que par ledit Citoyen.
54. Que la Carte civique confère un pouvoir d'achat théoriquement
illimité, n'exclue pas que la loi, pour certains produits &
des raisons de bon sens, fixe des limites, égales pour tous les
Citoyens.
DIFFERENCES CARTE CIVIQUE / MONNAIE :
55. La Carte civique est délivrée par la
Cité ; la Cité peut donc, sans peine, assurer l'existence
dans la dignité de toutes les personnes invalides, âgées,
&c., ou exerçant des activités que le capitalisme
est incapable de reconnaître, &c.
56. Seule la Carte civique, strictement personnelle comme les Droits
eux-mêmes, permet d'accéder au marché de la Cité.
57. Les Droits d'un Citoyen sont indissolublement liés au Citoyen,
& uniformes pour tous les Citoyens.
58. Chaque Citoyen doit mériter lui-même ses Droits, sans
pouvoir dépouiller autrui des siens.
59. La Carte civique étant conférée par la Cité,
les Droits du Citoyen dépendent de l'acquittement de ses Devoirs
envers la Cité & non plus de l'arbitraire de celui qui paye
& qui a toujours intérêt à trouver des prétextes
pour payer le moins possible afin de conserver le plus de droits possible.
60. La monnaie impose une mentalité individualiste ; la Carte
civique développe l'esprit civique & la conscience des Droits.
61. La monnaie repose sur un concept d'échange ; la Carte civique
repose sur un concept de société.
62. Des unités monétaires limitent arbitrairement &
différemment le pouvoir d'achat des Citoyens ; la Carte civique,
en supprimant toute limite arbitraire, génère l'égalité
du pouvoir d'achat des Citoyens, & donc leur égalité
en Droits fondamentaux.
63. Avec la Carte civique il n'y a plus ni riches ni pauvres, ni exploiteurs
ni exploités, mais des Citoyens égaux en Droits.
64. La monnaie impose l'inégalité ; la Carte civique impose
l'Egalité.
CONSEQUENCES IMMEDIATES DE LA CARTE CIVIQUE :
65. Le Travail - ou la participation à la vie de
la Cité - étant, pour les individus valides, la seule
façon de mériter la Citoyenneté & d'obtenir
la Carte civique sans laquelle la vie est impossible dans la Cité,
Travailler, apporter à la Cité, est non seulement un Devoir,
mais un besoin.
66. La Carte civique engendre une Demande théoriquement infinie
; le chômage involontaire est dès lors impossible.
67. Avec la Carte civique, la Cité ne connaît plus aucun
problème de financement & peut entreprendre tout ce pour
quoi il est des Travailleurs disponibles.
68. Toute l'énergie de la Cité & des Citoyens peut
être consacrée à des choses utiles au lieu d'être
perdue à résoudre des problèmes financiers insolubles.
69. La Carte civique n'étant plus un butin potentiel, le vol
& les voleurs, sous toutes leurs formes, perdent leurs moyens &
leur raison d'être.
70. Les Citoyens, ainsi que les collectivités ( communes, entreprises,
association, Cité, &c. ), étant affranchis vis-à-vis
de l'Etat de toute dépendance financière, ayant la loi
comme seul lien, sont aussi libres qu'il est possible de l'être
en société.
71. Les Citoyens ayant un égal pouvoir sur la production, acquièrent
un poids politique inégalé.
72. Le Travail étant un Devoir envers la Cité, la Cité
qui accorde la Carte civique, doit nécessairement, dans l'intérêt
général, exiger des entreprises des résultats dont
dépendra la validité des Cartes de ses employés.
73. Un moyen d'échange, en l'occurrence la Carte civique, suppose
que le marché - c'est à dire les Citoyens en tant que
consommateurs - soit, en fin de compte, seul juge de l'intérêt
d'une production ou d'une activité ; l'objectif réel des
entreprises, au-delà des résultats que la Cité
attend d'elles pour pouvoir reconnaître qu'elles ont mérité
de la Cité, est donc de satisfaire les Citoyens.
74. Les Droits des Travailleurs ne dépendant plus de l'entreprise
pour laquelle ils Travaillent, mais de la Cité dans laquelle
ils vivent, & les Travailleurs étant collectivement responsables
envers la Cité des résultats de leur entreprise, une forme
d'autogestion s'installe.
75. Les Travailleurs n'étant plus exploités, c'est à
dire frustrés de leurs Droits de Citoyens, le Travail est perçu
différemment, comme un service mutuel.
76. Tous les Citoyens ayant potentiellement accès à tous
les biens, la propriété perd son prestige, son sous-entendu
social ; les biens sont désirés pour eux-mêmes &
non plus pour épater la galerie.
77. Les Principes étant dans les faits, les Citoyens ont pleinement
conscience de leurs Droits, sont prêts à les défendre
& sont donc assurés de les conserver.
78. L'abolition d'un moyen d'échange exigeant une mobilisation
générale des Citoyens qui ne se mobilisent jamais que
pour plus de justice, la Carte civique est plus à l'abri de la
contestation que la monnaie ; l'Egalité est donc inaltérable
& les hommes n'ont d'autre choix que de s'adapter à ce nouveau
paramètre.
79. Les hommes ne tournent plus autour de Largent ; la Cité tourne
autour de l'Homme.
80. Les tensions sociales s'apaisent ; les hommes s'assagissent.
Dimanche 20 avril 2003.
07 H 46.
Bonjour,
Plutôt que de répondre point par point, une simple question
: qui va faire respecter l'égalité et sur quels critères
? C'est le vice profond de toutes ces théories qui mettent en
avant une égalité qui se confond très rapidement
avec une identité modèle fourmi : la puissance régulatrice.
Quand on reprend Rousseau, on tombe exactement sur même hic :
il parle de "peuple souverain", de "sages régulateurs"...
mais Hitler prétendait aussi parler au nom du "Peuple allemand"
et n'être que l'interprète de ses volontés... L'égalité
telle que je la vois est avant tout une égalité de devoirs.
Et seuls les devoirs assumés créent des droits. Exemple
pratique, le droit au logement. Celui qui n'a pas pu, su ou voulu assumer
le devoir de payer les maçons, le plâtre et les briques
n'a pas acquis de droit à se loger. L'argent à ce niveau
n'intervient plus que comme mode d'évaluation du devoir assumé.
Il n'est plus la pièce centrale. La pièce centrale est
le choix individuel d'assumer tel ou tel devoir par priorité
pour acquérir tel ou tel droit qui en découle. J'ai vu
au Liban des gens qui vivaient dans des gourbis mais dont les gosses
allaient dans des écoles privées. Leur choix, leur liberté,
comment faire rentrer l'égalité de tous dans ce type de
comportements ?
Bien amicalement, Michel PRIEUR
Salut Michel,
Je n'arrive pas à comprendre comment en posant
a priori les mêmes postulats que moi, tu n'arrives pas, du moins
pour le moment, à entendre ce que je te dis. Ai-je jamais dit
que les Droits ne seraient pas le fruit de Devoirs ? Bien sûr
que non puisque je pars du Principe que l'égalité en Droits
& la conséquence de l'égalité des Citoyens
en Devoirs. Comme je te l'ai dit précédemment, les Citoyens
sont complémentaires. Ils remplissent le même Devoir quoique
de façon différente, d'où leur logique égalité
en Droits. Il va de soi que la Cité s'assure que chacun ait effectivement
rempli ses Devoirs.
Quelles que soient les vertus que tu attribues à la monnaie,
tu me sembles oublier que l'égalité en Droits est impossible
avec. Tu dis qu'elle doit servir à évaluer le Devoir effectué,
c'est-à-dire la valeur du travail accompli. Je te retourne donc
la question : qui détermine cette valeur ? cette valeur est-elle
juste ? Pour ma part, il n'y a pas de sous-métiers, mais crois-tu
que les droits ne soient pas en proportion du salaire & que, moins
on est payé, moins on a effectivement de droits dans le système
monétaire ? Diras-tu qu'un manuvre qui s'échine
toute la journée doit avoir moins de droits qu'un bureaucrate,
sous prétexte qu'il travaille avec ses bras & non avec sa
tête ? Je dis non, car chacun a besoin de l'autre. Or on peut
faire le même constat à partir de tous les travailleurs,
& même de tous les Citoyens, car même si tous ne travaillent
pas, tous participent à la vie de la Cité. Crois-tu qu'une
mère qui élève ses enfants doive avoir moins de
droit qu'un père qui rapporte le beefsteak ? Non sans doute !
Mais qui tient compte de toutes ces activités annexes & pourtant
primordiales dans la Cité ? Le capitalisme peut-il se permettre
de les rémunérer ? En fait, Largent oblige à nier
tous les Principes de l'ordre social.
Fais attention ! sans t'en rendre compte, tu m'opposes les arguments
qui servent précisément à justifier le capitalisme
dont tu ne me sembles pas partisan. Or comment sortir du capitalisme
& résoudre son cortège de fléaux si l'on raisonne
comme un capitaliste ? il n'y pas d'autre alternative à Largent
& l'inégalité que l'Égalité & la
Carte civique
& je dis bien Largent, & non pas seulement
la monnaie.
Tu me demandes qui va faire respecter l'égalité &
sur quels critères. Il me semblait pourtant être assez
clair ! De même que la monnaie est la clé de voûte
de l'inégalité, la Carte civique sera celle de l'Égalité.
Quand un Citoyen désirera quelque chose, ce sera par le fait
même d'être Citoyen qu'il accèdera au marché,
de sorte que son pouvoir d'achat n'étant pas limité par
des unités, il sera théoriquement illimité. Or
l'infini étant toujours égal à l'infini, de fait
tous les Citoyens seront égaux en Droits. Nul ne définira
l'étendue du droit d'accès, il sera fatalement égal
pour tous les Citoyens.
Comprends que je sois obligé de passer nombre de détails
; je ne peux pas t'écrire un bouquin à chaque fois. En
te parlant de la Carte civique, je te révèle le cur
du système. Tout en découle. A partir de là, tu
peux trouver toi-même toutes les réponses aux questions
que tu me poses, à condition bien sûr d'y réfléchir
deux minutes. Mais voici cependant un point essentiel : il ne peut pas
y avoir d'égalité en Devoirs dans l'inégalité
en Droits. Je veux dire qu'il n'y a aucune raison que les individus
se contraignent ou soient contraints de s'acquitter des mêmes
Devoirs si au final ils ne jouissent pas des mêmes Droits. Or
c'est ce qui est aujourd'hui. Maintenant, imagine que tous les Citoyens
soient de fait égaux en Droits : ne crois-tu pas qu'il s'exercera
une pression pour que chacun s'acquitte des Devoirs qui seront sensés
être les siens ? Qui aura encore l'excuse d'être mal payé
pour tirer au flanc ? Sera-ce l'opprimer que d'exiger de lui qu'il mérite
ce dont il jouira ?
En un mot, l'Égalité & la Carte civique génèreront
une force des choses différente de celle qui régit le
monde capitaliste & qui trouve sa source dans Largent & la monnaie.
Une fois que l'on a compris cela, que l'on a reconnu que l'Égalité
est le Principe fondamental d'une société & qu'il
n'y a pas de justice dans l'inégalité, il ne reste plus
qu'à imaginer comment les choses seront obligées de s'organiser
sous la pression non pas des hommes mais de cette nouvelle force.
Au plaisir de t'apporter de nouvelles précisions,
Salut & fraternité, Philippe
16 H 10.
Bonjour !
Tu n'as pas répondu à l'une des deux questions sauf de
manière très "Rousseau" : " Qui assure
et contrôle l'égalité et sur quels critères
? " Tu précises " Il va de soi que la Cité s'assure
que chacun ait effectivement rempli ses Devoirs." Mais c'est là
que le bat blesse ! Qui parle et décide pour la Cité et
de quel Droit ? Choisi par qui et contrôlé comment ? En
clair, comment éviter Pol Pot ? Nous ne partons pas exactement
des mêmes présupposés. Je vois les Droits comme
"récompense" de Devoirs accomplis alors que tu sembles
les juxtaposer. Pas de devoir assumé, pas de droit. Donc retour
à l'argent car choix de l'individu des devoirs qu'il souhaite
remplir pour disposer de tel ou tel droits. Comment le répartir
sinon par l'affection du produit du travail, et pour un choix individuel,
comment matérialiser ce produit sinon par l'argent ?
Pour moi non plus il n'y a pas de sous-métiers ne serait-ce que
dans le sens où celui qui fait ""un sous-métier"
évite à quelqu'un d'autre de le faire. Mais cela ne signifie
pas une nécessaire égalité des revenus et nous
retournons au problème que j'avais soulevé dès
le début à savoir l'inégalité à la
naissance. Ce que peut faire quelqu'un n'est pas forcément ce
qu'il voudra faire. Nous connaissons tous des gens surdoués qui
sont d'une fainéantise écurante. Comment stimuler
sinon par une différence de revenu. Et qui le contrôle
s'il n'existe pas un marché, de quel droit et en vertu de quels
critères ?
On ne choisit pas toujours de gaîté de cur les systèmes
auxquels on adhère faute de mieux. La Démocratie, par
exemple, m'apparaît comme une vaste foutaise mais je n'ai pas
encore trouvé moins pire.. Le Capitalisme m'apparaît comme
un tueur de peuples, de vies et d'identités mais il fait moins
de dégâts que la planification étatique sans parler
du déjà cité Pol Pot. Celui-ci est loin d'être
inintéressant dans ce débat car il est le seul à
l'époque moderne a avoir supprimé radicalement l'argent.
Qui contrôle ? Qui juge ? Qui sanctionne ? Là est toujours
la question.
Bien amicalement, Michel PRIEUR
Salut Michel,
Avant d'essayer de te répondre en détail,
juste une remarque : tu oublies que la monnaie n'est pas un fait individuel,
mais un fait collectif. Tu dis pas de Devoirs assumés, pas de
Droits, donc retour à l'argent. Or si le système n'est
pas monétaire, il n'y a pas moyen de revenir à la monnaie,
donc en réalité, il n'y a pas moyen d'échapper
aux Devoirs qu'impose la Cité. Il ne faut pas pour autant croire
que parce que la Cité, c'est-à-dire, l'ensemble des Citoyens,
impose des Devoirs, c'est-à-dire que les Citoyens s'imposent
à eux-mêmes des Devoirs, c'est Devoirs soient démentiels
! pas du tout. Les Devoirs que la Cité exige des Citoyens envers
elle sont ce que chaque individu fait naturellement pour lui hors de
la société, c'est-à-dire dans l'état de
Nature.
Si donc le système t'assure une égalité de Droits
par rapport à tes Concitoyens, égalité qui ne peut
passer par la monnaie, tu ne peux, en tant qu'individu, faire partie
de ce système sans être l'égal de tes Concitoyens,
ce qui ne veut pas dire que tu ne puisses renoncer à en faire
partie. Mais objectivement, qui préfèrera gratter la terre
& récolter le ridicule fruit de ses faibles moyens au lieu
de fournir autant sinon moins d'efforts dans la société
pour infiniment plus d'avantages ?
[ Rajout : Remarque par ailleurs que tu parles volontiers
de droits. Or il n'y a pas de droit sans société. Car
qu'est-ce qu'un droit sinon une convention ? Un droit est par nature
une liberté qui t'es reconnue & garantie, mais reconnue &
garantie par qui ? Lorsque tu es seul, tu te débrouille pour
survivre. Personne ne te reconnaît le moindre droit. Le plus fort
règne en maître. Mais en société, pour les
autres te garantiraient-ils un droit dont ils ne jouissent pas eux-mêmes,
& vice versa ? Si donc il n'y a pas d'égalité en Droits,
c'est qu'en fait il n'y a ni droits ni société. La conception
des droits individualistes ou individualisés est une vue de l'esprit
& une fumisterie! ]
J'en viens maintenant aux points que tu soulèves.
Mais tout d'abord tu oublies une chose fondamentale : la Carte civique
n'est pas de la monnaie mais est un moyen d'échange, un moyen
d'accéder au marché, comme le permettent les cartes de
crédits. Or, par définition, un moyen d'échange
exclu la répartition étatique de la production
donc
pas de contrôle à ce niveau-là.
Tu négliges ensuite un paramètre essentiel
: l'Égalité. Dans l'inégalité en droits,
l'État, les lois, toutes les institutions, &c., sont au service
des puissants, c'est-à-dire de ceux qui disposent du plus de
droits & qui ont le moyen de faire pression sur tout le reste. Que
peut-il en être dans l'égalité, c'est-à-dire
lorsque tous les Citoyens ont le même poids politique car tous
ont les mêmes Droits économiques ? Comment les lois, qui
que ce soit qui les fasse, pourraient-elles avantager tel ou tel aux
dépens de tel autre, alors qu'elles s'appliquent également
à tous. Les lois doivent donc satisfaire les intérêts
de chacun. Dans tous les cas, elles pèsent également sur
tous.
Maintenant tu as à la fois raison & tort quand
tu dis que la Démocratie t'apparaît comme une vaste foutaise,
car ce que nous avons sous les yeux est effectivement une foutaise mais
n'est pas de la Démocratie. Je viens de t'en donner les raisons
: dans l'inégalité tout est tourné en faveur des
puissants & non du peuple, c'est-à-dire de l'ensemble des
Citoyens. Car il ne faut pas non plus se méprendre. Bien que
l'on utilise les termes, aujourd'hui il n'y a pas plus de Citoyens que
de Démocratie. Il ne suffit pas que les individus aient un droit
de vote bidon pour que la Démocratie règne, alors que
les droits sont inégalement répartis. Nous espérons
de la " démocratie " qu'elle assurera à tous
les mêmes droits, ce qui est une utopie dans un système
inégalitaire par nature. En fait, il n'y a que l'Égalité
qui puisse garantir la Démocratie. La Démocratie n'est
pas un état dans lequel les Citoyens espèrent jouir un
jour de leurs Droits mais dans lequel ils en jouissent effectivement
& sans possibilité aucune de pouvoir les leurs ravir ( ce
qui ne veut pas pour autant dire que ces Droits ne se méritent
pas ).
Enfin, pour répondre à ta pressante question
: qui contrôle ? Le système politique pourrait être
celui que nous connaissons : Parlement ( élu ), Gouvernement
( choisi par le Président ), Président ( élu ).
Mais la " démocratie " représentative est une
négation de la souveraineté du peuple. On voit bien que
les élus une fois en place se cognent de la volonté du
peuple dont ils usurpent la souveraineté ! J'imagine donc, &
cela sera aussi logique dans l'Égalité que ça n'aurait
aucun sens dans l'inégalité, une sorte de jury national
composé de Citoyens tirés au sort & régulièrement
renouvelé. J'appelle ce jury Tribunal de l'Opinion Publique.
Ce T.O.P. serait le seul & unique contre-pouvoir ( au niveau national
j'entends ). Sa fonction première serait d'adopter ou rejeter
les lois proposées par le Parlement. Il pourrait également
s'opposer, dans certaines conditions, à la politique du Gouvernement.
Je précise que les décisions du T.O.P. seraient prises
à une majorité des deux tiers.
Déjà tu peux voir que les lois ne pourraient être
contraires aux intérêts du peuple parce qu'elles seraient
en grande partie son ouvrage. Sans doute conviendras-tu que ce système
sera plus démocratique que jamais.
Sur le plan économique, il y aura effectivement besoin d'organismes
de régulation & de contrôle, mais rien de ce à
quoi tu t'attends.
Un Citoyen doit participer à la vie de la Cité. Mais s'il
est libre, dans la mesure de ses propres possibilités, de choisir
la façon dont il veut participer, ce n'est pas lui qui déclare
qu'il participe, mais la Cité qui, à la vue de ce qu'il
fait, reconnaît qu'il a effectivement participé. C'est
donc à la Cité de déterminer ce qu'elle considère
comme une participation. En un mot, chaque Citoyen, en fonction de ce
qu'il fait, à des résultats minimum à atteindre
( ce qui ne veut pas dire que ces résultats soient faibles ).
Ceci est aussi vrai pour les travailleurs indépendants que pour
les entreprises. Il faut donc que la Cité instaure des organismes
qui, d'un commun accord avec les entreprises & conformément
à la loi, érigent les conventions de chaque entreprise,
c'est-à-dire lui fixent les résultats minimum de vente
qu'elle doit absolument atteindre sous peine de sanctions. Il y aura
bien sûr des commissions pour chaque domaine d'activité.
Je me suis longtemps demandé comment composer ces commissions.
Je pense avoir trouvé une réponse. Tout d'abord, elles
siègeront au niveau préfectoral & sous-préfectoral.
Elles seront ou pourraient être présidées par une
personne nommée par un ministre. Mais la commission sera en elle-même
composée de Citoyens tirés au sort, c'est-à-dire
par un jury populaire, puisque les conventions seront établies
au nom du peuple.
Je redis que les résultats que les entreprises
devront atteindre seront des résultats en terme de vente &
non de production. Que se passera-t-il alors ? Une fois qu'une entreprise
saura quel résultat elle doit atteindre pour une période
donnée, ce sera à elle de jouer, de tout faire pour l'atteindre.
Remarque que les entreprises auront un pouvoir d'achat indéterminé
ce qui correspondrait aujourd'hui à un budget illimité.
Si donc une entreprise n'atteint pas ses résultats, ce ne sera
pas faute de moyens mais faute de volonté. Devra-t-elle pour
autant se contenter d'atteindre ses résultats ? Pense que les
Citoyens auront un pouvoir d'achat indéfini & qu'ils achèteront
donc ce qu'il y aura de mieux. Pour avoir ou conserver ses clients,
une entreprise devra donc les attirer, par quoi sinon par la qualité
de ses produits ou de ses services ? Par ailleurs, les entreprises n'auront
pas le droit de refuser de vendre. Elles devront donc satisfaire tous
leurs clients. Or une entreprise qui se la coulera douce, risquera de
voir une entreprise concurrente lui piquer ses clients & donc de
ne pas atteindre ses résultats. Je te laisse imaginer le dynamisme
économique de ce système.
Ceci dit, il faudra aussi contrôler les résultats atteints
par les entreprises qui seront généralement des résultats
de vente. Or pour acheter ou consommer, les Citoyens utiliseront une
Carte. Tout se fera par informatique. Faut-il beaucoup d'explications
pour comprendre avec quelle facilité le contrôle de l'activité
des entreprises s'effectuera ?
Voilà, je n'ai pas le temps de t'en dire plus
& je ne pourrais pas te répondre avant demain matin.
Salut & Fraternité, Philippe
Lundi 21 avril 2003.
07 H 40
Bonjour ,
Ta confiance en la Nature humaine me fascine. Un système
tel que tu le décris débouchera en quelques mois au plus
en une dictature absolue d'un petit groupe qui aura trusté le
contrôle de la "Cité" et de l'"Opinion publique".
Pour que ton système fonctionne, il faudrait que les individus
qui le composent soient totalement conscients et impliqués, fonctionnant
en Démocratie directe comme à Athènes au Ve siècle
avant JC : un rêve... C'est la Fin de l'Histoire. Nous en sommes
au début. Connais-tu "La Ferme des animaux" d'Orwell
?. C'est là que l'on trouve le fameux " Tout les animaux
sont égaux mais il y en a qui le sont plus que d'autres."
Il répond à la question que je te pose depuis le début
: qui contrôle, nommé en fonction de quoi, sanctionnant
selon quels critères et ne parle pas d'un contrôle par
"l'Opinion Publique" : l'opinion publique ce sont les spectateurs
de TF1. Tu as envie d'être contrôlé dans tes moindres
activités par les gens qui regardent TF1 ?
Bien amicalement, Michel PRIEUR
Salut Michel,
Mais qu'est-ce que tu racontes ! C'est à croire que tu n'as rien
lu de ce que j'ai écrit ! Tout d'abord je me défie sans
doute autant que toi des hommes que j'ai sous les yeux. Je sais qu'ils
n'agissent que par intérêt. Toute la question est donc
de savoir quel est leur intérêt dans un contexte donné.
Or, à propos d'hommes vivants sous l'Égalité, tu
raisonnes avec des hommes n'ayant jamais connu que l'inégalité
!
Ensuite tu me poses une question à laquelle je t'ai répondu
dix fois. Mais tu n'entends pas la réponse que je te donne parce
que tu veux à toute force que le contrôle soit détenu
par quelqu'un ! Pourquoi crois-tu que je dénonce Largent &
seulement lui ? Parce qu'il n'y a besoin de rien d'autre pour maintenir
un ordre des choses inégalitaire, oppressif & tyrannique
! Tu vois bien que les hommes politiques peuvent renforcer l'inégalité
en se faisant tyran, mais qu'ils ne peuvent en rien instaurer l'Égalité
dans un système monétaire malgré tout la volonté
du monde ! Or ce que fait Largent ou la monnaie dans le sens de l'inégalité
& de l'injustice, la Carte civique le fera dans le sens de l'Égalité
& donc de la Justice. Alors, au fond, peu importera qui décidera
quoi
aucune décision humaine ne pourra anéantir
l'Égalité. D'où une nouvelle force des choses,
les hommes étant obligés de raisonner en fonction de l'Égalité
comme nous nous adaptons à l'inégalité. Ils n'auront
pas même à défendre ce qu'il nous est impossible
de conquérir !
Tu parles de dictature
j'aimerais bien savoir comment des Citoyens
égaux en Droits pourraient plier sous une dictature ! Je ne te
parle pas d'un système prétendant apporter aux Citoyens
l'Égalité, mais d'une Cité où les Citoyens,
par la Carte civique, serait réellement égaux ! Réfléchis
aux systèmes auxquels tu fais référence, tu verras
que l'inégalité en est la base avant même qu'un
tyran en soit le sommet. [ Rajout : Ne remarques-tu pas par ailleurs
que je n'ai de haine envers rien ni personne, si ce n'est envers Largent
en lui-même. Or une dictature n'a de sens que s'il s'agit de proscrire
les riches ou de contenir les pauvres. A quoi bon si, du fait de la
Carte civique, il n'y a plus ni riches ni pauvres. La Terreur est une
politique de classe qui n'a aucune raison d'être lorsque tous
les Citoyens forment une seule classe. ]
Tu redoutes la surveillance des spectateurs de TF1
mais où
as-tu vu, où ai-je écrit, que toute ta vie serait sous
surveillance en général & sous la leur en particulier
? Remarque par ailleurs que, si tu ne fais pas confiance au peuple,
tu rejettes la démocratie & prônes une forme de dictature,
que ce soit celle d'un individu, de plusieurs ou d'une caste ! Ainsi,
tu es prompt à critiquer ce que je te dis après l'avoir
complètement déformé ou ignoré, mais tu
ne vois pas que ce que tu reproches " à mon système
" est précisément ce que tes arguments produiraient.
J'en arrive donc à me demander ce que proposes-tu de ton côté
? Car d'après ce que tu dis tu n'es ni contre Largent ni pour
l'Égalité ! Voudrais-tu donc que les choses changent sans
rien y changer d'essentiel !
Salut & Fraternité, Philippe
14 H 30.
Je t'ai bien lu et je ne crois pas une seconde à
la possibilité de mettre en pratique tes constructions théoriques
sans un régime policier comme on en a rarement vu sur cette planète.
Je ne crois pas une seconde qu'il soit possible de supprimer l'argent
simplement parce que rarissimes sont les gens qui le souhaitent : tu
es la seul personne qui ai jamais soulevé l'idée sérieusement
depuis Le Che et Pol Pot.
Je ne vois pas l'intérêt de discuter des constructions
théoriques qui sont tout à fait bien organisées
mais omettent la réalité des réactions humaines.
Je crois effectivement que l'argent fait partie d'un mode de pensée
et qu'il serait possible de s'en abstraire : beaucoup de groupes humains
l'ont fait, des communes primitives aux groupes monastiques. Mais ton
erreur vient d'une volonté de généralisation à
toute une population, mille, deux mille, dix mille ans peut-être
avant que cette population soit mentalement prête à faire
ce saut.
Pour moi la vraie Démocratie commence par entendre ce que les
gens (et non pas le Peuple, construction mythique) demandent. Il existe
des dizaines de moyens de diminuer l'importance de l'argent ne serait-ce
d'abord que par les bons de travail non cumulables. Tu connais les expériences
des SELS ? Quand elles se généraliseront, je commencerais
à penser que nous pouvons réfléchir à passer
à une civilisation démonétarisée. D'ici-là,
je ne pense pas que ce soi possible. Peut-être que la différence
essentielle entre nous est que je privilégie la Liberté
contre tout et toi l'Egalité.
Une question pratique : m'as-tu écrit à propos de argent.fr
? Je mets en ligne les contributions reçues sur argent.fr, sans
commentaires à http://www.argent.fr/retours.htm . Usuellement,
je ne mets jamais l'e-mail de l'auteur, pour des raisons de discrétions,
mais je peux rajouter le tien si tu le souhaites et mettre en ligne
le texte de synthèse que tu m'enverras. Je suis sûr que
les réactions, ou les non-réactions, seront intéressantes.
Bien amicalement, Michel PRIEUR
Salut Michel,
D'accord, tu m'as lu mais tu ne m'as pas entendu. Car
m'expliqueras-tu à quoi servirait un système policier
? Il va de soi que ce système ne pourra ni ne devra être
instauré sans le peuple. Or si ce point diminue la nécessité
d'une forte présence policière, le fait que le système
repose intégralement sur la Carte civique la rend complètement
inutile pour les mêmes raisons que le capitalisme existe tant
que la monnaie est debout & qu'il n'a pas besoin pour être
d'un renfort policier.
Largent fait partie d'un mode de pensée
parce que la monnaie fait partie de notre monde tout court & que
nous ne pouvons en faire abstraction. Il en serait de même avec
la Carte civique & l'Égalité. Les hommes ne seront
jamais réellement prêts à abolir Largent mais ils
s'y résoudront le jour où ils n'auront pas le choix, lorsque
le capitalisme se sera effondré, lui qui engendre tant des problèmes
sans pouvoir en résoudre aucun. En revanche, aussitôt la
Carte civique en vigueur & l'Égalité en pratique ils
n'auront pas même besoin de réfléchir comment les
choses fonctionneront
ils raisonneront naturellement en fonction
de l'Égalité.
Tu ne conçois possible l'abolition de Largent
que le jour où les SEL se généraliseront. Or SEL
= Système d'Échange Local. Non seulement les SEL ne peuvent
par définition se généraliser, mais ils reposent
toujours sur Largent, c'est-à-dire la notion de valeur. S'ils
se généralisaient, les SEL ne tarderaient pas à
devenir des systèmes monétaires. Si donc tu penses nécessaire
l'abolition de Largent, pourquoi attendre la Saint Glinglin ?
Non ! je ne suis pas la seule personne à vouloir
ou avoir voulu abolir Largent. Mais je suis sans doute effectivement
le premier à concevoir Largent tel que je l'expose & à
vouloir l'abolir de fait en remplaçant la monnaie par une Carte
civique. Outre les nombreux projets ridicules qui prétendaient
mais qui, au fond, n'abolissaient pas Largent, j'ai trouvé sur
Internet d'autres sites qui, sans proposer tout à fait les mêmes
conceptions que moi, n'en sont pas très loin.
Tu parles de la réalité des humains
& moi j'attire ton attention sur la réalité tout court
! A quoi conduira l'usage exclusif de cartes de crédits sinon
vers un totalitarisme ? Combien de temps survivra le capitalisme alors
que sa base, la monnaie, est en train de se fragiliser à force
de se désincarner ? Dans ces conditions, l'abolition de Largent
est-elle impensable & souhaitable ?
Enfin, tu dis que je privilégie l'Égalité
à la Liberté. Il est vrai que des Citoyens égaux
en Droits, libres d'accéder à tout & donc de faire
quasiment ce qu'ils voudront sera les priver de liberté ! De
ton côté, tu parles de liberté, mais tu oublies
que pas d'argent = pas de liberté ! Prends des exemples de choses
à faire & tu verras que les individus seront bien plus libres
de les accomplir dans la Cité que sous le capitalisme. Du moins,
si tu en doutes, si tu ne vois pas comment, attends avant de fixer ton
opinion que je t'ai répondu !
Au lieu donc de balayer d'un revers de main mes explications,
j'espère si tu me réponds que tu contrediras point par
point chacune de mes répliques, preuve d'une part que tu en tiens
compte, seul moyen d'autre part pour que tu saisisses les subtilités
du " Civisme " & les réalités de la Cité.
Salut & Fraternité, Philippe
PS : Je ne t'avais pas écris pour que tu mettes
en ligne un texte de moi. J'ai cru que tous les textes étaient
de toi & que tu serais une personne capable de m'entendre. Maintenant,
pourquoi pas ! Laisse-moi le temps de réfléchir &
je t'enverrai un texte à publier.
16 H 00.
Pourquoi un système policier ? Tu y as répondu
toi-même " Les hommes ne seront jamais réellement
prêts à abolir Largent mais ils s'y résoudront le
jour où ils n'auront pas le choix ". Comment faire qu'ils
n'aient plus le choix ? Simple, avec un système policier. Il
n'y a pas d'autre méthode. Cela fait des millénaires que
nous avons des philosophes, des saints, des sages et des savants qui
prêchent, écrivent, exhortent à, pour faire simple,
"rejeter Satan, ses pompes et ses uvres", en clair à
rejeter le Mal. Résultat ? Changement nul. Tu lis des textes
sur la corruption de Rome et le journal du jour, suffit de changer les
noms. Tu veux lire un bon texte sur l'impérialisme ? Tu as le
choix entre Bush et César : méthodes, mobiles, motifs,
organisation, identiques à la virgule près. OK, César
voulait ce qui était La richesse suprême en son temps,
la terre, Bush veut l'équivalent actuel, le pétrole. OK,
sur le plan humain, César était un génie, Bush
est un pantin.
A quoi ont servi les philosophes, les saints et les prêcheurs
? A diminuer légèrement le taux de barbarie. Encore quelques
dizaines de milliers d'années, nous serons peut-être à
peu près civilisés. Et alors nous n'utiliserons probablement
plus l'argent. D'ici là, tu seras obligé de forcer les
gens à la schlague et là, ça ne marche plus. Parce
qu'ils ne sont pas d'accord, même quand ils ont tort.
Autre illusion qui sent son Jean-Jacques "ils raisonneront naturellement
en fonction de l´Égalité". Non ! Ce n'est pas
vrai : ils raisonneront en fonction de leur intérêt immédiat
qui sera tout sauf une idée aussi abstraite et aussi difficile
à appliquer dans la vie réelle que l'Egalité. Regarde
l'Histoire : combien de gens ont cru que la Logique, le Raisonnement,
le Beau, le Juste et le Bon s'imposaient d'eux-mêmes. Des milliers.
Que s'est-il passé ? Rien. Lis ton journal, dis-moi où
tu trouves la logique, le raisonnement, le Beau, le Juste ? Dans les
vux pieux. Je préfère essayer de trouver des stratégies
de transition, applicables ici et maintenant, aux hommes tels qu'ils
sont, pour diminuer l'inacceptable et l'intolérable. N'oublie
jamais que la meilleure méthode pour soigner le rhume, la seule
100% immédiate et efficace, c'est de couper la tête du
malade. C'est un peu ce à quoi s'apparente ta théorie....
Elle me rappelle aussi l'algarade que j'ai eu avec un client, le genre
gentil, friqué, haut fonctionnaire de bonne famille, propre sur
lui et lecteur du Nouvel Obs. C'était la période où
le zeuro arrivait et nous nous mettons à en parler - je fais
remarquer que le refus d'un référendum sur le sujet laisse
rêveur quand à l'idée que le gouvernement se fait
de la démocratie et de l'article 1 de la Constitution. Réponse
"Le Peuple, Monsieur, il faut lui botter le cul pour faire son
bonheur !". Je lui ai répondu "Ne vous inquiétez
pas, ça sera réciproque" et je ne l'ai jamais revu.
J'ai passé trois heures à faire http://www.argent.fr/rachelcorrieindex.html
pour rappeler que nous vivons dans un monde où certains s'arrogent
le droit d'écraser un être humain comme une punaise au
nom de leur propre vision de la justice du droit et de la vérité.
Et tu viens essayer de me convaincre de contribuer à mettre en
place un système qui ne peut fonctionner que par la contrainte
? Etudie l'expérience des SELS : http://asso.francenet.fr/sel/
. Le jour où ces systèmes s'étendront réellement,
j'en serai le premier adepte. D'ici là, il faudra contraindre.
Bien amicalement, Michel PRIEUR
Salut Michel,
Je vois que tu n'as toujours répondu à
aucune des questions que je t'ai posées & que tu déformes
encore tout ce que je t'ai dit. Mais cette fois, je vais faire simple.
Je reviens donc à cette question de contrainte puisqu'elle t'obsède.
Je n'ai jamais dit qu'il faudrait contraindre les hommes à abolir
Largent, passer outre leur volonté. Tu me fais dire : "
Les hommes ne seront jamais réellement prêts à abolir
Largent mais ils s'y résoudront le jour où ils n'auront
pas le choix ". Tu en conclues donc que je veux les y amener à
coups de triques. Or combien ton procédé n'apparaît-il
pas petit quand on sait que ma phrase exacte était : " Les
hommes ne seront jamais réellement prêts à abolir
Largent mais ils s'y résoudront le jour où ils n'auront
pas le choix, lorsque le capitalisme se sera effondré ",
c'est-à-dire que seul le contexte & non d'autres hommes pourra
les y contraindre. Il y a la même différence entre ce que
je dis & ce que tu me fais dire qu'entre des hommes qui se jettent
à l'eau parce que leur bateau coule & des hommes jetés
à l'eau sans raison par des criminels. Il est donc évident
que si tu tronques mes dires tu peux sans peine y trouver des failles
qui pourtant ne se rapportent en rien à mon système.
Bref, tu es très fort pour extrapoler tout ce que je dis, tu
l'es moins pour répondre aux questions simples que je te pose.
Excepté le fait que tu rabâches qu'il y a aura besoin de
flics, sans considérer un instant qu'une fois la Carte civique
en vigueur ils n'auront aucune utilité, pas plus qu'ils ne seront
nécessaires pour décider les hommes à abolir Largent
le jour où leurs cartes de crédits seront toutes des cartes
sans crédits, tu n'as répondu à rien. Je repose
donc les questions précédentes.
1) M'expliqueras-tu, d'après ce que je dis &
non de ce que tu vas chercher, à quoi serviraient des flics dans
l'Égalité ?
2) A quoi conduira l'usage exclusif de cartes de crédits ?
3) Combien de temps survivra le capitalisme alors que sa base, la monnaie,
est en train de se fragiliser à force de se désincarner
?
4) Dans ces conditions, l'abolition de Largent est-elle impensable &
souhaitable ?
5) Si tu penses nécessaire l'abolition de Largent, pourquoi attendre
la Saint Glinglin pour l'abolir ?
6 ) Que proposes-tu ?
Il n'est bien sûr pas la peine de m'écrire
en retour si tu te défiles une fois de plus.
Salut & Fraternité, Philippe
Mardi 22 avril 2003.
11 H 00.
1) M'expliqueras-tu, d'après ce que je dis &
non de ce que tu vas chercher, à quoi serviraient des flics dans
l'Égalité ? : Pour contraindre les gens a respecter les
critères de l'Egalité définie par le groupe dirigeant.
2) A quoi conduira l'usage exclusif de cartes de crédits ? Au
contrôle total de chaque décision de chaque personne chaque
seconde par l'Etat
3) Combien de temps survivra le capitalisme alors que sa base, la monnaie,
est en train de se fragiliser à force de se désincarner
? Quand il sera mort, on discutera. Nous serons morts avant car la prétendue
"désincarnation", si tu avais lu http://www.argent.fr/jjg1.html,
montre au contraire que le réflexe capitalistique est maintenant
tellement intégré qu'il n'a même plus besoin de
support matériel.
4) Dans ces conditions, l'abolition de Largent est-elle impensable &
souhaitable ? De la même manière que la suppression de
la mort et de la douleur, l'abolition de Largent est impensable &
souhaitable.
5) Si tu penses nécessaire l'abolition de Largent, pourquoi attendre
la Saint Glinglin pour l'abolir ? Parce que l'on n'atteint pas un but
social seul : on suit un mouvement général de la population
en essayant, à titre personnel, de contribuer pour sa propre
part." Allons parmi les autres hommes porter les vertus dont nous
avons promis de donner l'exemple"
6 ) Que proposes-tu ? Que chacun, dans tous les actes de sa vie, montre
à ses co-planétaires capables de le comprendre qu'il est
mille fois plus important de respirer une fleur que de la vendre ou
de l'acheter, que l'argent est un outil et qu'il ne doit pas être
pris pour un but, que de la même manière que nous regardons
avec pitié quelqu'un qui se vante d'avoir cinq voitures, nous
devons regarder avec pitié quelqu'un qui est fier de son compte
en banque pour son compte en banque. Quand les comportements sociaux
auront changé, quand une masse suffisamment importante de la
population aura glissé de la recherche du plus gros Produit National
Brut à celle du plus grand Bonheur National Brut, là,
oui, le mouvement se fera de lui-même. D'ici-là, fais comme
moi : parle des SELS aux gens que tu connais. C'est le premier pas.
Tout le monde doit d'abord l'avoir fait.
Bien amicalement, Michel PRIEUR
Salut Michel,
1) Bon, je crois qu'il va falloir que je revienne sur
la base du Civisme, à savoir la Carte civique, & de la Cité,
à savoir l'Égalité
sans quoi nous pourrions
continuer à parler dans le vide encore longtemps.
Le Principe fondamental de la Cité est que des Citoyens doivent
être égaux en Devoirs & en Droits. Considérant
qu'un des principaux Devoir du Citoyen est de participer à la
vie de la Cité, le travail tel qu'on le conçoit aujourd'hui
étant une des formes de participation, tout individu qui participe
effectivement à la vie de la Cité est Citoyen & a
Droit de ce fait à tous les bienfaits de la Cité. En d'autres
termes, un Citoyen qui peut prouver sa Citoyenneté a Droit à
tout. La Carte civique est le moyen qui lui permet d'apporter aux commerçants
cette preuve.
Un individu qui ne participe pas à la vie de la Cité n'a
pas de Carte civique, n'a pas accès au marché & n'a
donc droit à rien. Quiconque vit ou veut vivre dans la Cité
ne se pose donc pas la question de savoir s'il doit ou non lui apporter
sa participation, car entre tout ou rien, il n'y a pas à balancer.
Il n'y a donc pas besoin de flics pour imposer aux Citoyens de travailler.
Remarque au passage qu'il ne peut pas y avoir de chômage lorsque
la demande est illimitée, même si ce n'est que de la théorie.
Alors, tu parles de critères. Pour ce qui est des Droits, on
peut dire que, en ce qui concerne le Droit d'accéder au marché,
il n'y en a pas. Pourquoi y en aurait-il puisque les Citoyens ont Droit
à tout. Pour ce qui est des Devoirs, les entreprises, donc les
Citoyens, auront effectivement des résultats de vente à
atteindre & qu'elles pourront atteindre si elles font ce qu'elles
prétendent faire. En fait, les entreprises ignoreront ces résultats
dits conventionnels, car la Cité étant économiquement
un système libéral, les entreprises seront en concurrence
& devront plus se préoccuper de faire de leur mieux que de
faire le minimum exigé. En somme, il n'y aura pas plus besoin
de flics dans la Cité pour forcer les Citoyens à travailler
qu'il n'y en a aujourd'hui.
Tu parles de dirigeants. Il me semble pourtant t'avoir exposé
l'organisation politique de la Cité. Il n'y a pas de groupe de
dirigeants. Il y a des élus ( qui ne pourront exercer plus de
deux mandats de 5 ans ), des élus qui d'ailleurs ne peuvent faire
passer les lois de leur propre autorité puisque celles-ci doivent
être approuvée par les deux tiers des membres d'un jury
national. Pour ma part, je ne vois pas comment ce jury, composé
de Citoyens tirés au sort, quoique volontaires pour siéger
pendant un an, pourrait laisser passer des lois anti-populaires, des
lois tyranniques. En bref, je ne vois ni qui pourrait exercer une dictature,
ni comment ni pourquoi une dictature policière serait nécessaire.
Remarque d'ailleurs qu'une dictature policière n'a de sens que
s'il s'agit de comprimer le peuple. Or crois-tu, d'une part, que le
peuple soit si prompt à se soulever, d'autre part, qu'il aura
plus de raisons de se soulever lorsqu'il profitera de tous les bienfaits
de la Cité qu'aujourd'hui qu'il ne ramasse que des miettes sans
pourtant broncher. D'ailleurs, aujourd'hui, contre quoi pourrait-il
se révolter ? Ce ne sont plus les politiques qui commandent,
mais Largent. De même dans la Cité il n'y aura rien contre
quoi se révolter ! Contre l'Égalité ? Voudrais-tu
me faire croire que les Citoyens se plaindront de jouir de leur Droits
& réclameront d'être opprimés, ce qui d'ailleurs
serait impossible, l'Égalité étant inaltérable,
garantie qu'elle sera par les Principes de la Carte civique.
2) Tu reconnais que, si rien ne change, nous allons tout
droit vers un système tyrannique grâce aux cartes de crédits.
Tu le constates, mais ça n'a pas l'air de te déranger
! Du moins persistes-tu à vouloir prêcher pendant des siècles
une solution illusoire. Pour ma part, j'explique comment faire tourner
à l'avantage de l'humanité un système a priori
funeste, puisqu'il s'agit d'utiliser la même technologie à
une fin toute différente & même radicalement opposée.
Tu remarqueras au passage que ma solution est dans le sens de l'évolution,
puisqu'elle repose en grande partie sur des structures qui sont &
seront mises en place par le capitalisme lui-même. Or, s'il y
a un signe que je suis dans le vrai, c'est bien celui-là ! Car
sois sûr qu'il ne peut pas y avoir de révolution, je veux
dire de bouleversement intégral positif ; il n'y a de durable
que les évolutions révolutionnaires, mais des évolutions
tout de même. Le futur est nécessairement le prolongement
du passé. L'homme est un être d'habitude. La connaissance
ne recule pas. Le progrès est constant. Les structures sociales
& l'organisation économique ne peuvent se modifier que lentement.
Contrairement à ce que tu imagines peut-être, la Cité
ne change presque rien concrètement. Elle n'introduit que des
Principes nouveaux, nouveaux du point de vue du système &
non de la pensée. Crois-tu qu'il sera difficile pour les hommes
d'adopter la Carte civique lorsqu'ils n'utiliseront plus que des cartes
de crédits ? A défaut de n'y voir que du feu, ils y verront
sans doute un grand avantage, celui de pouvoir consommer librement après
avoir été éternellement frustrés.
3) Je n'avais pas besoin de lire " que le réflexe
capitalistique est maintenant tellement intégré qu'il
n'a même plus besoin de support matériel ". Je suis
bien placé pour le savoir, puisque c'est précisément
une des raisons qui m'indique que l'abolition de Largent est proche.
Curieusement, toi tu y puises l'information inverse.
Il faut savoir que l'Homme n'a pas inventé Largent. Ayant été
obligé de troquer, la notion de valeur s'est imposée à
lui. Ensuite se sont combinées la difficulté d'extirper
de son esprit cette notion & l'impossibilité d'échanger
autrement qu'en ayant recours à la monnaie, le système
monétaire n'étant d'ailleurs jamais que du troc indirect.
Nous en sommes encore là. Plus pour longtemps. Comme tu le remarques,
avec la disparition de la monnaie palpable, la notion de valeur reste
à l'état pur. Ce n'est plus qu'une croyance. Mais une
croyance qui s'appuyait sur une réalité qui n'est plus
ou ne sera bientôt plus : la monnaie. Le concept de monnaie n'existe
plus que dans l'esprit des hommes, alors que la monnaie, raison d'être
de cette conception, n'existe plus autour des hommes. Les droits qui
passent par la monnaie, ne sont donc plus fondés sur rien. Que
les hommes s'en aperçoivent ( & c'est ce à quoi il
faut les amener ) & ils se demanderont pourquoi les uns ont des
droits & d'autres pas, pourquoi les droits sont figés par
des chiffres sur un ordinateur, alors qu'il suffit, pour accroître
ces droits, de rajouter des zéros sur leur compte ou, mieux,
de casser l'ordinateur pour mettre toutes les pendules à zéro.
Ma conviction est que, contre toutes les attentes du capitalisme, l'usage
exclusif de cartes de crédits va grandement contribuer à
ce réveil des consciences ( ce ne sera pas la première
fois qu'un système creuse lui-même sa tombe ) ; ma certitude
est que je vais tout faire pour les éclairer.
4) Pour que l'abolition de Largent soit possible, il faut
trois choses : une alternative théorique, la possibilité
concrète de changer de système, l'opportunité.
Mais il est quasiment impossible de penser une alternative quand la
possibilité de la réaliser est nulle. Ceci explique pourquoi
la théorie que je développe est inédite, quoique
d'autres, comme je te l'ai dit, ont eu en même temps que moi des
idées relativement similaires. Quand je dis une alternative,
je veux bien sûr dire une alternative à l'inégalité,
donc l'Égalité, c'est-à-dire les Droits des Citoyens
reposant sur leur Citoyenneté même. Quoi que tu en penses,
nous connaissons maintenant l'alternative.
Pour ce qui est de la possibilité concrète, ce n'est pas
le système envisagé qui l'offre, mais nécessairement
le système présent. Or c'est en effet le capitalisme &
les structures qu'il met en place qui rendent possible la création
d'une Cité. Enfin, l'opportunité est une question de temps.
Mais quand les deux premières conditions sont réunis,
il n'y a pas à attendre longtemps l'opportunité. Quel
genre d'opportunité sera nécessaire pour franchir le pas
vers l'abolition de Largent, au-delà même de la suppression
de la monnaie ? Une faillite générale, la ruine du système,
l'effondrement des valeurs, en un mot, un crac boursier monstrueux &
irréversible. Comment arrivera-t-il ? Ma foi, je n'en sais rien.
Mais assurément, il peut arriver de n'importe où sans
que personne ne s'y attende. Les économistes sont d'ailleurs
d'accord sur ce point, ils le voient arriver gros comme une maison.
( Pour ma part, je l'envisage d'ici une trentaine d'années, voire
un peu moins. ) Ils ne disent pas en revanche comment on s'en relèvera,
& pour cause, prisonniers de la logique monétaire, ils sont
incapables de concevoir l'abolition de Largent. Imagine donc, maintenant,
que nous ayons tous des cartes de crédits entre les mains, au
beau milieu d'un crac boursier ( combiné, pourquoi pas, avec
des attaques de hackers, &c. ). En un mot, personne ne peut nous
payer, nous avons des cartes avec lesquelles nous ne pouvons rien acheter,
& comble de malheur, l'organisation du travail est telle, que, d'une
part, nous n'avons rien à troquer vu que nous ne produisons rien
individuellement, que, d'autre part, nous ne pouvons revenir au troc
tant nous sommes spécialisés dans nos domaines respectifs.
Mais l'histoire ne fait pas marche arrière & nous serons
obligés d'aller de l'avant. Comment ? Nous avons des cartes,
du moins une technologie qui, sans monnaie ne sert à rien, mais
qui permet de soutenir un système sans monnaie. Qui plus est,
la théorie de ce système s'est répandue & tout
le monde la connaît. Certes, longtemps personne n'y a cru. Mais
aujourd'hui, nous sommes au pied du mur. Nous n'avons pas plus cru à
l'effondrement du capitalisme. Mais il est là. Nous sommes pris
dedans & nous n'avons aucune issue, si ce n'est celle que nous avons
tant décriée. Hé bien ! il n'y a pas le choix.
Notre intérêt nous commande d'oublier toutes nos idées
fausses, d'admettre que nous nous sommes planté sur toute la
ligne, & d'accepter la solution simple & juste qui se présente.
5) Il faudra enfin que tu m'expliques comment tu contiens
une foule affamé devant une table garnie ! Car c'est exactement
ce à quoi tu espères arriver
un jour. D'une part,
Largent n'est pas un outils, c'est un concept d'échange, le concept
de l'échange individualiste. Tu l'as dit toi même : l'argent
n'a pas besoin de support. N'est-ce pas la preuve qu'il est une idée
avant tout, & que cette idée engendre la monnaie au fond
inutile ? D'autre part, avoir du fric est par nature un but ( dans un
système monétaire ). Quand tout passe par lui, comment
veux-tu qu'il ne soit pas un but ? Quand il engendre individualisme,
matérialisme & frustrations, comment veux-tu que les individus
ne se marchent pas les uns sur les autres & ne se battent pas pour
avoir le plus de fric possible par lequel tout devient accessible ?
Certes cette petitesse me dégoûte, mais ni moi, ni toi,
ni personne ne pourra détourner l'immense majorité des
hommes des pulsions que Largent excite en eux ! Comment veux-tu que
les hommes sortent jamais propres d'un bain de boue ?
Salut & Fraternité, Philippe
PS : Quant au SEL, je ne vois pas pourquoi j'irais parler
en sa faveur, alors que, au fond, il perpétue Largent & donc
la logique capitaliste.
13 H 20.
Je ne peux pas discuter point par point un texte dont
chaque phrase me semble contestable soit dans son principe, soit dans
la possibilité qu'elle a d'être appliquée sans "casse".
Rédige un texte de synthèse, je le mettrai en ligne dans
les réactions avec, si tu le souhaites, ton e-mail afin que les
visiteur puisse t'écrire.
Bien amicalement, Michel PRIEUR
Salut Michel,
Je sentais bien qu'on allait vite s'essouffler. Ce moment
est arrivé. Tant pis ! Pour ce qui est d'un texte
Pourquoi
ne mettrais-tu pas directement en ligne notre discussion ?
Salut & Fraternité, Philippe
( phil.ppe@libertysurf.fr )
http://membres.lycos.fr/glaive/
http://membres.lycos.fr/patricien/
http://membres.lycos.fr/discours