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L'Irlande fait bafouiller Noëlle Lenoir |
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mercredi 11 septembre 2002 C'est ce qui s'appelle manger son chapeau : Noëlle Lenoir, ministre française des Affaires européennes, a estimé, hier, à Copenhague, que «l'Union n'avait pas de solution de rechange» si l'Irlande disait de nouveau non au traité de Nice lors du référendum qui aura lieu vers la fin octobre. Les Irlandais prendraient, dans ce cas, la responsabilité de bloquer l'élargissement, puisque ce traité, conclu en décembre 2000, est censé permettre aux institutions communautaires de supporter l'arrivée de dix nouveaux membres. Le problème est que Noëlle Lenoir avait affirmé exactement le contraire, à Strasbourg, mardi dernier : «Si l'Irlande dit non, on continuera l'élargissement», avait-elle déclaré devant des journalistes médusés. Avant d'ajouter : «On peut compter sur l'imagination des diplomates pour gérer cette situation difficile.» Autrement dit, que les Irlandais votent oui ou non, cela n'a aucune espèce d'importance. Ceci a beau n'être pas tout à fait faux,
ces propos constituaient une belle gaffe de la nouvelle ministre, qui
démolissait toute la communication des Quinze depuis le premier
refus irlandais du 7 juin 2001 : après un mémorable cafouillage
du président de la Commission européenne, Romano Prodi,
chacun s'échine aujourd'hui à marteler aux Irlandais qu'il
n'y a pas de «plan B» et qu'un «non» à
Nice causerait de nombreux dommages collatéraux. Noëlle Lenoir,
elle, a dû, entre-temps, apprendre ses gammes. |