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Avertissement informel à l'Allemagne
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L'UE à la recherche d'un avertissement informel à l'Allemagne BRUXELLES (AFP) - Les Quinze cherchaient lundi la bonne formule pour exprimer leur préoccupation sur les finances publiques de l'Allemagne, sans pour autant infliger l'avertissement formel au gouvernement du chancelier Gehrard Shroeder réclamé par la Commission, mais qui paraît exclu grâce aux soutiens que s'est attachés Berlin. Les ministres de l'Economie et des Finances des douze pays de la zone euro doivent évoquer le sujet lundi soir à Bruxelles, avant la réunion à Quinze de mardi. Si les ministres de la zone euro ne parviennent pas à esquisser les contours d'un accord lundi soir, il est tout à fait improbable que la situation se débloque mardi matin lors de la réunion à Quinze, a-t-on estimé lundi de source diplomatique. L'avertissement formel ("précoce" dans le jargon communautaire) serait alors rejeté dans la division par les Quinze, certains l'approuvant et d'autres non, dans un scénario qui serait politiquement désastreux pour la crédibilité du pacte de stabilité qui lie les économies de la zone euro entre elle, a-t-on expliqué de même source. L'Allemagne est en effet quasiment sûre d'obtenir le nombre de voix nécessaire pour bloquer l'avertissement demandé par la Commission, qui doit être approuvé à la majorité qualifiée. Berlin devrait avoir au moins le soutien de la France, du Royaume-Uni, du Portugal et du Luxembourg, soit suffisamment pour constituer une minorité de blocage. Pour éviter ce scénario-catastrophe, les Quinze doivent parvenir à ce que la Commission européenne, et les pays qui la soutiennent (la Finlande, les Pays-Bas, la Belgique) soient battus, mais "avec le sourire", c'est à dire avec l'adoption simultanée d'une déclaration restant ferme à l'égard de l'Allemagne, estimait lundi un diplomate européen. L'idéal serait donc une déclaration des Quinze sur les finances publiques allemandes qui, sans reprendre l'avertissement formel proposé par la Commission, exprimerait toutefois fortement la préoccupation des Quinze sur la dégradation du déficit, qui pourrait atteindre 2,7% du PIB en 2002, selon l'estimation de la Commission. La nouvelle déclaration remplirait, comme l'a demandé la Commission, "l'objectif" poursuivi par la procédure de l'avertissement précoce, et serait suffisament ferme pour ne pas décrédibiliser complètement cette procédure, afin qu'elle puisse être réutilisée à l'avenir. D'autant que sur le fond, même les alliés de l'Allemagne ne veulent pas paraître donner un blanc-seing à Berlin. S'ils ne sont pas excessivement préoccupés par le niveau du déficit allemand en 2002, qui se rapproche dangereusement de la limite des 3% de PIB fixée par le pacte de stabilité qui lie les économies de la zone euro, ils s'inquiètent en revanche plus de la volonté allemande de retarder à 2006 le retour à l'équilibre de ses finances publiques. L'objectif serait de faire accepter à Berlin un engagement ferme à rétablir cet équilibre, sinon en 2004 comme l'Allemagne s'y était engagée, du moins avant 2006. Dans la même réunion, les Quinze doivent se prononcer sur le cas du Portugal, lui aussi concerné par une proposition d'avertissement formel de la Commission. Même si cet avertissement est beaucoup plus "justifié" sur le plan économique que pour l'Allemagne, il est politiquement "inenvisageable" de le sanctionner si Berlin y échappe, estimait-on lundi de source diplomatique. La Banque centrale européenne avait apporté son soutien à la procédure d'avertissement précoce à l'égard de l'Allemagne. |