Procédure jugée irrecevable contre le rappeur qui voulait "baiser" la France Par Stéphanie LEROUGE
Richard Makela, alias Monsieur R., avait comparu en mai dernier à la suite d'une citation directe du député pour "diffusion de message violent, pornographique ou contraire à la dignité, accessible à un mineur". Le tribunal a estimé que M. Mach n'était pas fondé, en sa qualité de député, à intenter des poursuites contre le rappeur sur la base de l'article 227-24 du code pénal, et qu'il n'avait pas d'intérêt personnel à le faire, n'étant pas le père d'enfants mineurs. Il aurait appartenu au parquet d'engager d'éventuelles poursuites contre Monsieur R., a expliqué le président de la 13e chambre correctionnelle François Giacomoni. Le texte de la chanson incriminée, issue de l'album
"Politikment Incorrekt", sorti à l'été
2005, dit notamment : "La France est une garce, n'oublie pas de la
baiser jusqu'à l'épuiser, comme une salope faut la traiter,
mec". Et, plus loin : "Je pisse sur Napoléon Le clip l'illustrant montre des femmes poitrine nue dans des attitudes lascives, et des images mettant en cause la politique française dans les ex-colonies et dans les banlieues. "La justice a débouté M. Mach de sa
demande. Enfin je vais pouvoir faire mon métier comme il se doit.
Le jugement d'aujourd'hui est une victoire pour la liberté d'expression",
a déclaré à la sortie du tribunal le chanteur de
Combs-la-Ville "C'est la troisième fois en quelques mois, après La Rumeur et Sniper, qu'un tribunal relaxe un rappeur", s'est pour sa part félicité son avocat Me Dominique Tricaud, qui a défendu une dizaine de rappeurs dans des procédures similaires. Il a souligné le "courage" du tribunal, alors que se multiplient les "procédures délirantes devant les tribunaux", et qu'un projet de loi "spécifiquement conçu pour faire condamner les rappeurs" a été déposé par des députés UMP. Daniel Mach, qui n'était pas présent au tribunal pour le délibéré, avait déposé sa plainte à l'été 2005, avant de déposer fin septembre à l'Assemblée nationale une proposition de loi visant à instaurer un "délit d'atteinte à la dignité de la France et de l'Etat". Jeudi, la cour d'appel de Paris a confirmé la relaxe
prononcée en faveur d'un des rappeurs du groupe "La Rumeur",
Hamé, poursuivi par le ministère de l'Intérieur pour
des propos dénonçant des policiers "assassins",
une décision contre laquelle le parquet |