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"Ici, nous acceptons encore le mark!" |
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BERLIN (AFP) - "Ici, nous acceptons encore le mark!". Le carton publicitaire diffusé par un bar berlinois sonne comme une mauvaise plaisanterie, mais six mois après sa disparition officielle au profit des pièces et billets en euros, le mark semble bien ... en voie de réintroduction. Le phénomène est toutefois encore très limité. Outre deux bars à Berlin, quelques magasins de souvenirs pour touristes en Frise orientale, sur la côte de Mer du Nord, et la chaîne de discount Haka à Leer, dans le nord de l'Allemagne, ont récemment décidé des opérations de "réintroduction du mark". "En cinq jours, j'ai récupéré dans un seul magasin 40.000 marks (20.450 euros) en pièces et billets" : Karl-Dieter Haken, directeur général des magasins Haka, n'en revient toujours pas. Lui qui s'attendait à collecter "au maximum 500 marks", réfléchit désormais, face à ce succès, à renouveler cette opération qu'il avait limitée dans le temps. Officiellement, le deutschemark n'est plus du tout accepté comme monnaie de paiement depuis le 28 février. Mais, la Bundesbank, la banque centrale allemande, et ses filiales régionales continuent à échanger les vieux marks, et ce gratuitement et indéfiniment. Très friands des bas de laine, les Allemands ne se sont toujours pas, six mois après le passage à l'euro, débarrassés de tous leurs marks. "Nous recevons encore beaucoup d'appels de gens anxieux de savoir s'ils peuvent encore s'en défaire. Nous sommes là pour les rassurer", explique une porte-parole de la Bundesbank à Francfort. Selon les derniers chiffres, 4,7% de la masse des billets de marks en circulation fin 2000 sont toujours dans la nature. Soit une valeur de 6,29 milliards d'euros. Pire, ce sont 47,8% des pièces en circulation fin 2000 qui n'ont toujours pas été récupérés par la Bundesbank. Soit 3,94 milliards d'euros. La banque centrale ne récupèrera bien sûr jamais la totalité de ces pièces et billets. Certaines ont été perdues, les autres retenues par des collectionneurs ou de simples nostalgiques. En montant son opération, Karl-Dieter Haken voulait avant tout réagir au phénomène du "Teuro" (contraction en allemand d'euro avec l'adjectif "teuer", "cher"), ces hausses de prix cachées, pratiquées par certains commerçants à la faveur du passage à l'euro. "Nous voulions réagir en montrant que tous les commerçants n'avaient pas converti de manière fantaisiste. La réintroduction du mark nous a semblé le moyen le plus clair pour y sensibiliser nos clients", explique-t-il. De fait, le "Teuro" n'a eu guère d'influence sur l'inflation allemande (1,9% au 1er trimestre 2002). Mais il s'est concentré notamment dans les services et la restauration, l'Office fédéral des statistiques relevant ainsi pêle-mêle que les tarifs des coiffeurs ont subitement grimpé de 2%, ceux de la bière vendue dans les cafés de 1,9% et ceux des teinturiers de 2,6%. "Nous avions remarqué que dans les bars, les clients, aigris par le Teuro, rechignaient à dépenser", raconte Kathrin Edelmann, propriétaire du bar "BBB" à Berlin. D'où l'idée d'inverser la vapeur en cassant les prix: 2.000 cartons publicitaires ont été imprimés, proposant un buffet brunch à volonté au prix symbolique d'un mark (0,51 cents) et précisant qu'ici, "on accepte encore le mark". L'opération, qui dure depuis un mois, semble fonctionner. "Nous faisons jusqu'à 10% de notre recette quotidienne en marks", estime Kathrin Edelmann. |