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Rapport accablant sur le Crédit municipal de Paris |
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Ce "rapport d'observations", que Reuters a pu consulter, dénonce une absence totale de contrôle sur la gestion de cet établissement dépendant de la Ville de Paris, des passations de marchés sans mise en concurrence et des avantages suspects, logements ou primes, accordés aux dirigeants ou aux cadres de la banque. Le directeur général Guy Legris disposait ainsi d'une carte Visa Premier pour régler à discrétion "ses frais de représentation en dehors de toute formalité et sans justification particulière", écrivent les magistrats de la chambre régionale des comptes, qui n'a pu prendre connaissance du montant des dépenses ainsi financées. Les primes mensuelles perçues par le directeur général ainsi que celles des cadres de la banque n'ont pu être vérifiées par la chambre des comptes, qui, selon le rapport, n'a pu retrouver "qu'un tableau reprenant en une seule ligne la totalité de la ligne nette des rémunérations versées". La chambre des comptes, qui dénonce une "absence de transparence", a pu établir que "selon les éléments recueillis auprès des services, le montant mensuel des indemnités accessoires serait voisin de 137.200 euros". La chambre des comptes critique aussi les loyers très modiques consentis aux cadres de la banque pour leurs logements de fonction: 800 euros mensuels pour 189m2 ou encore 1.118 euros pour 239m2, toujours en plein centre de Paris. Par ailleurs, les magistrats s'étonnent de la rémunération mensuelle de 42.000 francs accordée entre 1997 et 1999 à un consultant extérieur pour une mystérieuse "optimisation de l'action de la direction des crédits". LA MUNICIPALITE POURRAIT PORTER PLAINTE Est aussi critiquée l'attribution illégale à une même entreprise et sans appel d'offres, pour plusieurs millions d'euros, de travaux d'imprimerie, de nettoyage, d'entretien, de gardiennage et d'autres marchés. Guy Legris, remplacé à la tête du Crédit municipal par Luc Matray en août 2001, est un ancien policier qui a été en poste à l'Inspection générale de la ville de Paris sous les mandats de Jacques Chirac. Ancien membre de la direction du RPR, il est actuellement mis en examen dans l'enquête pour fraude électorale présumée dans le IIIe arrondissement de Paris en 1989. Fin 2001, Bertrand Delanoë a déposé plainte en raison de la disparition de mobilier et de différents objets du Crédit municipal juste après le départ de Guy Legris. L'enquête de police est en cours. Parmi les objets disparus figurent des ordinateurs et des archives informatiques. Guy Legris a déclaré avoir effacé des mémoires informatiques afin, selon lui, d'éviter des manipulations. La municipalité de Paris devrait débattre le mois prochain de ce rapport de la chambre des comptes et d'une éventuelle plainte en justice, dit-on de source proche de la municipalité. |