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L'Italie tombe officiellement en récession

 

Le pays serait en fait la grande victime de l'euro.

Le chiffre est tombé hier. C'est le plus mauvais depuis 6 ans. Sur les trois premiers mois de l'année, l'économie italienne a reculé de 0,5 %.
Sachant qu'elle était déjà dans le rouge au trimestre précédent. Cela veut dire que l'Italie est techniquement entrée en récession. La récession se définissant comme deux trimestres négatifs d'affilée. Tout cela est très concret. Traditionnellement, un pays se développe, s'enrichit au fil du temps.
Tel n'est plus le cas de l'Italie qui s'appauvrit au fil des mois. Car, en France, en Allemagne, l'économie a beau ne pas être flamboyante. Au moins, elle progresse. On ne recule pas. C'est là un coup dur pour Silvio Berlusconi qui a accusé hier la hausse de l'euro qui dit-il a "étouffé la croissance" italienne. Mais, en fait, personne ne le dit vraiment, mais dans le cas de l'Italie, l'euro a eu un autre effet bien plus pervers. Depuis l'euro, les Italiens ne peuvent plus faire leur petite combine favorite qui consiste à dévaluer tous les trois ans. On l'a oublié, mais si la lire italienne était si basse, c'est parce que régulièrement les Italiens dévaluaient leur monnaie face au franc, au deutschemark. Effet garanti : du jour au lendemain, tous les produits made in Italy se retrouvaient 5 ou 10 % moins cher. Et les Fiat et autre pulls Benetton se vendaient comme des petits pains partout en Europe.
Maintenant c'est fini. Depuis le passage à la monnaie unique. Impossible de dévaluer. L'euro est unique. 1 euro italien vaudra toujours 1 euro français ou 1 euro allemand. C'est ainsi que les patrons italiens qui ont tendance à laisser filer les salaires, les couts, se retrouvent aujourd'hui trop cher. Ne pouvant plus dévaluer, l'Italie est même devenue dit-on l'économie la moins compétitive de la zone euro. C'est là un avertissement adressé au pays d'Europe centrale qui veulent entrer le plus vite possible dans l'euro. Attention, car une fois qu'on est dans l'euro, le taux de change est gravé dans le marbre. D'ou la nécessité d'être en phase économiquement avec ses partenaires. C'est bien pour cela d'ailleurs que l'on a mis en place des critère de convergence. Critère que la Grande Bretagne estime ne pas remplir. Car, les Anglais nous trouvent en effet trop lent pour pouvoir partager la même monnaie.