|
EURO. La valse des étiquettes est de retour -
Le gel des prix dans les grandes surfaces, prévu pour faciliter
le passage à la monnaie unique, est fini. Du coup, des hausses
de 1 à 10 % sont à craindre sur les produits de grande consommation.
Attention aux dérapages !
PÉRIODE TENDUE pour les clients des hypers et des supermarchés
: le prix de beaucoup de produits de consommation courante va augmenter.
Un effet à retardement de l'arrivée de l'euro depuis le
1e r janvier.
En effet, en mai 2001, pour éviter que la monnaie européenne
ne fasse flamber les étiquettes, les industriels et les professionnels
de la grande distribution s'étaient engagés à geler
les prix pendant cinq mois. Concrètement, du 1e r novembre au 31
mars. Cette période de modération est donc terminée.
Attention maintenant aux dérapages.
Il ne s'agit pas de rumeur. Les fournisseurs eux-mêmes ont brandi
cette menace ces dernières semaines. Notamment Danone (qui annonce
+ 2 % sur les yaourts et + 3 % sur les biscuits), Nestlé (on craint
jusqu'à 6 % de hausse) et Unilever. Comme pour se dédouaner,
la direction d'Auchan a fait savoir que ses fournisseurs augmenteraient
les prix de 150 produits de grande consommation, principalement dans les
secteurs des produits frais, de l'épicerie et du bazar. Des hausses
de 1 à 10 % sont à prévoir. Même écho
à Carrefour, l'autre grand du secteur.
« L'accord de modération est une fumisterie. Il n'a
pas été respecté »
Bien sûr, les distributeurs peuvent s'abstenir de répercuter
illico ces hausses. Ils peuvent être également tentés
de geler les prix des produits portant leurs marques pendant que les autres
s'envolent. C'est la stratégie commerciale adoptée par Carrefour.
Blocage jusqu'à fin juin pour 8 000 références maison.
Ce n'est pas rien, quand on sait que ce type d'articles représentent
environ un quart des produits proposés dans les rayons des hypermarchés,
de l'alimentaire (eau, boîtes de conserve, biscuiterie) aux produits
d'entretien (lessive...) en passant par l'hygiène (mouchoirs, savons...).
Carrefour devrait même lancer (vraisemblablement jeudi) une importante
campagne de promotion sur ses produits de marque. Auchan fera de même
avec ses produits jusqu'à fin mai. Bien sûr, les enseignes
peuvent aussi retarder la répercussion des hausses des fournisseurs,
notamment en jouant sur les stocks.
Reste à se pencher sur les raisons des augmentations de prix. Le
coût des 35 heures, la hausse du prix des matières premières,
notamment, assurent les fournisseurs. En attendant, les organismes de
protection des consommateurs déclenchent l'alarme. Ils suspectent
les commerçants de profiter du fait que ces derniers manquent encore
de repères avec la nouvelle monnaie.
« Le libre jeu de la concurrence s'est déjà traduit
par une augmentation des prix avant et pendant la période dite
de modération, souligne Odile Nicolas-Etienne, de l'UFC-Que choisir
? D'un côté, Bercy prétend que les prix n'ont pas
augmenté. De l'autre, les industriels et les distributeurs disent
qu'ils ont besoin de se rattraper maintenant que le gel est terminé.
On peut être inquiet, quand on sait que la hausse a pourtant été
de 5,5 % en janvier. Sur le terrain, on constate que l'accord de modération
est une fumisterie. Il n'a pas été respecté. »
Si vous constatez des augmentations de prix importantes
ou abusives, écrivez à notre site Internet, http://www.leparisien.com/home/ecrire/index.htm
Propos recueillis par Marc Pellerin
(avec Guillaume Zambaux)
Le Parisien , lundi 01 avril 2002 Lire
l'article sur le site du Parisien
|