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Les critères d'habilitation retenus ont fait du RPF l'un des huit partis officiels pour le référendum. |
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Pasqua: dernière campagne inespérée
Par Didier HASSOUX et Thomas LEBEGUE samedi 02 avril 2005 (Liberation - 06:00)
Sauvetage. Cette histoire du sauvetage du RPF débute, de fait, à l'Elysée. Cet hiver, Jacques Chirac a consulté toutes les formations politiques représentées au Parlement. Il en a tiré une conclusion inédite : l'Etat doit participer au financement de la campagne électorale en subventionnant, de manière équitable, les partisans du oui et du non. Pour mettre en oeuvre ce principe, les services du ministère de l'Intérieur ont plongé dans leurs archives. Tout naturellement, ils se sont inspirés de ce qui a prévalu en 1992, au moment du référendum sur Maastricht. A l'époque, l'accès à la campagne radiotélévisée avait été réservé aux associations et formations politiques qui bénéficiaient d'un financement public. C'est ainsi que Demain la France, la structure dissidente du RPR de Pasqua et Séguin, avait eu droit à son temps d'antenne. Saisi de cette proposition, Matignon a, cette fois, opposé son veto. Le cabinet du Premier ministre ne voulait pas que Nicolas Dupont-Aignan, député UMP et fondateur de Debout la République (DLR), puisse promouvoir son «non» avec l'argent public. Pas question, en effet, de prendre le risque de voir l'UMP se diviser sur la question européenne, comme le RPR en son temps. Le ministère de l'Intérieur a donc été prié de revoir ses critères d'habilitation. Il en a proposé deux : le seuil de 5 % obtenus aux dernières européennes, ou le soutien d'au moins cinq parlementaires. «C'est en ayant le souci d'éviter une dissidence au sein de l'UMP que nous nous sommes rendus compte que le RPF était retenu, reconnaît-on place Beauvau. Finalement, ça arrangeait tout le monde.» Sauf Nicolas Dupont-Aignan qui devra se contenter du budget propre de DLR (100 000 euros) pour faire valoir son non. Pas rancunier, le député de l'Essonne, ancien de la maison RPF, devrait participer samedi au lancement de la campagne de Pasqua. Ce qui n'empêche pas un de ses proches de pester contre l'«injustice» qui permet à l'ex-ministre de l'Intérieur de repartir en campagne à l'âge de 78 ans : «Chirac a voulu fragmenter le non de droite et le ringardiser.» «Baroud d'honneur». Du côté de l'UMP, on rappelle que les militants du non n'ont pas le droit d'utiliser le sigle du parti durant la campagne. Ça tombe bien : Pasqua n'est pas encarté à l'UMP. Au Sénat, il est considéré comme apparenté au groupe majoritaire. Toujours est-il que cinq députés UMP ont bel et bien apporté leur signature au RPF (dont Jacques Myard, Philippe Pemezec et Georges Siffredi). «Plusieurs d'entre eux nous ont assuré que c'était la dernière année qu'ils signaient pour lui», confie un proche de Nicolas Sarkozy, pour qui Charles Pasqua fait là son «baroud d'honneur». Un baroud à 800 000 euros. |