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samedi 1 janvier 2005, 15h12 |
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Le chiffre officiel de 333 voitures détruites par le feu "témoigne d'une stabilité des phénomènes de violence urbaine" puisque 324 véhicules avaient été brûlés en 2003, (379 en 2002 et 388 en 2001), souligne le ministère de l'Intérieur. La France est le seul pays d'Europe à connaître un tel phénomène, selon une enquête des bureaux de l'AFP à travers le continent. Dans la quasi totalité des cas, ces incendies volontaires se sont déroulés dans des quartiers dits "difficiles", comme dans les cités de Sevran, Clichy-sous-Bois, Aulnay et La Courneuve en Seine-Saint-Denis. Ce département figure d'ailleurs en tête des départements d'Ile-de-France avec 75 voitures brûlées (47 il y a un an). Les chiffres recueillis par l'AFP auprès des services de police montrent d'ailleurs une augmentation sensible du nombre des voitures incendiées en Ile-de-france par rapport à l'année précédente avec près de 190 véhicules détruits (contre 150). Quant au Bas-Rhin, département traditionnellement fortement touché, il enregistre pratiquement le même chiffre qu'il y a un an. 33 voitures ont été brûlées, dont 29 à Strasbourg et sa banlieue, contre 32 il y a un an. Dans ce département, ces incendies de véhicules sont généralement associés aux violences urbaines devenues au fil des années une sorte de rituel qui marque cependant le pas depuis l'an 2000 (53 voitures brûlées à Strasbourg), notamment en raison des importants déploiements de police dans les quartiers sensibles. Pour Michel Wieviorka, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), qui a travaillé sur les violences urbaines, ces incendies sont "une réponse d'exclus à la société de consommation". Ce sociologue relie ce phénomène, apparu en France il y a une quinzaine d'années, à celui des "rodéos" qui consistait pour des jeunes gens à voler des grosses cylindrées pour rouler le plus vite possible avant de les brûler. "Il y a une rage qui continue d'exister dans ces quartiers de plus en plus ghettoïsés où l'exclusion n'a jamais cessé de grandir", ajoute Michel Wieviorka interrogé samedi par l'AFP, Il relève que ces "problèmes d'exclusion, déjà repérés depuis 25 ans lors des premiers +étés chauds+, n'ont pas été réglés". Et, ajoute Michel Wieviorka qui a mené avec sept autres sociologues en 1999 une enquête au Havre, à Strasbourg et dans l'agglomération lyonnaise, "cette colère" se manifeste plus particulièrement durant la nuit de la Saint-Sylvestre, temps fort de cette société de consommation. Et ce même si, note Michel Wieviorka, les voitures détruites sont "souvent celles de ceux qui vivent aussi dans ces quartiers car ce n'est pas à Neuilly que ces voitures sont brûlées". |