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Zone euro: la BCE revoit ses prévisions de croissance
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"L'accélération attendue de la croissance ne s'est pas produite", a reconnu Otmar Issing dans cet entretien accordé au quotidien financier allemand Boersen-Zeitung. "Alors que l'on attendait une pente de croissance assez forte, on s'est arrêté sur un plateau", a ajouté l'Allemand, considéré comme l'un des membres les plus influents du conseil des gouverneurs de la BCE, son instance décisionnelle. Résultat: la BCE ne pense plus, comme c'était le cas jusqu'ici, que la croissance dans la zone euro atteindra un niveau de 2% à 2,5% fin 2002 en glissement annuel, a-t-il indiqué, en se gardant de fournir un nouveau pronostic. Le manque de dynamisme actuel "signifie que la croissance en moyenne annuelle sera moindre" que ce qui était prévu dans la zone euro, a-t-il précisé. Cela ne signifie toutefois pas à ses yeux un risque de récession. "On n'observe pas actuellement un recul généralisé de l'activité économique et il n'y a pas de raison de l'attendre", a dit M. Issing. Dans ce contexte, de nombreux économistes appellent la BCE à baisser ses taux d'intérêt pour donner un peu d'oxygène à l'activité économique. Sur ce point, M. Issing s'est gardé de fournir la moindre indication quant aux intentions de la banque centrale. Mais ses commentaires, à la fois peu enthousiastes sur la croissance, et dans le même temps plutôt encourageants sur le front de l'inflation, pourraient donner de l'espoir aux partisans de la détente monétaire. Le chef économiste de la BCE a en effet admis qu'"à moyen terme, on peut s'attendre à ce que la pression inflationniste diminue un peu". Un signal important, dans la mesure où l'institut monétaire a pour mission première de contenir la hausse des prix en zone euro. La reprise molle en Europe signifie "assurément qu'il n'y a pas dans un avenir prévisible de danger inflationniste provenant d'un emballement de la conjoncture", a-t-il admis. Toutefois, la BCE n'entend pas encore baisser la garde car, à son avis, le taux d'inflation devrait continuer à "tourner autour de 2%" dans l'immédiat en zone euro, c'est-à-dire la limite tolérée par les gendarmes monétaires de Francfort. Et pour 2003, M. Issing a indiqué ne pas être certain qu'il recule nettement. "Cela dépendra principalement de l'évolution des taux de change" de l'euro, a-t-il dit. Qui plus est, le risque d'une hausse des prix du pétrole est toujours présent, les salaires ne sont pas aussi sages que ne le souhaiterait la BCE, les prix des services tendent à déraper et il y a un risque potentiel d'excès de liquidités dans l'économie, a fait valoir M. Issing |