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Que vont devenir les prix promotionnels : le camembert à 9,90 francs,
le toaster à 299 francs, la machine à laver à 2990
francs ? La question rend perplexe les pro du marketing.
Si les prix flambent, changez de crèmerie !
"99 francs" le roman de Frédéric Beigbeder, aurait-il
eu le même succès s'il s'était appelé "15,09
euros" ? S'arrêterait-on devant une affiche qui propose des
chaussures à 30,34 euros (199 francs, "il faudrait être
fou pour dépenser plus !). "Brain storming" intense dans
les équipes marketing. "Nous réfléchissons à
la question des prix psychologiques en euros depuis de longs mois. Nous
sommes allés aux Etats-Unis pour voir comment cela se passait là-bas
étant donné la parité euro-dollar à l'époque",
explique Dominique Vincenti, directrice de l'audit interne chez Conforama
et chef de projet euro. "Conclusion : nous sommes incapables de savoir
aujourd'hui ce qu'est un prix psychologique en euros".
Le travail des prix est essentiel pour le secteur de
l'électroménager. Les prix promotionnels comme à
l'occasion de l'anniversaire Conforama, sont un des piliers de leur activité.
"Nous avons une lampe à 49 francs sur la couverture de notre
catalogue. Le client sait qu'à ce prix, il fait une bonne affaire.
Si on indique le prix en euros (autour de 7,50 € ), ça ne
lui dit absolument rien", explique Dominique Vincenti. L'enseigne
a donc décidé de passer à l'euro majeur (le prix
indiqué d'abord en euros sur les étiquettes, ndlr) à
la mi-octobre mais de continuer à penser ses prix en francs une
bonne partie de l'année 2002.
Convertir au plus proche
Les hypermarchés tentent, eux, pour la plupart de convertir au
plus proche selon la règle officielle des arrondis. Par habitude,
les prix en francs finissent par 0 ou 5 centimes. Après conversion
en euro, on tombe donc sur des prix inhabituels : 5, 47 euros ou 12,39
euros. Peu pratique ! "Tant que l'on paie en francs, ce n'est pas
la peine de penser les prix en euros", juge Jean-Michel Paillard,
Monsieur euro chez Auchan. Mais selon lui, il n'y a pas de raison pour
que les règles de marketing prix finissant par 99 par exemple
se trouvent bouleversées par le passage à l'euro.
A l'inverse, Monoprix a déjà commencé à déterminer
ses prix en francs de façon à retrouver des prix cohérents
en euros. Ikea pratique un mélange. Sur son nouveau catalogue,
les prix sont d'abord indiqués en euros mais les prix "incitatifs"
sont parfois en francs, parfois en euros. Il s'agit d'habituer progressivement
les clients à regarder les deux unités.
"Le marketing n'aime pas les chiffres ronds et il
n'y a pas de raison que cela change".
La logique est différente chez les constructeurs
automobiles. "L'achat d'une voiture n'est pas un
achat compulsif", explique Jean-Claude Vessilier, chef de projet
euro à la direction commerciale de Renault. Le prix est un argument
important mais pas le seul. La marque au losange est passée à
l'euro majeur début septembre en France et a décidé
de ne pas se contenter d'une simple conversion. "Acheter une automobile
avec des centimes d'euros, ça fait bizarre", estime Jean-claude
Vessilier. Le prix des modèles a été arrondi à
50 euros prêts à la hausse ou à la baisse. Certains
prix ont donc augmenté mais "au sein d'une gamme, l'augmentation
est nulle". La nouvelle Clio a été lancée à
10 300 euros (67 563,57 francs) prix conseillé.
Autre solution pour avoir des prix "lisibles"
en euros : changer l'offre. Certaines options sont passées en série
pour obtenir un prix ronds en euros. La Twingo elle, est à 8 900
euros (58 380,17 francs). Cette pratique pourrait s'étendre à
d'autres secteurs. Les marques de lessive ont déjà commencé
à modifier le poids de leurs produits afin de déterminer
des prix "psychologiquement attractifs" en euros. Rapidement
les "0,99" devraient pointer leur nez : "le marketing n'aime
pas les chiffres ronds et il n'y a pas de raison que cela change",
conclut Nicolas Fauconnier, spécialiste de la consommation au Credoc
(Centre de recherche pour étude et l'observation des conditions
de vie).
Article initialement publié le 15 septembre 2001
Par Sophie LUTRAND . Lire l'article sur
le site de TF1
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