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Bruxelles et la BCE font pression sur la France |
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21 mai 14:51:45 par Yves Clarisse BRUXELLES (Reuters) - La Commission européenne et la Banque centrale de la zone euro accroissent leur pression sur le nouveau gouvernement français pour qu'il respecte l'engagement d'éliminer le déficit budgétaire d'ici à 2004. Romano Prodi, le président de l'exécutif européen, et Wim Duisenberg, qui dirige la BCE, ont mis tout leur poids dans le débat sur l'opportunité de reporter cette échéance à 2007 pour tenir les promesses électorales de Jacques Chirac de baisser l'impôt sur le revenu de 30 milliards d'euros sur cinq ans. "Il n'est pas possible de donner des délais parce que les règles sont les règles et j'ai le devoir de faire respecter les règles", a déclaré le premier sur les ondes d'Europe 1. Pour Wim Duisenberg, cette question est cruciale. "Il est vital que tous les Etats membres maintiennent une perspective à moyen terme en conformité avec le cadre du pacte de stabilité et de croissance", a-t-il souligné devant la commission économique et monétaire du Parlement européen. Le président de la BCE a demandé aux quatre pays de la zone euro qui ne sont pas encore parvenus à l'équilibre - France, Allemagne, Italie et Portugal - d'agir sans tarder. "Permettez-moi d'insister fortement sur le fait que tous les Etats membres concernés doivent honorer l'engagement de parvenir à un budget en équilibre en 2003-2004", a-t-il dit. Les deux hommes ont ainsi rejoint les ministres des Finances de la zone euro, l'Allemand Hans Eichel en tête, qui s'inquiètent des conséquences d'un éventuel relâchement de la discipline budgétaire en France, deuxième économie de la zone. EFFET CATASTROPHIQUES Pour Wim Duisenberg, l'effet serait catastrophique pour la crédibilité de la monnaie unique sur les marchés financiers, mais aussi pour les perspectives de croissance et d'emploi au moment où la reprise économique apparaît encore fragile. En cas de report de l'assainissement à 2007, Jacques Chirac renierait en effet un engagement pris pas plus tard qu'en mars dernier au sommet européen de Barcelone, où les Quinze ont dit qu'ils "resteront fidèles ou se conformeront à l'objectif à moyen terme consistant à parvenir, d'ici 2004 au plus tard, à une situation budgétaire proche de l'équilibre ou excédentaire". Si la France demande effectivement le report, cela pourrait ouvrir une crise qui ne sera pas sans rappeler celle du printemps 1997, lorsque le gouvernement socialiste de Lionel Jospin avait exigé une renégociation du pacte de stabilité. Mais tant Romano Prodi que Wim Duisenberg ont constaté que le gouvernement français n'avait pris aucune décision et s'était engagé à respecter le pacte de stabilité de l'euro, où figure l'objectif plus vague d'élimination du déficit à "moyen terme". C'est cet objectif non chiffré qu'a affiché le président français vendredi dernier au sommet UE-Amérique latine. "La France est notamment attachée à la réduction des déficits publics et à l'objectif du retour à l'équilibre des finances à moyen terme", a-t-il dit en maintenant toutefois sa volonté de réduire les impôts et les charges en France. Les responsables de la zone euro ont choisi de faire pression sur la France tant qu'il en est encore temps. Romano Prodi a rappelé que, "jusqu'à présent, la France a toujours déclaré qu'elle respecterait cet engagement (de 2004) et il n'y a aucun signal d'exception du côté de la France". PAS QUESTION DE MODIFIER LES ECHEANCES Wim Duisenberg a dit qu'il n'était "pas en mesure de commenter (les déclarations des membres du gouvernement français). Jusqu'à présent j'ai entendu seulement des mots et peu d'action", a-t-il expliqué devant les députés européens. Il a souligné qu'aucun ministre des Finances de l'UE, "y compris dans les réunions les plus récentes", n'avait suggéré de modifier les accords conclus au plus haut niveau. Aucun ministre français n'a toutefois participé à la toute dernière réunion de l'Ecofin, qui s'est tenue au lendemain du second tour de l'élection présidentielle. Un responsable de la Commission a souligné que l'audit des finances publiques commandé par le gouvernement français, et dont le résultat ne sera connu qu'après le second tour des élections législatives, le 16 juin, permettrait au nouveau gouvernement de laisser passer l'échéance électorale. Le sous-entendu est clair: après les élections, le gouvernement pourrait tirer parti d'une situation qui risque de se révéler plus grave que prévu pour différer les baisses d'impôts et respecter son engagement européen. Dans ses prévisions économiques de printemps adoptées le 24 avril, la Commission prévoit que le déficit français s'élèvera à 1,9% du PIB en 2002 et à 1,8% en 2003 grâce à une estimation de croissance optimiste de 2,8% pour l'an prochain. Mais pour la BCE, il n'est pas question de modifier la politique monétaire pour corriger le comportement d'un pays, seule la zone euro dans son ensemble étant prise en compte. "Si un ou même deux pays ne devaient pas respecter leurs obligations, nous nous joindrions à la pression des pairs, mais les décisions de politique monétaire ne seront jamais basées sur les développements dans un seul pays", a dit Wim Duisenberg./YC
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