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L'euro rentre lentement dans les têtes |
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L'EURO est dans les poches. Pas encore dans les têtes. Depuis le début de l'année, cinq milliards de pièces et un milliard de billets en euros ont été mis en circulation sur le territoire. Bulletins de paie et feuilles de Sécurité sociale, relevés bancaires et factures de magasins... La monnaie européenne s'affiche partout. Pourtant, nos compatriotes ne se sont pas encore approprié leur nouvelle monnaie. Un Français sur trois estimait ainsi, le mois dernier, qu'il lui faudrait « quelques années » avant de penser directement en euros, selon un sondage « JDD »/Ipsos, et plus de trois sur quatre avouent continuer à raisonner en francs selon un sondage Ifop paru hier dans « Dimanche Ouest-France ». « Penser en euros reste difficile », confirme Marie-Louise Huck, la spécialiste du sujet à l'Union fédérale des consommateurs (UFC-Que choisir). « Les petits prix, celui du pain ou de l'essence, ne présentent plus de difficulté. Mais quand on commence à parler de sommes plus importantes, pour un appartement ou une voiture, c'est moins facile. » « Des perturbations sans impact général » Signe de leur perte de repères, huit Français sur dix se prononçaient en juin pour un maintien du double affichage des prix au moins jusqu'à la fin de l'année. Ils n'étaient qu'un sur deux dans ce cas en février. Le gouvernement vient, d'ailleurs, de se prononcer pour une prolongation du dispositif jusqu'à la fin de l'année (voir notre interview ci-dessous) . Malgré tout, près de 60 % des Français se déclaraient, le mois dernier, « contents d'avoir l'euro comme nouvelle monnaie ». De fait, les motifs de satisfaction ne manquent pas. Le passage à l'euro s'est déroulé sans problème majeur. Remplacer simultanément les devises de douze pays et de 305 millions d'habitants par une seule et unique monnaie représentait pourtant un défi historique. Et une opération logistique sans précédent. L'Europe et ses institutions ont fait, à l'occasion, la preuve de leur crédibilité. Parallèlement, au-delà de quelques difficultés ponctuelles, les Français ont réussi à se servir de l'euro. « Les gens se sont très bien débrouillés et il y a eu une entraide très forte », relève Marie-Louise Huck. Au sein même des entreprises, « il n'y a eu que des perturbations très localisées, sans impact général », indique-t-on au Medef, en citant « quelques petits problèmes dans des systèmes de paie ». Enfin, la hausse continue de l'euro, ces derniers mois, ne peut que contenter nos compatriotes. Longtemps délaissée par les investisseurs au bénéfice du billet vert, la monnaie européenne n'a-t-elle pas retrouvé la faveur des marchés, au point de concurrencer la devise américaine ? Tout un symbole. L'euro semble donc parti du bon pied. A condition que la confiance ne s'émousse pas. La hausse de notre monnaie face au dollar est une première menace : elle pourrait, si elle se poursuivait, porter préjudice à la croissance. Mais plus que celle de la monnaie, c'est la hausse des prix qui devra être surveillée. Certes, le lien avec l'euro n'est établi, pour l'heure, que de manière marginale. Mais s'il devait se préciser, cela ne manquerait pas d'assombrir le bilan. Et l'humeur des Français. |