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Pénurie de procès verbaux à Marseille
à cause du passage à l'euro

 

 

MARSEILLE (AP) -- Les services de police de Marseille souffrent actuellement d'une pénurie de procès verbaux libellés en euros, à cause d'une accumulation de retards de l'Imprimerie nationale, a affirmé samedi une source policière ayant requis l'anonymat.

Les timbres-amendes en francs n'ayant plus cours légal depuis le 17 février, ''on note une baisse de l'activité contraventionnelle de 60''', a précisé cette même source. De fait, tous les types d'infraction bénéficient donc d'une tolérance accrue.

''Cela m'étonnerait qu'ils soient en rupture de stock'', s'étonne Alain Dumas. ''C'est vrai que dans ces conditions, on est tenté de se garer dans des endroits interdits, mais ça ne change rien à mes habitudes, j'essaierai de ne pas me garer en triple file et de respecter le stationnement dans la limite du possible'', ajoute-t-il.

''Je n'ai pas remarqué que les policiers mettent moins de PV. De toute façon, moi je conduis bien, c'est juste le stationnement qui m'embête. De ce point de vue là, je trouve que c'est du racket permanent'', affirme Sylvie Violan.

Seul Etienne Ballan, un cycliste marseillais, ne se réjouit pas ostensiblement de la situation. ''C'est très malheureux, parce que les voitures se garent partout, même où les piétons ou cyclistes doivent passer. Donc, je serai plutôt pour que l'imprimerie fasse son travail le plus rapidement possible'', confie Etienne Ballan.

Les syndicats de la police ont été alertés. Dominique Joffre, secrétaire régionale Languedoc-Roussillon PACA et Corse du syndicat Alliance, confirme que ''la rupture de stock est bien réelle''. ''Pour Marseille, on a dû rapatrier au seul service de la Compagnie de circulation tous les carnets de timbres-amendes qui étaient en possession d'autres services de police'', précise-t-elle.

L'inquiétude grandit chez les policiers car aucune information ne leur a été communiquée sur une éventuelle sortie de crise du PV. ''Si la situation devait perdurer, on arriverait dans une cacophonie générale'', ajoute Dominique Joffre.

En attendant, en cas d'infraction, les policiers peuvent noter les coordonnées des différents contrevenants au code de la route sur leurs ''carnets de déclaration'' et transmettre au tribunal de police. Mais un tel alourdissement des procédures habituelles risque bien d'encombrer davantage
une justice déjà débordée.