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PARIS (Reuters) - L'effondrement d'une partie de la voûte
d'une passerelle du terminal le plus récent de l'aéroport
parisien de Roissy-Charles de Gaulle a fait dimanche cinq morts et quatre
blessés, dont un dans un état jugé désespéré,
selon un bilan provisoire des pompiers diffusés en début
d'après-midi.
Selon les pompiers, il n'y aurait pas d'autre personne sous l'amas de
plusieurs tonnes de béton, de verre et d'acier accumulés
sur une trentaine de mètres de long à l'extrémité
de la jetée du terminal 2E, c'est-à-dire la partie la plus
proche des pistes qui permet l'embarquement et le débarquement
des passagers.
"Le bilan (provisoire) est de cinq décédés,
une sixième victime qui malheureusement risque d'être aussi
classée dans les décédés et trois victimes
plus légèrement blessées", a dit à la
presse le porte-parole des pompiers de Paris, le capitaine Laurent Vibert.
"Vraiment rien n'indique qu'il s'agirait d'un attentat", a déclaré
à la presse le ministre des Transports Gilles de Robien, sur place
avec son homologue de l'Intérieur Dominique de Villepin.
Le directeur général d'Aéroports de Paris (ADP),
Hubert du Mesnil, interrogé sur LCI, a indiqué que la cause
du drame était indéterminée mais que la structure
de la voûte avait cédé.
Il a précisé que les victimes étaient apparemment
toutes des passagers.
"Ce qui est sûr, c'est que c'est la structure elle-même
qui a lâché. Il n'y a que ce constat que l'on peut faire",
a dit Hubert du Mesnil.
Le président d'Aéroports de Paris (ADP), Pierre Graff, a
indiqué lors d'un point de presse que "des témoins
ont entendu des craquements avant l'accident et ont vu de la poussière
de béton voleter du plafond".
Ces personnes "ont prévenu la police qui avait commencé
à évacuer la zone" avant l'effondrement, a-t-il ajouté.
Le terminal était ouvert partiellement depuis juin 2003 et la CGT
avait à l'époque dénoncé une mise en service
prématurée.
L'ouverture avait été reportée d'une semaine en juin
2003, la commission de sécurité n'ayant pas accordé
les certificats nécessaires en raison de la chute d'un gros luminaire
dans l'aérogare, de nuit avant sa visite de contrôle.
La direction d'ADP fait valoir que la construction de la structure du
terminal 2E était achevée des mois avant juin 2003.
Interrogé sur ce point, Gilles de Robien a souligné qu'"on
ne peut absolument pas conclure avant d'avoir la parole des experts".
Le président socialiste de la région Ile-de-France, Jean-Paul
Huchon, a évoqué la possibilité d'un "défaut
de construction".
L'accident a entraîné des perturbations dans les vols de
la compagnie Air France, principal utilisateur du terminal 2E, mais aucune
annulation. "Tous les vols sont redistribués sur les autres
terminaux de l'aéroport", a préisé un porte-parole
de la compagnie, qui assurait en moyenne une soixantaine de vols au départ
et à l'arrivée de ce terminal.
Le terminal 2E était aussi utilisé par les compagnies membres
de l'alliance aérienne Sky Team (AeroMexico, Alitalia, CSA, Delta,
Korean Airlines).
Jacques Chirac, comme le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, a exprimé
"sa très profonde compassion aux familles des victimes et
aux blessés" et a demandé "que les enquêtes
nécessaires soient immédiatement engagées pour que
les causes de cet accident soient déterminées le plus rapidement
possible".
"UNE SALLE DE PRESTIGE"
Le préfet de Seine-Saint-Denis, Michel Sappin, a précisé
que l'accident était survenu à 6h57 "à un moment
où le trafic était relativement modéré"
dans cette partie de l'aérogare. Une Ivoirienne et une Chinoise
figurent parmi les blessés, a-t-il indiqué.
Au moment de l'accident, "il n'y avait que deux arrivées,
un vol d'Air France en provenance de Newark et un vol (Air France) en
provenance de Johannesburg, et un embarquement pour un vol Air France
sur Prague", a dit le préfet. "Il y avait (aussi) des
passagers qui étaient soit en attente, soit en correspondance et
qui pouvaient se trouver dans cette partie de l'aérogare."
Le plan rouge a été déclenché dès l'accident,
permettant l'envoi d'équipes de déblaiement et de secours
avec des chiens de recherche et des capteurs sonores, quelque 250 personnes
au total.
"C'est comme pour un séisme", a dit le porte-parole des
pompiers de Paris, le capitaine Laurent Vibert.
"Les constatations faites, notamment par les chiens de la brigade
des sapeurs-pompiers de Paris, laissent penser qu'il n'y a pas ou peu
de victimes potentielles qui seraient encore sous les décombres",
a indiqué le préfet. "Nous sommes face à un
accident dont le bilan en terme humain devrait être d'une dizaine
de victimes, entre les morts et les blessés."
Un hôpital de campagne a été installé sur place.
"Cette jetée d'embarquement était une vitrine, une
salle de prestige", a déploré le président d'Aéroports
de Paris (ADP) Pierre Graff.
La conception du bâtiment et sa réalisation sont l'oeuvre
des architectes et ingénieurs d'ADP et ont représenté
pour la société un investissement de 750 millions d'euros.
Le chantier a été l'un des plus importants en France ces
dernières années, avec l'intervention de plus de 400 entreprises.
Pour Air France, les aménagements réalisés dans ce
nouveau terminal représentent un investissement de 50 millions
d'euros.
Le terminal 2E, selon ADP, est composé principalement d'un "corps
central de 450 mètres de long" relié à "une
jetée de 650 mètres" permettant à terme le stationnement
de 17 avions, dont deux Airbus A380, et pouvant accueillir jusqu'à
10 millions de passagers par an.
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