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MÊMES CAUSES, MÊMES EFFETS !!

 

 

1789 !

 

On vient de faire savoir au bon peuple d'Europe que, "pour protéger le secret des délibérations", les discussions des décisionnaires de la Banque Centrale Européenne ne seraient rendues publiques que seize ans après.

Seize ans ? Non seulement ces gens qui vont régenter notre vie et donner des ordres à nos responsables politiques ne sont pas élus mais en plus leurs délibérations sont secrètes ? Ceci est-il compatible avec la Démocratie ?

D'ailleurs, pourquoi seize ans et non dix, quinze, vingt ou trente ans ? Les banquiers centraux ont entre cinquante et soixante ans à leur prise de fonctions. Cinquante plus seize soixante-six : ils sont à la retraite et leur irresponsabilité totale est garantie. Il faudrait qu'un jeunot de quarante-trois ans soit nommé pour que des comptes lui soient demandés sur l'une des décisions à laquelle il aura participé......seize ans avant! Ceci est-il compatible avec la Démocratie ?

Nomination dans le cénacle en dehors de toute légitimité représentative, toute-puissance absolue (les guerres, aujourd'hui, sont économiques), irresponsabilité totale, impunité totale. Irresponsables et non-coupables (Je rappellerais pour mémoire que le commissaire européen à l'agriculture, responsable direct de la prolifération de la maladie de la vache folle, n'a pas pu être mis en cause lors de l'éclatement du scandale : il était à la retraite!). Ceci est-il compatible avec la Démocratie ?

Je suis de ceux qui pensent que la monarchie française a péri pour s'être coupée de ses racines populaires et avoir cessé d'être, à sa manière, "démocratique". Mis à part le gâchis des féodaux et barons transformés en courtisans, en "gentilhommes porte-coton", une décision précise aura certainement pesé très lourd : en 1720, Louis XV accorde aux corporations, contre quelque argent pour un Trésor toujours vide, le monopole du titre de maître aux fils de maîtres.
Les corporations, organismes de contrôle professionnel sous la monarchie, étaient fondées sur le mérite et la progression "apprenti, compagnon, maître". On s'élevait dans cette hiérarchie selon ses mérites et, pour devenir maître, on devait réaliser un "chef d'oeuvre" reconnu comme tel.

Après Louis XV, le roi le plus calamiteux que notre pays ait subi depuis Jean II dit "le Bon", le meilleur des "compagnons" ne peut plus devenir maître et donc exercer son métier librement : il doit être sous le contrôle d'un fils de maître, moins bon professionnel mais bien né, lui, qui recevra l'argent et le prestige quand le compagnon aura la portion congrue des revenus et aucune reconnaissance professionnelle.

La monarchie dégénérée est celle qui ne comprend plus que la naissance donne des devoirs et non des droits.

La République dégénérée suit le même chemin lorsqu'elle légifère pour que le contrôle populaire devienne impossible.

 

Michel Prieur
prieur@cgb.fr