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LA DÉVALUATION IMPOSSIBLE

 

 

 

 

L'EURO CONDUIT À LA BAISSE DES SALAIRES RÉELS

Economiquement, un pays fonctionne comme une entreprise : des marchandises sont importées (nous ne savons pas faire ou bien elles sont produites moins cher ailleurs que nous ne pouvons les produire) - et des marchandises sont exportées (nous les produisons moins cher qu’ailleurs à qualité égale)

Bien entendu, comme dans une entreprise, si nous importons plus que nous n’exportons, nous nous appauvrissons et devons nous endetter pour couvrir la différence. Ce que l’on appelle “vivre au dessus de ses moyens” existe autant pour un individu que pour une entreprise ou un pays.

L’individu se retrouve avec des saisies sur salaires, l’entreprise au tribunal de commerce pour faillite, mais le pays? Un pays ne peut pas faire faillite mais il doit payer ses dettes (S’il ne le fait pas, il y a une guerre, des saisies sur ses biens à l’étranger, sur ses exportations.... même les Russes ont fini par payer les dettes du tsar).

Pour équilibrer de mauvais comptes, un pays doit vendre plus à l’étranger ou y acheter moins.

L’euro est, de ce point de vue, une catastrophe.

Un pays qui vit au dessus de ses moyens peut soit "serrer la vis" à la population (impôts, taxes, CSG, RDS, TVA...) soit dévaluer sa monnaie face à celles de ses principaux partenaires économiques. Les salaires ne bougent pas dans le pays mais les prix de tous les produits importés montent : ils sont payés en monnaies étrangères plus chères après la dévaluation. Comme ils sont plus chers, on en achète moins et les comptes finissent par s’équilibrer.

Avec l’euro, plus question de dévaluer la monnaie : c’est la même pour tous.

Pour équilibrer les comptes, il faudra donc produire moins cher pour vendre plus.

Comment produire moins cher ? Une seule solution efficace : baisser les salaires réels.

Vos journaux vous disent : on peut “améliorer la productivité”. Cela veut dire investir dans de nouvelles machines ou travailler plus pour gagner moins.

Il est vrai que l’on peut effectivement investir dans des procédés de fabrication nouveaux (il faudra emprunter pour payer l’investissement), rationaliser l’administratif ( licencier la “mauvaise graisse”), améliorer les techniques commerciales (il faudra emprunter pour payer les nouveaux réseaux commerciaux).

Soyons sérieux : baisser les salaires réels est simple, efficace et immédiat. Tout le reste est coûteux, lent, et incertain.

En cas de problème, l’euro nous empêchera d’équilibrer nos comptes internationaux en dévaluant notre monnaie et nous obligera à baisser les salaires.

Nous prévoyons de graves mouvements sociaux à court terme. Si vos économies ne sont pas encore en dollars, réagissez maintenant, vous n’aurez perdu que 30% depuis l’introduction de l’euro en 1999.

 

 

 

Michel Prieur
prieur@cgb.fr