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Non-lieu général dans l'affaire du sang contaminé

PARIS (Reuters) - La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a décidé d'un non-lieu général dans le volet non ministériel de l'affaire du sang contaminé, provoquant stupeur et colère chez les familles des victimes.

La chambre de l'instruction "dit n'avoir lieu à poursuite contre quiconque", a-t-on appris auprès des avocats, qui ont précisé que les motivations de l'arrêt n'avaient pas été rendues publiques dans l'immédiat.

Des familles de victimes, qui s'étaient portées parties civiles, ont laissé exploser leur colère à l'annonce de cette décision.

"On est écoeurés, on a une justice que nous vomissons", a déclaré un couple, dont la fille, transfusée, est morte du sida. Un peu plus loin, une femme a dit sa "honte de la justice française".

"Il n'y a pas de justice en France, il y a de la justice pour les voleurs de bicyclette, pour les petits voyous mais tout ce qui est cabinet ministériel, c'est de l'amnistie", a souligné une autre.

L'arrêt de la chambre de l'instruction pourrait mettre un terme définitif aux poursuites ouvertes en 1991 et qui concernent des faits remontant à 1985.

Le parquet général, qui demandait un renvoi des trente prévenus en correctionnelle, a cependant la possibilité de déposer un pourvoi en cassation contre le non-lieu général.

Olivier Duplessis, président de l'Association française des transfusés, s'est dit "indigné" par cette décision.

"Je constate qu'après quinze ans d'enterrement, on essaie un tour de passe-passe et ce tour de passe-passe est dramatique. Demain, les grands scandales sanitaires et alimentaires ne seront pas réprimés et cela va être dramatique pour les Français que la justice n'ose pas faire son travail quand des gens puissants sont en cause", a-t-il dit.

Avocat de familles de victimes, Me François Honnorat partageait la même analyse. "Si les motifs (de ce non-lieu) sont juridiques, cette décision a pour conséquence la mise à la poubelle de tous les dossiers de santé publique", a-t-il réagi.

"Tchernobyl, hormones de croissance, vache folle: on les met au pilon", a-t-il ajouté.

"Nous demandons au garde des Sceaux (Dominique Perben) et au parquet général qu'ils forment un pourvoi en cassation", a-t-il poursuivi. "Sinon, c'est la liberté de contamination en France."