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Prison avec sursis pour d'anciens cadres de la SNCF |
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22 juillet 16:20:22
Les peines vont de huit à trente-six mois d'emprisonnement avec sursis, selon le niveau de responsabilité, et les amendes de 5.000 à 200.000 euros, a-t-on précisé. Ce jugement est moins sévère que les réquisitions du parquet qui avait demandé le 17 juin trois peines de prison ferme, contre deux patrons et un cadre d'entreprises privées du BTP. Le substitut du procureur Bernard Thouzellier avait en effet requis trois ans de prison dont six mois fermes et 175.000 euros d'amende contre Jean-Claude Laurent et Jacques Mimran, deux ans dont quatre mois fermes et 60.000 euros d'amende contre le cadre, Thierry Bimet. Contre douze anciens cadres de la SNCF, il avait demandé des peines de prison avec sursis assorties d'amende. Suivant les niveaux de responsabilités exercées par les douze personnes sur le chantier, il avait demandé une peine de deux ans de prison avec sursis, sept peines de 18 mois de prison avec sursis, une de 14 mois avec sursis et trois d'un an avec sursis. Les amendes requises s'échelonnaient de 10.000 à 60.000 euros. Des peines de prison avec sursis avaient par ailleurs été requises contre des protagonistes subalternes de l'affaire. Durant l'audience, la plupart des ex-cadres de la SNCF, licenciés depuis, ont reconnu avoir reçu des sommes d'argent allant jusqu'à quatre millions de francs et des avantages divers de Bernard Wilhelm, un homme qui dirigeait deux bureaux d'études et est décédé en mars 1999. VOITURES DE LUXE ET THALASSOTHERAPIE Ce dernier aurait acheté leur silence sur des surfacturations qu'il organisait sur les chantiers du TGV-Nord au profit d'entreprises de BTP, qui lui reversaient ensuite une partie des gains ainsi réalisés. Les employés de la SNCF ont expliqué que Bernard Wilhelm leur versait des sommes d'argent en liquide ou des bons anonymes, leur proposait de choisir des cadeaux dans des magasins d'électro-ménager, qu'il avait accordé un emploi fictif à l'épouse de l'un d'entre eux, payé un voyage pour un couple aux Seychelles ou encore payé les frais d'un séjour en thalassothérapie. Bernard Wilhelm achetait aussi à ces employés de la SNCF des voitures de luxe, prenait en charge leurs repas aux restaurants sur de très longues périodes ou bien leurs loyers. Pour leur défense, les prévenus ont expliqué qu'il s'agissait de pratiques assez courantes sur les chantiers importants. Les opérations de corruption jugées à Créteil auraient provoqué un surcoût de l'ordre d'une centaine de millions d'euros au moins sur le chantier du TGV-Nord, qui a duré de 1986 à 1993 et a coûté au total une vingtaine de milliards de francs (3,04 milliards d'euros). Bernard Wilhelm, le seul protagoniste du dossier à avoir purgé une période de détention provisoire pendant l'enquête, était le responsable des bureaux d'études SEC et S3B qui ont réalisé les "métrages", les mesures fondamentales du chantier. C'est lui qui avait dénoncé le système présumé de corruption au juge d'instruction Eric Halphen. |