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John Snow entretient le doute sur la politique du dollar fort |
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PARIS (AFP) - Plusieurs déclarations du secrétaire américain au Trésor John Snow, le week-end dernier et ce début de semaine, ont suscité des interrogations sur la position de Washington vis-à-vis du dollar, et accentué l'impression d'une inflexion de la politique du dollar fort. La Maison Blanche et le Trésor américain réaffirment officiellement la politique du dollar fort, mais avec un assortissent de commentaires qui en atténue la portée. "Lorsque le dollar est à un niveau plus faible, cela aide les exportations, et je crois par conséquent que les exportations se renforcent", a déclaré John Snow dimanche sur la chaîne ABC. John Snow a fait ces déclarations à quelques jours d'une réunion des ministres des Finances du G7/G8 (Etats-Unis, Japon, France, Allemagne, Canada, Italie, Royaume Uni, Russie) vendredi et samedi prochain, dans la station balnéaire française de Deauville (nord-ouest). Dans un entretien publié mardi par des agences de presse, le secrétaire au Trésor a précisé encore sa pensée, en émettant des doutes sur l'efficacité d'une intervention sur le marché des changes pour stopper la glissade du billet vert. "En règle générale, nous préférons voir les interventions limitées au minimum", a-t-il dit. Européens et Japonais s'inquiètent de la baisse continue du dollar, ces dernières semaines, avec le risque d'une érosion de la compétitivité de leurs exportations. En période de croissance très molle, les exportations vers le marché américain sont vitales pour les chances de reprise dans les grandes économies européennes, surtout l'Allemagne, et au Japon. Pour John Snow, pourtant, l'argument ne tient pas. "Leurs économies ont eu des taux de croissance relativement bas à différents niveaux du dollar, et l'économie japonaise a eu un très faible taux de croissance sur une longue période, durant laquelle la valeur du dollar a fluctué". Le dollar s'est fortement déprécié ces derniers mois, et il est tombé à son plus bas niveau face à l'euro depuis quatre ans, à environ 1,15 dollar pour un euro. Dans son édition de mardi, le Wall Street Journal Europe analyse l'ambivalence de la politique américaine vis-à-vis du dollar. Selon le quotidien américain, la glissade du billet vert fournit une stimulation bienvenue pour les exportations américaines et réduit le risque de déflation au moment où l'économie des Etats-Unis montre des signes de faiblesse. Parallèlement, la rhétorique sur le dollar fort permet d'éviter une chute libre de la monnaie et de conserver une certaine sérénité sur le marché, estime le quotidien américain. Car la position officielle favorable au dollar fort ne cesse d'être réaffirmée. "Nous croyons en un dollar fort", avait déclaré dimanche John Snow. "Il n'y a pas de changement dans la politique vis-à-vis du dollar. La position du gouvernement est de continuer à soutenir un dollar fort", a renchéri lundi Ari Fleischer, le porte-parole de la Maison Blanche. Les responsables politiques européens et japonais, pour la plupart, sont tout aussi circonspects face aux déclarations des responsables américains et à la dépréciation du dollar. Le ministre japonais des Finances Masajuro Shiokawa a estimé que ces propos ne concernaient que la parité entre l'euro et le dollar. Les ministres des Finances de la zone euro, réunis lundi soir à Bruxelles, se sont réfugiés derrière des formules très classiques et maintes fois utilisées. "Un euro fort et stable est dans l'intérêt de l'économie de la zone euro et de l'économie mondiale", a indiqué leur président, le Grec Nicos Christodoulakis. Le Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin a été beaucoup plus clair et n'a pas caché son inquiétude vendredi: "Je pense que c'est préoccupant en effet (...) nous sommes à des niveaux aujourd'hui où notre commerce extérieur serait pénalisé s'il devait y avoir durablement cet écart entre l'euro et le dollar" |