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BERLIN, 7 fév (AFP) - L'aile gauche du Parti
social-démocrate (SPD) du chancelier Gerhard Schroeder réclame
un changement de politique économique et financière du gouvernement
allemand dans une lettre ouverte, a indiqué vendredi l'un des co-auteurs,
le président des jeunes sociaux-démocrates, Nils Annen.
Intitulée "Il est temps pour un nouveau départ",
la lettre de trois pages, signée par cinq membres du bureau national
du SPD, se réclamant de l'aile gauche, doit paraître intégralement
dans le quotidien Frankfurter Rundschau de samedi.
Cette lettre, qui doit être comprise comme le "lancement d'une
discussion" au sein du SPD, demande au gouvernement allemand de privilégier
la lutte contre le chômage, sans se cramponner au respect des critères
de Maastricht en matière budgétaire, a indiqué Nils
Annen.
"De toute façon, nous ne parviendrons pas à avoir des
déficits publics cette année en-dessous du seuil des 3%
du Produit intérieur brut (PIB)" (ndlr: limite fixée
par le Traité de Maastricht pour les pays de la zone euro), a-t-il
estimé. En 2002, ils avaient atteint 3,7% du PIB, mais en 2003,
le
gouvernement prévoit de les ramener en-dessous du seuil fatidique.
En janvier, le nombre de chômeurs en Allemagne a dépassé
les 4,6 millions, soit le plus haut niveau depuis l'arrivée au
pouvoir du chancelier Schroeder.
Les cinq signataires de la lettre proposent de stimuler la conjoncture
en baissant certains impôts, notamment celui sur le revenu, a précisé
M. Annen.
Par leur missive, ils réagissent aux résultats désastreux
enregistrés par le SPD le 2 février dernier aux élections
régionales de Basse-Saxe (nord) et Hesse (centre).
Dans le premier des deux, dirigé pendant huit ans (1990-98) par
Gerhard Schroeder lui-même, le SPD a enregistré le pire score
de son histoire (33,4%).
En Hesse, le principal adversaire du SPD, l'Union chrétienne-démocrate
(CDU) a renforcé sa suprématie et atteint la majorité
absolue en sièges.
Pour l'instant, les réactions à cette lettre sont "négatives"
du côté du ministère allemand des Finances, mais positives,
notamment dans les deux régions où le SPD a enregistré
ces cruelles défaites, a précisé Nils Annen.
Selon une autre des cinq co-auteurs, Andrea Nahles, le texte a la sympathie
d'environ un tiers du Bureau national du SPD, écrit la Frankfurter
Rundschau.
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