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IL LEUR FAUDRA UTILISER LA FORCE

 

 

 

« DÉCRIER LA MONNAIE NATIONALE SERA PUNI….. »

Coluche disait, entre autres, : “La supériorité du capitalisme sur le communisme, c’est qu’il n’a pas été nécessaire de l’inventer......”

Il exprimait à sa manière lapidaire accoutumée une idée parfaitement profonde : les peuples adoptent au fil du temps - et c’est le fondement même de l’idée de démocratie - les solutions économiques ou politiques qui leurs semblent les meilleures – même si les chemins empruntés semblent souvent erratiques.

Pour tout ce qui fait partie du lien social imposant l’adhésion du plus grand nombre (il est difficile de faire, par exemple, le communisme seul : il faut bien que quelqu'un travaille), il se produit un “vote informel” étalé dans le temps. Les gens favorables à un système nouveau finissant par représenter une majorité, ce système rentre dans les mœurs.

L’histoire donne d’ailleurs raison à Coluche : il n’a jamais été nécessaire de construire un mur de Berlin ou le Goulag pour imposer la version capitaliste de l’économie : elle s’est imposée, sinon dans un enthousiasme général, au moins par le choix du moins pire. De la même manière, les neuf pays d’Europe qui vivent actuellement en monarchies n’ont pas eu besoin de couper des têtes et de saccager non seulement leur pays mais le continent pendant vingt ans pour trouver un système viable de représentation populaire. Elle s’est imposée d’elle-même, sans Terreur.

Il est probable que les concepteurs de l’euro ont conscience de son impopularité potentielle car nul n’a proposé cette solution pourtant viable et démocratique : laisser l’euro s‘imposer de lui-même. Est-il bien sérieux de ne pas tenir compte du nombre ridiculement faible de chèques faits en euros ? C’est aussi une forme de vote qui peut se traduire soit par un attachement au Franc, soit par un désintérêt total pour une monnaie unique.

Dans les deux cas, un signal fort et massif de la population contre l’euro.

Il n’a pas été nécessaire de promulguer l’usage du compte en banque par une loi, il n’a pas été nécessaire d’imposer l’usage du chèque par un décret, la comptabilité en partie double - fondement d’une économie publique ou privée viable, s’est imposée d’elle-même : les lois sont venues après pour codifier, uniformiser et généraliser : pas au début pour contraindre !

Le mode de pensée léniniste du « groupe d’élite qui guide le peuple vers des lendemains radieux » semble avoir tellement gangrené les structures de pensée de la Haute Fonction publique que celle-ci ne se rend plus compte qu’il y a là déni de Démocratie.

Il est alors à craindre que le mépris que manifestent les élites pour la population en ne tenant pas compte de l’avertissement que représente le non-usage des chéquiers en euro ne conduise à une contrainte légale. Les lois sont déjà prêtes, votées aux heures les plus sombres de notre histoire pour faire taire les voix discordantes. Seront-elles utilisées ? Quel aveu de faiblesse !

 

Michel Prieur
prieur@cgb.fr