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Belfort : une jeune Turque torturée pour avoir parlé à des jeunes gens et refusé de porter le
voile

 

BELFORT (AP) - Trois personnes, deux hommes et une femme, ont été écrouées jeudi à la prison de Belfort après avoir été mises en examen pour actes de barbarie en réunion sur une jeune femme de 20 ans, originaire d'Ankara, apprend-on de source judiciaire.

Une quatrième personne est également poursuivie et, n'ayant apparemment que maintenu la jeune femme, elle a été laissée en liberté provisoire.

Le 3 avril dernier dans le quartier populaire des Résidences à Belfort, des voisins ont entendu des cris de douleur provenant d'un appartement. Ils appelaient immédiatement les policiers du commissariat de Belfort.

Ceux-ci découvraient dans l'appartement une jeune femme dont les cheveux avaient été tondus, ou arrachés ou brûlés. Elle portait également de nombreuses traces de coups. La jeune femme a été immédiatement hospitalisée, très traumatisée.

Elle a expliqué qu'elle s'était mariée en Turquie à l'âge de 16 ans avec un homme qu'elle ne connaissait pas et qui l'a ramenée à Belfort en 2000. Aussitôt, ce mari lui imposait de porter le voile, de ne pas sortir dans la rue sans lui et de s'occupait exclusivement de son intérieur.

Comme la victime tentait d'échapper à ces règles, elle subit des violences constantes de son mari. Ce dernier n'hésite pas, selon elle, à lui donner des coups de pied dans le ventre pendant sa grossesse.

Le 3 avril, l'une de ses belles-soeurs la voit en train de parler avec des jeunes gens de son quartier. La parente la dénonce immédiatement à son mari. Ce dernier, âgé aujourd'hui de 26 ans, ainsi que ses frères de 23 et 24 ans et leur mère âgée de 54 ans décident de lui donner une leçon. Pour ce faire, ils la frappent, tout en désirant lui laisser des cicatrices qui l'obligent à porter le voile définitivement.

La jeune victime âgée de 20 ans aujourd'hui fait l'objet de mesures de protection spéciales par le parquet de Belfort. Son petit garçon de 20 mois a été confié à l'aide sociale à l'enfance. Sa mère pourra le reprendre lorsqu'elle ira mieux.

Le mari de la victime, l'un de ses frères et la mère ont été écroués. AP