RETOUR

 

DOSSIERS UNION FRANÇAISE DES CONSOMMATEURS

 

Double frais : les banques se sucrent sur l’euro

Malgré l’existence de la monnaie unique et la disparition, donc, du risque de change, les banques européennes facturent lourdement les virements intracommunautaires. Pour virer 100 euros (655,96F) d’une banque à une autre, il en coûte en moyenne 17 euros (111,51F) au consommateur. Et ces frais peuvent varier considérablement selon les pays et les banques (en France, de 5,52 à 31,95E, soit de 36,21 à 209,58F !). Et, bien que le coût doive être à la charge de l’émetteur depuis août 1999, le principe de la double redevance persiste dans un quart des cas : l’émetteur du virement et son bénéficiaire sont tous les deux taxés. Les banques se sucrent également avec les autres opérations transfrontalières comme le change manuel, les paiements par cartes bancaires ou les retraits effectués dans des distributeurs autres que celui de la banque qui a émis la carte. La Commission de Bruxelles menace d’engager des procédures d’infraction contre les États membres s’ils ne prennent pas les mesures nécessaires pour remédier à cette situation. Le dossier sur le site de l'UFC

 

Europe et euro : désillusion de l'unité !

 

L'euro "physique" sera dans les porte-monnaie des consommateurs dès le 1er janvier 2002. Il sera donc possible d'acheter à son gré un produit dans l'un des pays membres sans être obligé de changer de monnaie. Il suffira d'emporter assez de billets et de pièces pour régler des dépenses courantes, mais uniquement pour des séjours de courte durée. En effet, le consommateur européen devra faire le plein de billets de 500 € (3 279,79 F) afin de régler les hébergements et la restauration pour des séjours de moyenne et longue durée. Retirer des liquidités dans les distributeurs automatiques, acquérir des biens de consommation "durables" (télévision, matériel audio/vidéo/image, automobile…), en payant par chèque ou par carte bancaire généreront le paiement de frais élevés de transaction transfrontalière.
L'argument utilisé à la création de l'euro par les responsables du ministère de l'Economie, tendant à faire croire que cette nouvelle monnaie permettrait de consommer partout et quel que soit le moyen de paiement, serait fallacieux ? La monnaie unique est donc sans astreinte, uniquement à condition d'user de liquidités, les pièces et billets étant valables dans chaque Etat membre. En prévision d'un gros achat, le consommateur devra donc dévaliser le distributeur français de billets le plus proche de la frontière et de se remplir les poches de billets de 500 € (3 279,79 F). Pour les petites coupures, l'achat d'une grosse valise s'imposera.
Pourtant, si une majorité des consommateurs européens attendent de leur nouvelle unité monétaire, qu'elle contribue à abolir les frontières financières entre les pays de la zone euro, ce n'est pas le cas des banques ! Elles ont d'autres desseins beaucoup plus lucratifs comme celui de ne pas abolir les frais excessifs pour les opérations transfrontières après le 1er janvier 2002, et cela malgré l'opposition de la Commission européenne.
Consciente de ce statu quo, cette dernière a récemment proposé un règlement afin d’interdire aux banques toute forme de discrimination entre les paiements nationaux en euros et les paiements transfrontaliers. Ce texte tend à harmoniser ces frais, qui ne devraient pas être plus élevés que ceux demandés pour le même type d’opération à l’intérieur d’un pays.
Un certain nombre de ministres, notamment français, allemand, finlandais et néerlandais, ont pourtant critiqué cette proposition, arguant qu'elle n’accordait pas assez de temps aux banques pour s’adapter. L'Europe et l'euro sont deux concepts fédérateurs qui ont été élaborés par et pour les citoyens européens. A quoi pourrait servir une monnaie unique sans zone de paiement unique. Il revient donc aux 12 gouvernements des Etats membres concernés de s'élever face aux banques afin d'imposer cette unité. L'article d'origine sur le site de l'UFC

 

Bientôt, probablement de nouveaux dossiers sur le site UFC