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PARIS (AP) - Des responsables français et allemands
réfléchissent au projet d'une union entre les deux pays
qui permettrait une "mise en commun" de la politique étrangère,
de la défense, de la politique économique et sociale et
de l'enseignement, croit savoir "Le Monde" dans son édition
datée de jeudi.
Selon le quotidien, ce projet et les déclarations qui l'alimentent
visent en premier lieu à peser sur la négociation en cours
sur la future Constitution européenne. En cas d'échec de
l'Europe à 25, Paris et Berlin poursuivraient plus avant leur rapprochement,
constituant une sorte de "noyau dur", comme cela a déjà
été préconisé par le passé mais qui
avait été critiqué par ceux qui estimaient que l'on
irait ainsi vers une Europe à plusieurs vitesses.
"Le Monde" précise que le ministre français des
Affaires étrangères, Dominique de Villepin, a évoqué
explicitement l'hypothèse d'une "union franco-allemande"
lors d'une intervention devant un club de réflexion, l'association
"En Temps réel", le 4 novembre dernier.
Pour Dominique de Villepin, ce processus de rapprochement est "le
seul pari historique que nous ne pouvons pas perdre", rapporte le
journal.
Ces propos intervenaient peu après le sommet des régions
françaises et des Laender allemands, présidé fin
octobre par le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et le chancelier
Gerhard Schröder, et après le Conseil européen de Bruxelles,
où M. Schröder, retenu à Berlin, a demandé au
président Chirac de le représenter.
Interrogés mercredi par l'agence Associated Press (AP), l'Elysée
et le Quai d'Orsay n'ont toutefois pas confirmé ce projet d'union,
aux contours manifestement encore flous, préférant évoquer
la très bonne entente et l'excellente coopération entre
Paris et Berlin.
L'ancien député chrétien-démocrate allemand
Karl Lamers est à l'origine en 1994 d'un projet de noyau dur européen
comprenant l'Allemagne, la France et le Bénélux. Il estime
dans un entretien au "Monde" que Français et Allemands
"doivent parvenir à une sorte d'unité pour servir de
modèle à cette Union européenne que Jean Monnet concevait
comme une contribution à un monde meilleur".
"On pourrait commencer par l'intégration de hauts fonctionnaires
ou même de très hauts responsables dans les ministères
les plus importants de l'autre pays, y compris à l'Elysée
ou à la chancellerie", préconise M. Lamers. A ses yeux,
"la coopération franco-allemande a sa propre raison d'être
et, en même temps, doit être un instrument dans le but de
l'Europe". AP
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